Mot-croisé : LIBRE

mardi 24 mai 2011, par Richard TIMSITEsteban ROSALESSamuel BANCALAmnesty International - Groupe Hautes Ecoles lausannoises

Un mot : libre – quelques regards : informatique, illustrateur, chrétien et droits humains.


Libre

Voilà un mot qui a pris une importance inattendue en informatique. Quand Richard Stallman a proposé une première ébauche de définition du logiciel libre en février 1986 avec la FSF, il n’avait certainement pas perçu l’ampleur du débat qu’elle allait engendrer : « Premièrement, la liberté de copier un programme et de le redistribuer a vos voisins, qu’ils puissent ainsi l’utiliser aussi bien que vous. Deuxièmement, la liberté de modifier un programme, que vous puissiez le contrôler plutôt qu’il vous contrôle ; pour cela, le code doit vous être accessible. »
Cette définition allait se consolider au cours du temps pour prendre la forme actuelle des 4 aspects du mot liberté et pour se décliner en de multiples licences de la GPL au Copyleft :

  1. la liberté d’exécuter le programme, pour tous les usages,
  2. la liberté d’étudier le fonctionnement du programme et de l’adapter à ses besoins,
  3. la liberté de redistribuer des copies du programme (ce qui implique la possibilité aussi bien de donner que de vendre des copies),
  4. la liberté d’améliorer le programme et de distribuer ces améliorations au public, pour en faire profiter toute la communauté.

Vous trouverez toutes ces définitions et leur fabuleuse histoire dans l’article consacré au logiciel libre dans Wikipédia que je ne saurais trop vous conseiller de lire, car il est remarquable, et pour cause... sans l’émergence de ces idées dès le début des années 1980, il n’y aurait certainement pas d’encyclopédie libre sur Internet !
Le développement du logiciel libre est spectaculaire, non seulement parce qu’il séduit sur le plan éthique toute une communauté de personnes éprises du partage des connaissances dans l’esprit des lumières, mais aussi pour d’autres raisons liées à l’évolution de notre civilisation. En effet, aujourd’hui il n’est plus un objet technique qui n’ait un logiciel embarqué construit avec du logiciel libre. Toute l’infrastructure des industries de la connaissance (Amazon, Google) repose sur du logiciel libre, c’est cette industrie lourde qui formera demain ce que l’on appelle déjà le nuage.
Ce passage du mot liberté dans l’univers du discours informatique l’a définitivement rajeuni, toutes les questions concernant la nature des techniques numériques ou digitales sont entièrement repensées à la lumière de sa redéfinition dans les sciences humaines et sociales. Quant à la forme de l’élaboration planétaire du logiciel libre, elle préfigure pour certains une véritable économie de la contribution qui serait une chance pour l’humanité.

RT

Libre

Être libre ? Chaque femme, chaque homme en a sa propre représentation. C’est pour celles et ceux qui savent ce que la perte de la liberté signifie que ce mot a le plus de signification.
Pour nous qui pouvons parler, écrire et agir librement, être libre c’est banal. Nous considérons cela comme un droit naturel. Aussi longtemps que nous sommes en sécurité, la liberté est comme l’air que l’on respire. Nous pouvons critiquer les médias, les gouvernements et les entreprises et ignorons ce qu’implique la peur de ne plus être libres.
La liberté a de nombreux visages. Perdre la liberté aussi.
Pour de nombreuses femmes, le voyage le plus dangereux est de se rendre aux toilettes le jour. La peur d’être violée les accompagne à chaque pas. Dans beaucoup d’endroits du monde, des millions de personnes n’ont pas le droit de s’exprimer librement. La peur de la censure, de l’emprisonnement voire de la mort les muselle et les empêche de défendre ouvertement leur opinion.
Des communautés entières ont perdu leur terre à cause de l’avidité de grandes entreprises et de l’indifférence de gouvernements. Les personnes sans ressources, muettes, affamées et apeurées ressentent la perte de la liberté de multiples façons.
Le fait d’être libre a de nombreuses facettes. Nos droits à la liberté sont fixés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme – il s’agit des droits fondamentaux. Ils formulent la vision d’un monde sans peur et sans menace. Restreindre ou nier ces droits relève d’une décision consciente.
L’engagement en faveur de ces droits est également une décision consciente. Il y a 50 ans, un avocat britannique prit cette décision en apprenant que deux étudiants portugais avaient été incarcérés pour avoir porté un toast à la liberté. L’avocat britannique, Peter Benenson, créa un réseau de résistance avec des personnes partageant les mêmes idées. Elles se sont battues pour que des gouvernements ne puissent plus simplement enfermer en toute impunité des citoyennes et citoyens pour avoir émis une critique. Leur but était très sérieux : ces hommes et ces femmes étaient des activistes qui s’engageaient ensemble contre l’injustice.
C’est ainsi qu’est née Amnesty International – l’expérience de perdre la liberté et la décision de s’engager pour elle constituèrent les fondements du mouvement – et le sont aujourd’hui encore. Et pourquoi ne pas fêter avec le groupe universitaire d’Amnesty International les 50 ans du mouvement en assistant au concert du 25 mai à Zélig (UNIL-Dorigny Anthropole)  ?

AI-HEL

Libre !?

Certainement l’aspiration humaine la plus profonde, et la plus légitime aussi. Aspiration qu’on retrouve en thème central d’un des livres de la Bible : l’Exode. On y découvre un Dieu qui se sent concerné par la situation de captivité d’un peuple. C’était pourtant à son patriarche qu’Il avait fait la promesse de vie en abondance, mais le voilà esclave, de génération en génération, tout entier au service de la première puissance de l’époque : l’Égypte. En se manifestant dans la vie d’un homme, Moïse, ce Dieu va accomplir ce qui était imprévisible à l’époque : rendre libre plus d’un million d’hommes, femmes et enfants en une nuit ! Ainsi ils ont pu retrouver ce pour quoi ils étaient venus au monde et entamer l’apprentissage de la liberté.
La liberté physique d’un peuple, il y a 3500 ans... est-ce tout ? Finalement, lorsque l’on est né ni à la bonne époque, ni au bon endroit pour le vivre, ça ne laisse une trace que très superficielle.
Incroyable hasard (ou pas), c’est lors de la fête de commémoration de cette nuit-là, la Pâque, qu’a été opéré un second acte de libération d’une toute autre ampleur. Cette fois-ci il n’y a plus aucune restriction, ni dans l’espace ni dans le temps. Jésus, ce même Dieu venu parmi les hommes, apporte la solution au mal ancré profondément dans l’homme : le péché. Péché ... incroyable comme ce mot sonne déplacé et d’une autre époque ! Pourtant je me demande : si c’était précisément ça qui fait mon état de captivité actuelle ? Je ne suis pas esclave au premier sens du terme, mais je dois bien admettre que je suis incapable de faire le bien que je souhaite, pour me retrouver trop souvent à faire le mal que je ne veux pas.
Esclave ... malheureusement oui, mais rendu capable de retrouver l’état pour lequel j’ai été créé : libre.

SB

Documents joints


Richard TIMSIT

Esteban ROSALES

Samuel BANCAL

Amnesty International - Groupe Hautes Ecoles lausannoises

FI No 5 du 24 mai 2011

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