FLASH INFORMATIQUE FI

AlterIT


Mutation(s) / Métamorphose(s) ?




René BERGER


Une perplexité féconde

Dans le Flash Informatique de février 1994, Jacqueline Dousson s’interroge : Mosaic, vers une nouvelle culture ?. « Imaginez, écrit-elle, vous êtes devant votre écran, vous cliquez et vous lisez le dernier bulletin du Pittsburg Supercomputing Center... reclic et vous voilà au MIT... C’est une réalité aujourd’hui... ». Question finale : « Et l’EPFL dans tout cela ? Car si l’EPFL est déjà en train de se mettre en forme pour les initiés, le but à atteindre est que, de n’importe quel point du globe, relié à Internet, l’on puisse connaître ce qu’est l’EPFL, ce qu’on y fait, qui contacter. »
Personne n’aurait pensé, sans doute même pas l’auteur de l’article, à preuve son expression pour les initiés et celle de nouvelle culture, que le Web allait faire basculer la planète entière.
Impossible d’expliquer rationnellement et linéairement (ce que l’on est toujours tenté de faire après coup) l’énormité de la mutation qui s’est produite en quelque 11 ans, encore moins le fait qu’elle se poursuit en une formidable métamorphose universelle. La mutation nous met en présence d’un changement accompli et repérable ; la métamorphose nous met dans le mouvement même du changement. C’est pour souligner le caractère si nouveau de ce phénomène que j’ai réuni les deux termes dans le titre pour suggérer une quasi-symbiose en formation.

Top innovations

D’abord un coup d’œil aux 25 Top Innovations recensées par CNN le 1er mars 2005 :
« ... The Internet, ranked No. 1, changed the world.
Today, with a couple of clicks, you can go anywhere in the world without leaving your computer...
The creator of the Web as we know it is British software consultant Tim Berners-Lee. Frustrated by the multitude of information systems requiring complicated access, Berners-Lee fashioned a universal one that made information readily available.
... Top Innovations :

1 The Internet 14 ATM
2 Cell phone 15 Advanced batteries
3 Personal computers 16 Hybrid car
4 Fiber optics 17 OLEDs
5 E-mail 18 Display panels
6 Commercialized GPS 19 HDTV
7 Portable computers 20 Space shuttle
8 Memory storage discs 21 Nanotechnology
9 Consumer level digital camera 22 Flash memory
10 Radio frequency ID tags 23 Voice mail
11 MEMS 24 Modern hearing aids
12 DNA fingerprinting 25 Short Range, High Frequency Radio
13 Air bags

... »

À n’en pas douter, directement ou indirectement, ce sont les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) qui sont à l’origine et au cœur de cette révolution. A preuve : Google, qui date de 6 ans à peine, dénombre pour Internet, 1’480’000’000 de références en 0.07 seconde. Première dans l’histoire !
Et voici mieux : Google dénombre pour Web, 3’000’000’000 de références en 0.06 seconde.
Les deux consultations, qui datent du 8 juin 2005, évoluent en permanence...

Devant l’énormité de ces chiffres et la complexité des opérations pour les établir au moyen d’algorithmes et d’automates hyperperformants, on est pris de vertige. S’agit-il de mutation(s), de métamorphose(s) ? Le temps de poser les deux questions à Google :

  • Mutation : 7’900’000
  • Métamorphose : 810’000
    Et Google, qui compte à ce jour plus de 8 milliards de références dans sa base de données, de déclencher un nouveau vertige que confirment (aggravent ?) ces quelques recherches supplémentaires :
  • peer to peer : 78’500’000
  • chat : 295’000’000
  • video games : 295’000’0000
  • blog, qui compte quelques années à peine : 269’000’000
    Résultats obtenus entre 6 et 12 dixièmes de seconde...
    Prouesses techniques ou technologiques ?

Vers une techno-nature

Techniques et technologies : ces deux concepts méritent une brève mise au point. Dans une première approche soucieuse de distinction terminologique, la technique désigne l’ensemble des procédés qu’on utilise pour obtenir un résultat déterminé. En revanche la technologie, comme le laisse entendre le suffixe dérivé de logos, se propose quant à elle d’étudier les procédés techniques dans ce qu’ils ont de général et dans leurs rapports avec le développement de la civilisation.
Il est néanmoins significatif que de nos jours technologie soit souvent employé, par métonymie défectueuse au dire des puristes, comme équivalent de technique. À telle enseigne que l’expression nouvelles technologies tend le plus souvent à l’emporter sur nouvelles techniques. La métonymie n’est pas simple incorrection ; elle marque un glissement sémantique révélateur de notre orientation. Elle nous achemine en l’occurrence vers le sentiment que toute technique, même si elle désigne un ensemble de procédés, ne se réduit pas à l’efficacité du faire ; elle implique en effet une manière de connaissance qui débouche sur une forme d’intentionnalité, sur une nouvelle forme de conscience collective : « L’homme fabrique des outils concrets et des symboles, observait déjà avec force Leroi-Gourhan dans Le geste et la parole, les uns et les autres recourant dans le cerveau au même équipement fondamental... Le langage... et l’outil... ne sont que l’expression de la même propriété de l’homme.. ». Il s’ensuit que toute technique, en sus des procédés qui la définissent, doit être située dans le cadre symbolique qui lui donne son sens. Inversement, toute théorie, philosophique ou symbolique, est indissociable, même si la chose n’apparaît ni clairement, ni tout de suite, d’une ou de plusieurs techniques qui la mettent en œuvre ou en signes, et donc la signifient à leur tour.
Dès lors, qu’en est-il d’un monde tel que le nôtre, dans lequel plus rien n’existe qui ne soit médié ou médiatisé, dans lequel plus rien n’existe qui ne passe par des techniques, plus rien qui ne passe par Internet ou le Web, plus rien qui ne soit interconnecté ?
Un nouveau pouvoir est à l’œuvre, que j’appelle techno-urgie, susceptible de donner naissance à des configurations encore mal identifiées et pourtant déjà communément pratiquées. Le terme de technologie (étymologiquement, discours sur la technique), s’il tient effectivement compte des conditions de la langue, comme il était légitime de le faire pendant longtemps, ne tient pas compte du pouvoir d’action sui generis des techniques, devenu prépondérant aujourd’hui. Ce que fait précisément le suffixe -urgie (du grec ergon, anciennement wergon ; cf. all. Werk, angl. Work, faire, agir sur).
Compatibles avec les sociétés stables, tout au moins régies par une dominante stable, les systèmes de représentation, qui ont si longtemps obéi au modèle de la réalité-logos, se muent en processus de transreprésentation, de même que la réalité, ou les images qu’on s’en faisait, compatibles, répétons-le, avec les sociétés stables, tout au moins régies par une dominante stable, se muent en processus de transréalité, de réalité(s) en train de se faire.
La techno-urgie automobile a transformé la campagne, les villes, les routes, les signaux, tous nos comportements. C’est d’une restructuration planétaire qu’il s’agit. Comme celle que nous propose (nous impose ?) la techno-urgie de la télévision. Innombrables les chaînes qui toutes façonnent les spectateurs dans les mêmes procédures. La techno-urgie informatique a multiplié à l’infini les ordinateurs qui induisent nos comportements collectifs et individuels selon les possibilités et les contraintes des logiciels où règne encore Microsoft, menacé par les open sources...
Qu’on songe à la toute récente techno-urgie du téléphone mobile qui met entre les mains des moins de 5 ans jusqu’au-delà des 90 ans des instruments dits de communication, mais qui sont bien davantage des opérateurs d’identité et de jeu.
Le propre de la techno-urgie est d’agir instantanément partout. Peut-être n’a-t-on pas encore suffisamment remarqué que les notions d’espace et de temps sont elles-mêmes en métamorphose. Voici que naissent l’espace-temps inter-générationnel, l’espace-temps entrepreneurial, l’espace-temps travail, l’espace-temps loisirs...
Jusqu’à Chloé Delaume, première citoyenne de SimCity, qui déclare : « ... J’ai fabriqué un double qui pourrait-on le croire est un reflet fidèle de mon corps d’ici-bas, de mon corps coincé ici, de l’autre côté, du mauvais côté de l’écran. Il n’en est rien pourtant. A SimCity nulle machinerie étroite, rouillée, spasmes et haut-le-cœur. Où qu’on aille d’habitude on doit emmener son corps, se déplacer avec, l’utiliser et le subir. On ne choisit pas son interface, l’organique reste souverain, grasse enveloppe imposée aux allergies faciles. On oublie qu’être dans un lieu c’est toujours être dans son corps, avant tout et quoi qu’il arrive. Se rendre à SimCity, c’est en finir enfin le temps de quelques heures avec la chair abrupte... » . La techno-nature inaugure-t-elle l’ère les cyborgs ? 548’000 sites sur Google en 0.05 seconde. Où va-t-on, selon Danny Hillis, vers la machina sapiens, qui devrait rivaliser quelque temps avec l’homo sapiens pour ensuite le dépasser ? Et Hillis de déclarer avec ferveur : « Je veux faire une machine qui sera fière de moi. ».

Vers une techno-culture

Pendant des siècles, le paradigme occidental s’est fondé sur la structure ternaire symbolique-imaginaire-technique en mettant l’accent sur le symbolique, longtemps élaboré par les puissants (politiques et théologiens) au moyen des croyances et des valeurs qui ont configuré les religions, les institutions, les arts, ainsi que nos comportements quotidiens.

Ce sont ces conditions que notre époque bouleverse jusque dans leur fondement. Nous découvrons que les techniques, comme les idées, les sentiments exprimés au moyen de mots, comme les représentations figurées ou mentales, sont en train d’instaurer une nouvelle réalité caractérisée, outre par le pouvoir techno-urgique, par le passage du stable au fluide.
De plus en plus s’impose en effet le passage à des structures dynamiques pour non plus seulement parler du mouvement, mais agir à l’intérieur et de l’intérieur du mouvement. Si contextualiser est une opération majeure, il convient de voir qu’elle est en train de changer de forme. Dans sa version classique, contextualiser revient d’abord à mettre en rapport des textes pour situer celui dont on s’occupe. L’accent porte dans ce cas d’une part sur les textes, de l’autre sur l’opération de leur mise en rapport. Celle-ci a l’air d’aller de soi puisque les rapprochements se font au moyen des structures classiques de la parole ou de l’écrit. Mais elle ne dit rien, du moins jusqu’à présent, du changement radical résultant de l’intervention des nouvelles technologies. Ce qui change en effet radicalement, c’est que la contextualisation porte sur des multimédias (textes, images, mouvements, sons, animations) et surtout sur le facteur entièrement nouveau du temps réel (real time). Qu’on songe à la rupture de nos comportements épistolaires à partir de l’email ! Contextualiser signifie donc à la fois multimédiatiser et contemporaliser.
La contemporalisation/actualisation est devenue un facteur essentiel de notre monde moderne. Les trajectoires des événements se déroulent simultanément, comme nous en assurent entre autres CNN, GoogleNews, Foxnews, par tous les moyens propres à animer voire à dramatiser. Ainsi des multiples vidéos proposées par CNN dont la formule a été reprise par toutes les agences d’information. Nos structures mentales dépassées, la confusion devient vite notre lot. Mais qu’on se dispose à adopter une autre manière de voir, les obstacles peuvent se dissoudre pour nous livrer des émergences qui, prenant figure d’indices, nous ouvrent à la métamorphose générale en cours.
À ce point, il me semble opportun, sans abuser de l’analogie, de recourir à la notion d’attracteur. Comme l’a établi Ilya Prigogine, tout système tend à l’équilibre, ou à s’en éloigner, voire à le quitter. Qu’une perturbation traverse notre système solaire, l’ébranlement qu’elle produit se dissipe au bout d’un certain temps, et tout se remet en place parce que le système solaire est à l’équilibre. Les perturbations qui l’affectent au cours de son fonctionnement se corrigent cybernétiquement par rétroactions négatives, dont le propre est de maintenir le système en état d’homéostasie. Ainsi de tous les systèmes à l’équilibre.
En revanche, la moindre fluctuation qui affecte un système hors de l’équilibre peut prendre des amplifications considérables, qui vont jusqu’à faire éclater le système pour en engendrer un autre.
N’en va-t-il pas de même - c’est le postulat que j’avance - de l’espace de communication créé par Internet qui, au-delà du cyberespace tel qu’il a été défini à ses débuts, se nourrit en permanence des trajectoires de transition que constituent les informations, les fluctuations et les itérations ininterrompues ? Il en résulte ces attracteurs étranges que les fractales de Mandelbrot déploient à toutes les échelles, jusqu’à l’infiniment grand et l’infiniment petit.
Corollaire de mon hypothèse, ne peut-on imaginer qu’à ce type d’attracteur physique correspondent des attracteurs mentaux qui, s’inscrivant et se développant en quelque sorte dans notre cerveau par interactions répétées, peuvent engendrer et développer d’autres formes de pensée. Et quand les facteurs se multiplient et que le système s’éloigne de l’équilibre, le comportement turbulent devient la règle, entraînant des changements radicaux, et d’abord le phénomène insolite de l’auto-organisation. C’est le cas de très nombreux systèmes naturels, c’est le cas de tous les objets-instruments-systèmes nouveaux qui s’interconnectent, s’échangent, apprennent, se syndiquent, c’est encore le cas des systèmes mentaux aux prises avec les nouvelles technologies. Par exemple du changement de nos comportements sur l’autoroute : tant que la circulation est fluide, les véhicules se déplacent, compte tenu du code de la route, au gré des conducteurs ; quand la circulation augmente, notablement aux heures de pointe, le trafic devient un système auto-organisateur qui régit nos comportements en multipliant arrêts et bouchons. N’est-ce pas le cas de bon nombre de nos comportements sociaux, à l’école, au travail, dans les associations, jusque dans notre alimentation et nos façons de nous habiller, de nous coiffer, de manipuler notre portable ? Dès lors se pose la question : qu’advient-il de phénomènes aussi considérables que l’avènement et le développement d’Internet, de structures telles que peer-to-peer, email, wiki qui inventent en quelque sorte l’avenir au cours d’innombrables fluctuations, les émergences se bousculant sans répit ?

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Colonnes de neurones
(source : EPFL-institut Brain&Mind)
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La Forêt, 1927-28, Max Ernst
© Peggy Guggenheim Collection, www.guggenheim.org

Ce n’est pas tout. Les fluctuations et les amplifications qui se produisent dans les systèmes hors de l’équilibre non seulement entraînent l’émergence de formes inconnues, mais transforment notre expérience du temps. Autant les systèmes stables, auxquels nous avons été habitués, en restent à un état sinon stationnaire du moins stable, tel le système solaire mis en forme selon les lois réversibles de Newton, autant les systèmes mis en chaos par la turbulence se lient à un écoulement irréversible du temps. Selon le temps réversible, il est indifférent que les événements se déroulent dans un sens ou dans l’autre, les lois qui les régissent restant les mêmes. En revanche les phénomènes qui obéissent au rhéomorphisme, et qui évoluent dans un écoulement de forces et de formes changeantes, se révèlent à la fois complexes et irréversibles. La pensée en attracteur, expression par provision, supplée les manques de la pensée linéaire. Ce n’est pas qu’elles soient antagonistes, mais les conditions nouvelles de notre époque, en particulier le rôle du pouvoir techno-urgique, nous incitent à choisir et à pratiquer, au niveau planétaire engendré par les réseaux, en particulier par Internet, un mode de penser dynamique qui privilégie, avec une complexité renouvelée, le temps irréversible et les turbulences accoucheuses d’auto-organisation.
A preuve l’évolution accélérée en turbulences des navigateurs, celle non moins accélérée et turbulente des moteurs de recherche, dont Google est probablement le plus véloce, celle encore de certains sites articulatoires qui organisent l’information de façon toujours plus complexe : Wikipédia, Answers.com, Scirus, etc.
Ce n’est pas un hasard si les recherches sur le cerveau se multiplient. Ce n’est pas un hasard non plus si nous avons pris l’initiative à l’EPFL de créer l’Observatoire-pilote.
De nos jours, la cohérence dynamique de notre société se manifeste prioritairement à l’échelle planétaire par nos pratiques courantes qui relèvent quasiment toutes d’une Technologie devenue globale et universelle. A côté de la notion classique de paradigme se dessine donc ce que j’appelle le pragmadigme, pour désigner l’ensemble des pratiques et des comportements que caractérise notre semi-symbiose avec l’ensemble des objets, outils, instruments, modes de penser qui relèvent de la Technologie instauratrice.

Vers une cyber-interface ?

C’est peu dire qu’une nouvelle vision est en train de naître, si l’on n’ajoute aussitôt que, pour la première fois, c’est d’une vision universelle qu’il s’agit. Circonstanciellement se trouve à l’origine un homme, Tim Berners-Lee (cf. 25 Top innovations de CNN, ci-dessus) qui, dans Weaving the Web (Orion Business Books, 1999, p. 40) fait cette déclaration révolutionnaire : « The fundamental principle behind the Web was that once that someone somewhere made available a document, database, graphic, sound, video or screen at some stage in an interactive dialogue, it should be accessible (subject to authorization of course) by anyone, with any type of computer, in any country. And it should be possible to make a reference - a link - to that thing, so that others could find it. » Et l’auteur d’ajouter, ce que l’on ne soulignera jamais suffisamment, la portée philosophique de son entreprise : « This was a philosophical change from the approach of previous computer systems » (ibid.).
Le projet est si neuf qu’à l’époque déjà Tim Berners-Lee éprouve le besoin d’insister : « Getting people to put data on the Web was a question of getting them to change perspective, from thinking of the user’s access to it as interaction with, say, an online library, but as navigation through a set of virtual pages in some abstract space. ».
Il s’ensuit, conséquence difficile à comprendre, encore plus à accepter, en particulier par les autorités, que le Web, non pas se soustrait à tout contrôle, comme d’aucuns l’ont très vite soupçonné de faire et, partant, condamné, mais qu’il y échappe par sa nature et sa vocation même : « There was no central computing controlling the Web, no single network ... not even an organization anywhere that can ran the Web. The Web was not a physical thing that existed in a certain place. It was a space in which information could exist. » (ibid. p. 39).
Ainsi, le Web ne se confond pas avec une base de données, quelque gigantesque qu’elle puisse être. Même s’il peut se prêter à tous les usages classiques en les augmentant grâce à son pouvoir de calcul exponentiel, il ne se réduit jamais - il ne faut pas craindre de le répéter - tant les habitudes mentales sont tenaces, à n’être que le prolongement des structures établies. En un mot, il est toujours en voie de réinvention.
Le fondement de la mutation en cours doit donc être cherché dans le changement de la nature des liens qui sont la condition même de notre existence, de toute existence. Le principe moteur du lien, ce qui en constitue à la fois l’inspiration, la manifestation et la réalisation, revient à ce que l’on peut appeler le phénomène d’activation par lequel opèrent les interactions. Voici donc que la connexion vécue en temps réel instaure un imaginaire qui, au lieu de s’en remettre en priorité aux références, comme nous le faisions habituellement jusqu’ici, se forme au fur et à mesure que les liens s’expriment.
L’hypertexte, le temps réel, et tous les objets dont parle la présente édition du Flash Informatique, participent à l’avènement de nouveaux liens et, par-dessus tout, à l’émergence d’une nouvelle interface que j’appelle cyber-interface. N’est-ce pas la fulgurante émergence évoquée par Mallarmé ?

Va-t-il nous déchirer avec un coup d’aile ivre
Ce lac dur oublié que hante sous le givre
Le transparent glacier des vols qui n’ont pas fui !

A propos de l’auteur sur le Web :
Cyberbiographie de René Berger
Fondation J.-E. Berger, À la rencontre des Trésors d’Art du Monde



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