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LVM, comment se faciliter la gestion de l’espace disque




Xavier BARMAZ


Tout système de fichiers est habituellement dépendant de contraintes matérielles. Vous pouvez partitionner vos disques en partitions primaires et étendues - avec lecteurs logiques - mais ce, à condition de rester dans les limites imparties par la taille de ces disques. LVM permet de dépasser ce stade et de pousser plus loin encore la notion de volumes logiques. Un des objectifs est ainsi d’éviter arrêt et redémarrage d’une machine en production.

Le Logical Volume Manager est un sous-système pour la gestion du stockage des données sur les disques. LVM offre une gestion plus souple de l’espace des disques durs en interposant une couche supplémentaire entre le matériel et les systèmes de fichiers. En clair, il se glisse entre les périphériques et l’interface d’entrée/sortie du noyau. LVM permet de considérer plusieurs disques physiques comme un seul groupe de volumes constitués de volumes physiques (disques). Dans ce groupe de volumes, il est possible de créer un ou plusieurs volumes logiques. Ceux-ci sont considérés par le système comme des partitions classiques où il est possible de créer un système de fichiers ou une zone de swap. Comprenez bien que la barrière des unités de base (disque) disparaît. Il est ainsi possible de créer un seul volume logique à partir de plusieurs disques de manière plus élégante qu’avec RAID car les groupes et les volumes logiques peuvent être alloués à loisir.

Historique

L’idée de gestion de volumes logiques n’est pas nouvelle. LVM a été initialement développé par IBM, puis repris par l’Open Group (ex-OSF) pour le système OSF/1. Cette version d’OSF/1 a ensuite servi de base de travail pour la conception d’autres systèmes Unix : HP-UX et Digital Unix. LVM tel qu’on le trouve sous Linux est une implémentation similaire à celle d’HP-UX.

Le gestionnaire de volume logique est une fonction présente depuis la version 2.4 du noyau Linux, ou plus exactement 2.3.47.

Termes techniques

LVM s’accompagne aussi d’un certain nombre de termes techniques énoncés ci-dessous.

  • Chaque disque dur ou partition va être transformé en volume physique. Cette opération consiste à découper le disque en tranches, appelées Physical Extents (PE). Par défaut (et convention), 1 PE = 4 Mo.
  • Chaque volume physique va être inséré dans un groupe de volumes. Celui-ci peut contenir un ou plusieurs volumes physiques, donc disques ou partitions. Un groupe de volumes est un espace logique découpé en Logical Extents (LE) de même taille que les Physical Extents, soit 4 Mo par défaut.
    Le système va ensuite établir des pointeurs entre un Physical Extent et un Logical Extent comme indiqué sur le schéma ci-dessous.
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    fig. 1
    Système des pointeurs LVM
  • La dernière étape va consister à découper le groupe de volumes en partitions appelées volumes logiques dans lesquelles vous pourrez au choix, créer un système de fichier ou une partition de swap par exemple. Ces partitions pourront être redimensionnées et/ou déplacées.

Voici de manière schématique à quoi pourraient ressembler vos disques après ce traitement :

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fig. 2
Impact de LVM sur les disques durs

Dans ce cas de figure, les deux disques hda et hdb ont été transformés en volumes physiques. Ensuite, ils ont été insérés tous les deux dans un groupe de volumes appelé vg01. A partir de ce moment-là, il n’est plus nécessaire de tenir compte des limites physiques des disques, en effet, vous n’avez plus qu’un espace, et un seul, de 36 GB. Le groupe de volumes a ensuite été découpé en 3 volumes logiques, nommées lvol01, lvol02, lvol03. On remarquera que lvol02 est composé de logical extents pointant sur des physical extents appartenant à hda et hdb. La dernière étape consistera à créer un système de fichiers dans chacun de ces volumes logiques.

Remarques

  • la taille que l’on attribuera à un volume logique s’exprime en nombre de logical extents. Ceux-ci sont indivisibles. Si sa taille est de 4 Mo et que je souhaite un volume logique de 14 Mo, le système attribuera 4 logical extents au volume logique, soit 16 Mo pour arrondir au nombre de LE supérieur.
  • la taille d’un PE, et donc d’un LE, est personnalisable lors de la création d’un volume physique.
  • les noms des groupes de volumes et volumes logiques sont personnalisables à leur création.
  • la création d’un volume physique écrase toutes les données existantes sur la partition et/ou le disque.
  • l’utilisation du LVM pour partitionner un disque entraîne une perte d’espace liée à l’écriture des données nécessaires au système pour gérer le LVM (métadatas).
  • la PVRA : Physical Volume Reserved Area. Comme son nom l’indique, elle contient les informations LVM spécifiques au volume physique.
  • la VGRA : Volume Group Reserve Area. Elle contient les informations liées au groupe de volumes mais aussi aux volumes logiques contenus dans le groupe de volumes.
  • la BBRA : Bad Block Relocation Area. Cette zone contient des informations liées au mécanisme de ré-allocation des blocs défectueux.

Composantes

LVM est composé de trois parties. La première est un pilote de périphérique présent dans le noyau Linux qui permet de générer la couche assurant le mapping entre périphérique physique et vue logique. La seconde est un paquetage fournissant les commandes qui permettront de manipuler les volumes physiques, les groupes de volumes et les volumes logiques. La troisième est le périphérique physique à proprement parler, à savoir un disque vierge et/ou une partition primaire vierge même si cette dernière est moins utile.

Le noyau standard livré avec les distributions les plus populaires est en général compilé avec la fonctionnalité LVM.

Si vous compilez votre noyau vous-même, assurez-vous d’activer Multiple devices driver support (RAID and LVM) puis Logical volume manager (LVM) support dans le sous-menu Multi-device support (RAID and LVM) du programme de configuration du noyau, à savoir xconfig ou menuconfig.

Les utilitaires en ligne de commande pour gérer LVM sont disponibles pour Redhat dans le paquetage LVM. Toutes les commandes relatives à LVM commencent par pv, vg ou lv selon qu’elles manipulent respectivement les volumes physiques, les groupes de volumes ou les volumes logiques.

Il n’est pas possible de mélanger partitionnement classique et LVM au sein d’un groupe de volumes.

Il est possible d’utiliser le LVM pour tous vos systèmes de fichiers, exception faite de /boot, qui pose quelques problèmes. Par contre, il est tout à fait possible de l’inclure sur un ou plusieurs volumes logiques. D’ailleurs la plupart des distributions proposent aujourd’hui cette option dès l’installation. La seule contrainte est de prévoir le chargement du module LVM dès le démarrage. Pour ce faire, on créera une image initrd contenant le module LVM à l’aide de la commande LVMcreate_initrd. On modifiera également en conséquence le fichier /etc/lilo.conf.

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fig. 3

Configuration

Voici maintenant comment procéder pour mettre en place un système de partitionnement avec LVM.

Arborescence LVM

A chaque élément du LVM correspond un fichier spécial dans /dev. Le volume physique est représenté par le fichier spécial du disque dur ou de la partition correspondante. Le groupe de volumes dispose d’un répertoire portant son nom dans lequel on trouvera le fichier spécial group.

# ls -l /dev/datas/group
crw-r----- 1 root root 109, 1 jan 1 1970 group

Dans ce répertoire, on trouvera également un fichier spécial par volume logique créé à l’intérieur de ce groupe de volumes.

# tree /dev/users /dev/public
/dev/users
|--datas
|--group
`--private
/dev/public
|--ftp
|--group
`--Web

Outre les fichiers spéciaux, on trouve également le fichier /etc/LVMtab et /etc/LVMtab.d. Ils contiennent la base de données manipulée par les commandes LVM.

Création d’un volume physique

La première étape consiste à transformer notre disque en volume physique. L’opération s’effectue en 3 temps :

  • Préparation de l’espace à utiliser avec le LVM : cette étape s’effectue grâce à la commande fdisk. Vous allez devoir attribuer le type LVM à votre disque ou votre partition :
root@pingu# fdisk /dev/hdb
Commande (m pour aide) : p
Disk /dev/hdb: 13.5 GB, 13578485760 bytes
255 heads, 63 sectors/track, 1650 cylinders
Units = cylindres of 16065 * 512 = 8225280 bytes

Périphérique Amorce    Début       Fin    Blocs   Id  Système
/dev/hdb1            1       730   5863693+  8e  Linux {{LVM}}
/dev/hdb2          731      1339   4891792+  8e  Linux {{LVM}}
/dev/hdb3         1340      1650   2498107+  8e  Linux {{LVM}}
  • Ensuite, il est nécessaire de lancer la commande vgscan si vous utilisez LVM pour la première fois sur le disque dur ou la partition. La commande va créer notamment le fichier /etc/LVMtab et le répertoire /etc/LVMtab.d.
# vgscan
vgscan -- reading all physical volumes (this may take a while...)
vgscan -- «/etc/{{LVM}}tab» and «/etc/{{LVM}}tab.d» successfully created
vgscan -- WARNING: This program does not do a VGDA backup of your volume group
  • Finalement, il faut créer un volume physique à partir du disque hdb1 par exemple : la commande est pvcreate pour physical volume creation.
# pvcreate /dev/hdb1
pvcreate -- physical volume «/dev/hdb1» successfully created

Création d’un groupe de volumes

Une fois le volume physique créé, il faut alors insérer le ou les volumes physiques ainsi créés dans un groupe de volumes. On utilise la commande vgcreate. Voici donc comment créer un groupe de volumes nommé volume1 avec hdb1.

# vgcreate volume1 /dev/hdb1
vgcreate -- INFO: using default physical extent size 4 MB
vgcreate -- INFO: maximum logical volume size is 255.99 Gigabyte
vgcreate -- doing automatic backup of volume group «volume1»
vgcreate -- volume group «volume1» successfully created and activated

Création d’un volume logique

Une fois le groupe de volumes créé, vous pouvez alors le découper en un ou plusieurs volumes logiques grâce à la commande lvcreate. Ici, vous créez un volume logique de 600Mo nommé part1 dans le groupe de volumes volume1.

# lvcreate -L 600 -n part1 volume1
lvcreate -- doing automatic backup of «volume1»
lvcreate -- logical volume «/dev/volume1/part1» successfully created

Une particularité de la création d’un volume logique est le choix du mapping entre les LE et les PE. Par défaut, ce mapping est effectué de manière linéaire. Il est possible également de réaliser du striping ou répartition des données sur un ou plusieurs disques, ce qui permet d’améliorer le temps d’accès aux données. Ci-dessous, le schéma montre la différence de répartition des LE en fonction de ces 2 modes.

Des options de la commande lvcreate permettent de donner le nombre de stripes (et donc de volumes physiques utilisés) et leur taille.

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fig. 4
Volume logique en mode linéaire

  

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fig. 5
Volume logique en mode striping

Informations sur LVM

A tout moment il est possible de recueillir des informations sur les structures LVM : volume physique, groupe de volumes et volumes logiques. Vous utiliserez pour cela respectivement les commandes pvdisplay, vgdisplay et lvdisplay. Ces commandes ne font en fait qu’afficher dans un format lisible le contenu respectif de la PVRA, VGRA.

La description d’un volume physique procure notamment le nom du volume physique, le nom du groupe de volumes dans lequel est inséré le dit volume physique, sa taille, le nombre de volumes logiques contenus, la taille des Physical Extents, le nombre de PE contenus dans le volume physique, le nombre de PE libres.

# pvdisplay /dev/hdb1

La description d’un groupe de volumes permet de vérifier son nom, le type d’accès aux données (écriture, lecture), le nombre maximum de volumes logiques que l’on peut créer dans ce groupe de volumes, sa taille en PE et LE, ...

# vgdisplay volume1

Enfin la description d’un volume logique contient son nom, le type d’accès aux données, sa taille, ...

# lvdisplay /dev/volume1/part1

Commandes complémentaires

Jusqu’à maintenant, vous avez vu comment créer des structures LVM et obtenir de l’information. Vous allez voir maintenant d’autres opérations réalisables pour la gestion du partitionnement et qui mettent en évidence toute la souplesse apportée par LVM en la matière, comme par exemple agrandir ou réduire un groupe de volumes et redimensionner un volume logique.

Redimensionner un groupe de volumes

Un groupe de volumes est constitué d’un ou plusieurs volumes physiques. Il est possible à tout moment d’ajouter ou retirer un ou plusieurs volumes physiques afin d’augmenter ou diminuer l’espace disponible d’un groupe de volumes. Les commandes sont respectivement vgextend et vgreduce :

vgextend nom_volume /dev/hdxx
vgreduce nom_volume /dev/hdxx

Imaginez que vous devez augmenter l’espace du groupe de volumes volume1 de 6 Go. Pour cela vous disposez d’un disque que vous allez ajouter. Ci-dessous les étapes à réaliser :

  • création du volume physique à partir de hdb2
# pvcreate /dev/hdb2
pvcreate -- physical volume «/dev/hdb2» successfully created
  • ajout de hdb2 au groupe de volumes volume1
# vgextend volume1 /dev/hdb2
vgextend -- INFO:maximum logical volume size is 255.99 Gigabyte vgextend
--doing automatic backup of volume group «volume1» vgextend
--volume group «volume1» successfully extended

Vous pouvez vérifier la bonne réalisation de l’opération grâce à la commande vgdisplay.

Redimensionner un volume logique

De la même façon, il est possible de diminuer ou augmenter la taille d’un volume logique au moyen des commandes lvreduce et lvextend :

lvextend -L taille /dev/nom_volume/vol_logique lvreduce -L taille /dev/nom_volume/vol_logique


- L taille : indique la taille finale du volume logique après redimensionnement.

Les étapes à respecter pour redimensionner un volume logique sont :

  • démontage du système de fichier (commande umount).
  • réduction / augmentation de la taille du système de fichiers en utilisant pour cela un utilitaire fourni dans le package LVM.
  • réduction / augmentation de la taille du volume logique.
  • remontage du système de fichiers.

Si l’on veut augmenter l’espace du volume logique part1 en passant de 600 à 800 Mo, il ne vous restera plus qu’à procéder de la manière suivante :

# lvextend -L 800 /dev/volume1/part1
lvextend -- extending logical volume «/dev/volume1/part1» to 800 MB
lvextend -- doing automatic backup of volume group «volume1»
lvextend -- logical volume «/dev/volume1/part1» successfully extended

Là encore vous pouvez vérifier le bon déroulement de l’opération grâce aux commandes « lvdisplay » pour le volume logique et « df » pour le système de fichiers. Les remarques ci-dessus sont une description générale de l’opération. Ces étapes peuvent toutefois varier en fonction du système de fichiers utilisé. Certains procurent en effet la possibilité d’effectuer les opérations de redimensionnement « à chaud » c’est-à-dire sans démontage. Le tableau suivant compare les différents systèmes de fichiers les plus couramment rencontrés.

système de fichiersdiminutionaugmentationutilitaires
ext3démontage préalabledémontage préalablee2fsprogs (resize2fs)
ReiserFSdémontage préalableopération on-linereiserfsprogsv (resize_reiserfs)
XFSimpossibleopération on-linexfsprogs (xfs_growfs)

Manipulation des systèmes de fichiers

Déplacer un groupe de volumes

Vous pouvez, pour quelque raison que ce soit, envisager de déplacer un groupe de volumes d’une machine à une autre. Au préalable, une sauvegarde de données est toujours conseillée par sécurité.

L’opération va consister à désactiver le groupe de volumes à déplacer et enregistrer les métadatas le concernant. Puis on va réinjecter ces métadatas sur la machine destinataire et réactiver le groupe de volumes sur cette machine. Les données seront alors accessibles de la même façon que sur l’ancienne machine, sous réserve de conserver les mêmes points de montage.

Ci-dessous les étapes effectuées :

  • désactivation du groupe de volumes volume1 :
# vgchange n volume1
  • sauvegarde des métadatas du groupe de volumes :
# vgcfgbackup volume1
  • retrait du groupe de volumes de la configuration système :
# vgexport volume1
  • arrêt de la première machine, transfert des disques dans la deuxième et redémarrage des machines
  • restauration des métadatas concernant ce groupe de volumes sur la nouvelle machine :
# vgcfgrestore -f datas.conf /dev/hda3
# vgcfgrestore -f datas.conf /dev/hda4

si les volumes physiques sont hda3 et hda4

  • déclaration du groupe de volumes sur la machine :
# vgimport volume1 /dev/hda3 /dev/hda4
  • activation du groupe de volumes importé :
# vgchange y volume1

Il ne vous reste plus qu’à modifier en conséquence /etc/fstab pour le montage automatique des systèmes de fichiers contenus dans le groupe de volumes.

Autres Commandes

Ci-après, vous trouverez une liste de commandes utilisables et la description rapide de leur rôle. Référez-vous au man de la commande pour plus d’informations.

Commandes générales

  • LVMcreate_initrd : création d’une image initrd lorsque le système utilise le LVM.
  • LVMdiskscan : scanner l’ensemble des disques et partitions pour éditer une description de l’espace.
  • vgscan : création de /etc/LVMtab et /etc/LVMtab.d.

Gestion des volumes physiques

  • pvchange : changer les attributs d’un PV.
  • pvcreate : création d’un PV.
  • pvdata : afficher des informations de debug.
  • pvdisplay : afficher des informations d’un PV.
  • pvscan : lister tous les PV existant sur tous les disques.

Gestion des groupes de volumes

  • vgcfgbackup : sauvegarder la VGDA.
  • vgcfgrestore : restaurer la VGDA.
  • vgchange : changer les attributs d’un VG.
  • vgck : vérification de la VGDA.
  • vgcreate : créer un VG.
  • vgdisplay : voir les informations.
  • vgexport : désactiver un VG pour pouvoir extraire les PV.
  • vgimport : activer et déclarer un VG sur le système.
  • vgextend : ajouter un ou plusieurs PV dans un VG.
  • vgmerge : fusionner deux VG.
  • vgmknodes : recréer /dev/nom_volume et le fichier spécial group.
  • vgreduce : extraire un ou plusieurs PV d’un VG.
  • vgremove : supprimer un VG.
  • vgrename : renommer un VG.

Gestion des volumes logiques

  • lvcreate : création d’un VL
  • lvchange : modification des attributs d’un VL.
  • lvdisplay : voir les informations d’un VL.
  • lvextend : augmenter la taille d’un VL.
  • lvreduce : réduire la taille d’un VL.
  • lvremove : supprimer un VL.
  • lvrename : renommer un VL.
  • lvscan : recherche de tous les VL existants.

Snapshots

La difficulté fréquemment rencontrée pour la réalisation de sauvegardes est de disposer de données cohérentes. Cela implique parfois d’arrêter un ou plusieurs services comme dans le cas des bases de données. Le LVM apporte un élément de réponse avec la possibilité de créer des snapshots. Il s’agit d’image à un moment t des données situées sur un volume logique. Le volume de snapshot ne nécessite pas autant d’espace que le volume initial dans la mesure où il ne contiendra réellement que les métadatas concernant les données à sauvegarder.

Un snapshot est donc un volume logique particulier qui est caractérisé par un nom comme tout volume logique, une taille et un volume logique d’origine. La taille représente dans ce cas l’espace qui sera utilisé pour enregistrer les données modifiées sur le volume logique d’origine qui, lui, reste vivant.

Comme il s’agit de créer un volume logique, c’est la commande lvcreate qui est utilisée. Par exemple, pour créer un snapshot nommé sauvegarde à partir du volume logique part1, on utilisera la commande :

# lvcreate --snapshot --size 50m --name sauvegarde /dev/volume1/part1

Vous pouvez désormais attacher le volume logique représentant le snapshot à un répertoire :

# mkdir /sauvegarde_donnees
# mount -t ext2 -o ro /dev/volume1/sauvegarde /sauvegarde_donnees

L’option ro est fournie à la commande mount afin d’éviter un message d’avertissement car, par définition, un snapshot ne permet que la lecture seule. Si vous utilisez XFS il sera nécessaire d’utiliser également l’option nouuid.

Pour supprimer un snapshot, il faut commencer par le détacher du répertoire sur lequel il est monté puis utiliser la commande lvremove.

LVM à LVM2

Avec la sortie du noyau 2.6, LVM a été revu et corrigé et la version LVM2 est disponible de base avec ce noyau. Il est possible de l’utiliser avec un noyau 2.4.x moyennant recompilation de ce même noyau.

Le driver du LVM a été complètement réécrit, ce qui lui procure encore plus d’efficacité et de souplesse. La grande nouveauté réside dans l’utilisation de ce driver, utilisé pour gérer la couche d’abstraction nécessaire dans le cadre de la gestion de volumes logiques. Cette couche d’abstraction a pour fonction principale de réaliser le mapping résultant de l’agrégat par bandes (striping) des périphériques physiques utilisés.
LVM2 peut fonctionner sans ajout de fichier de configuration mais l’emploi de celui-ci permet d’optimiser ses performances. Un certain nombre d’éléments peuvent ainsi être paramétrés :

  • les devices à utiliser pour réaliser le LVM, ce qui permet d’éviter des scans de périphériques inutiles et qui nuisent à la performance à l’exemple du lecteur de CD-ROM.
  • possibilité de déterminer l’emplacement des fichiers spéciaux des groupes de volumes.
  • possibilité de disposer de logs configurables (taille, contenu, emplacement, ...).
  • paramétrage des backups de la configuration existante et de l’archivage des anciennes configurations du LVM (métadatas).
  • définition du type de LVM employé par défaut (1 ou 2), même s’il est possible dans la compilation de n’inclure que la gestion du LVM2, dans le cas où la gestion de la compatibilité descendante n’est pas nécessaire.
  • définition du nombre de copies de secours des métadatas sur un volume physique, un peu à l’image des copies des superblocs sur le système de fichiers de type ext2.

Il est possible d’utiliser conjointement LVM1 et 2 sur un même système, et/ou de convertir du LVM1 en LVM2 et inversement.

On peut effectivement utiliser sur un même système les deux versions de LVM, à condition que ce ne soit pas dans le même groupe de volumes. Les commandes LVM ont en effet un commutateur supplémentaire, -M, qui permet de faire ce choix (-M 1 ou -M 2).

D’autre part, la commande vgconvert permet la conversion des métadatas pour migrer de LVM1 à LVM2.

LVM2 permet d’assouplir encore plus la gestion de l’espace, dans la manipulation des volumes logiques. La commande lvcreate par exemple donne désormais la possibilité de choisir le périphérique voire la tranche de PE à utiliser.

Configuration graphique Red Hat

LVM peut être configuré au cours de l’installation graphique de Red Hat Linux ou d’une installation kickstart. Vous pouvez utiliser les utilitaires du paquetage LVM pour créer votre configuration LVM, mais ces instructions se concentrent sur l’utilisation de Disk Druid au cours de l’installation Red Hat Linux pour terminer cette tâche.

Vous ne pouvez modifier les groupes de volumes LVM qu’en mode d’installation graphique. En mode d’installation texte, vous pouvez affecter des points de montage aux volumes logiques existants.

Pour créer un groupe de volumes logiques avec des volumes logiques lors de l’installation Red Hat Linux :

  • Sur l’écran Paramétrage du partitionnement du disque, sélectionnez Partitionner manuellement à l’aide de Disk Druid.
  • Sélectionnez Nouveau.
  • Vous ne pourrez pas entrer un point de montage car cela ne sera possible que lorsque vous aurez créé votre groupe de volumes.
  • Sélectionnez volume physique (LVM) dans le menu déroulant Type de système de fichiers comme cela est présenté dans la figure ci-dessous :
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    fig. 6
    Création d’un volume physique
  • Un volume physique doit être limité à un lecteur. Pour Lecteurs autorisés, sélectionnez le lecteur sur lequel le volume physique sera créé. Si vous avez plusieurs lecteurs, ils seront tous sélectionnés, mais vous ne devrez en garder qu’un seul.
  • Entrez la taille souhaitée pour le volume physique.
  • Sélectionnez Taille définie afin que le volume physique soit à la taille souhaitée, sélectionnez Remplir tout l’espace jusqu’à (Mo) et entrez une taille en Mo afin de donner une plage de taille ou sélectionnez Remplir jusqu’à taille maximum autorisée pour qu’il se développe jusqu’à ce qu’il remplisse l’espace disponible sur le disque dur. Si vous sélectionnez cette dernière option pour plusieurs volumes physiques, ils se partageront l’espace disponible sur le disque.
  • Sélectionnez Forcer pour en faire une partition primaire si vous souhaitez que la partition soit une partition primaire.
  • Sélectionnez Vérifier les blocs défectueux si vous souhaitez que le programme d’installation recherche les mauvais blocs du disque avant de le formater.
  • Cliquez sur OK pour retourner à l’écran principal.

Répétez ces étapes pour créer autant de volumes physiques que nécessaire pour votre configuration LVM. Par exemple, si vous souhaitez que le groupe de volumes s’étende sur plusieurs lecteurs, créez un volume physique sur chacun des lecteurs.

Une fois que tous les volumes physiques sont créés, suivez les étapes suivantes :

  • Cliquez sur le bouton LVM afin de regrouper les volumes physiques dans des groupes de volumes. Un groupe de volumes est principalement un ensemble de volumes physiques. Vous pouvez avoir plusieurs groupes de volumes, mais un volume physique ne peut se trouver que dans un groupe de volumes.

Le groupe de volumes logiques contient de l’espace disque de déperdition réservé. Il est possible que la somme des volumes physiques ne soit pas égale à la taille du groupe de volumes, mais la taille des volumes logiques indiquée est toutefois correcte.

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fig. 7
Création d’un périphérique LVM
  • Modifiez Nom du groupe de volumes si vous le souhaitez.
  • Tous les volumes logiques du groupe de volumes doivent être situés dans des unités de domaine physique. Par défaut, le domaine physique est défini à 4 Mo ; la taille des volumes logiques doit donc être divisible par 4 Mo. Si vous entrez une taille qui n’est pas un multiple de 4 Mo, le programme d’installation sélectionnera automatiquement la taille la plus proche par unités de 4 Mo. Il est toutefois recommandé de modifier ce paramètre.
  • Sélectionnez les volumes physiques à utiliser pour le groupe de volumes.
  • Créez des volumes logiques avec des points de montage tels que /home. N’oubliez pas que /boot ne peut pas être un volume logique, sauf si on prévoit le chargement du module LVM dès le démarrage. Pour ajouter un volume logique, cliquez sur le bouton Ajouter de la section Volumes logiques.
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fig. 8
Création d’un volume logique

Sans hésitation

Voilà donc un outil de plus qui fait qu’un système Linux peut être véritablement efficace et qu’il peut optimiser la disponibilité d’un serveur en production. L’outil LVM peut également être utilisé avantageusement sur un poste personnel, pour s’éviter les opérations fastidieuses liées à la gestion de l’espace disque. LVM est donc la solution, dotée d’une multitude d’options, amenant un plus à l’utilisation du partitionnement « traditionnel ».

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