FLASH INFORMATIQUE FI

1ère partie


L’image numérique : vecteurs, bitmap, modes de couleur, scanner et résolutions (I)




Roland CHABLOZ


Introduction

Cet article a pour but de vous amener à mieux connaître les types d’images vectorielles et bitmap, les modes de couleurs, le scanner et l’acquisition d’images, les résolutions les mieux adaptées à l’impression et finalement la trame. Il se veut vulgarisateur et accessible à tous les lecteurs du FI.

Bitmap et vectoriel

Bitmap (= pixels)

Les images ou photos bitmap peuvent être fabriquées avec nombre de logiciels comme Photoshop, PaintShop, Photopaint, GraphicConverter, Painter, etc. Il faut savoir que quelle que soit sa complexité, pour une taille et une résolution données, une image bitmap aura toujours le même poids (occupation sur votre disque dur). En revanche, l’impression d’une image ne sera bonne qu’à la résolution pour laquelle elle a été créée. Si elle est trop petite, l’agrandissement nuira à la qualité. Les formats d’enregistrement bitmap les plus couramment utilisés pour l’impression ou l’importation depuis d’autres applications sont : .psd .tif .jpg .pct .bmp .gif. eps (bitmap), etc.

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image bitmap

Vectoriel (= tracés)

Les images ou dessins vectoriels sont fabriqués avec Illustrator, Freehand, Corel Draw, Designer, AutoCad, etc. Contrairement à l’image bitmap, pour une taille de dessin donnée, l’image vectorielle verra son poids varier en fonction de la complexité du dessin. En revanche, sa taille et sa résolution sont totalement indépendantes ; vous pourrez donc agrandir ou réduire les objets à volonté, et ceci sans perte !

Avec un logiciel vectoriel, vous définissez des objets géométriques représentant une courbe, un rectangle,... Chacun de ces objets ne pèse pas lourd, mais leur nombre fait vite grimper le poids du fichier ; il faut donc penser à épurer les tracés. Dessins, dégradés, textes,... tout est codé par des courbes de Bézier (courbe définie par quatre éléments : deux points d’ancrage et deux lignes directrices terminées par des points directeurs). Le format d’enregistrement le plus utilisé pour l’impression ou l’importation depuis d’autres applications est le .eps (Encapsulated PostScript).

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image vectorielle

.eps, vectoriel ou bitmap ?

Le format .eps peut être de deux types bitmap ou vectoriel. Le format .eps a justement été conçu pour disposer d’un contenant susceptible d’héberger photos et illustrations, qu’elles soient d’origine bitmap ou vectorielle. C’est un format passe-partout, à condition que son code PostScript soit propre, c’est-à-dire qu’il soit généré par un programme qui gère le langage PostScript correctement, par exemple : Photoshop pour le bitmap, et Illustrator pour le vectoriel.

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format d’enregistrement .eps

Le format de fichier .pdf (portable document format) est à mettre dans la même catégorie, il est aussi capable d’héberger photos, textes et illustrations d’origine bitmap ou vectorielle. Ouvrez un fichier .pdf avec Illustrator, vous récupérerez toutes les informations qu’elles soient vectorielles ou bitmap ; ouvrez le avec Photoshop, vous les récupérez aussi, mais pixelisées, donc 100% bitmap.

Du vectoriel au bitmap

Passer d’une image vectorielle à une image bitmap ne pose aucun problème. Il suffit de l’exporter en un fichier de type bitmap (.tif .jpg .psd,...) depuis l’application vectorielle, ou de l’ouvrir avec une application bitmap, comme PhotoShop par exemple à la résolution désirée.

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Ouvrir une image .eps vectorielle dans Photoshop revient à pixeliser le format EPS générique

Du bitmap au vectoriel

La manipulation inverse, passer d’une image bitmap à vectorielle, est en revanche plus difficile, car il faut passer au travers d’un logiciel spécifique de vectorisation qui va convertir les zones bitmap en tracés vectoriels de façon automatique et paramétrable, en fonction de vos réglages et de vos besoins spécifiques. La qualité peut être excellente, mais les réglages optimaux sont assez compliqués à trouver. Les logiciels de vectorisation les plus connus sont : Streamline, ArtLine, CorelTrace.

Vectorisation de textes

Vectorisation de textes dans Ilustrator ou InDesign par le menu : Texte/Vectoriser après avoir selectionné le texte

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Vectoriser une image .tif bitmap par Streamline revient à la convertir en tracés

Il ne faut pas confondre la vectorisation d’objets bitmap avec la vectorisation de textes réalisée à partir d’applications comme Illustrator, InDesign et CorelDraw. Cette méthode transforme les caractères du texte en objets vectoriels permettant ainsi de leur appliquer des effets réservés d’ordinaire aux dessins. Cette vectorisation permet surtout d’échanger les fichiers sans devoir joindre les polices.

Mode bitmap et niveaux de gris

bitmap (trait ou 1 bit noir et blanc)

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Langages des pilotes de scanner lors de l’acquisition pour le mode bitmap = Trait ou 1 bit noir et blanc
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Langages des pilotes de scanner lors de l’acquisition pour le mode bitmap = Trait ou 1 bit noir et blanc

Le mode bitmap est bien plus utilisé qu’on ne l’imagine. En effet, bon nombre de personnes, parce qu’ils l’ignorent, utilisent le mode niveau de gris à sa place. C’est possible, mais le niveau de gris est déconseillé pour le type d’images de l’illustration ci-après, pincipalement parce que les images pèseront jusqu’à 8 fois plus et leur impression sera de qualité moindre (contours des traits tramés).

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Images de type (de gauche à droite) dessins, plans ou cartes, gravures, textes ou logos

Le paramètre le plus important de ce mode est le seuil : il permet d’atténuer ou de renforcer les détails et certaines teintes, surtout si l’original ou le scan est coloré.

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Réglage du SEUIL = d’abord au scanner lors de l’acquisition puis dans Photoshop, menu Image-Réglage-Seuil

Résolution des images au trait 1 bit

Que l’image ou le scan obtenu soit destiné à la vectorisation (streamline,...) ou à l’intégration directe dans votre logiciel, pour la production offset, les images seront numérisées au trait entre 1200 et 1800 dpi (dots par inch ou ppp, points par pouce) pour une taille à 100% en cm, ceci afin d’éviter l’effet d’escaliers et la perte de détails. Pour une utilisation courante sur des imprimantes de type numérique ou bureautique, une résolution à 600 dpi pour une taille à 100% est suffisante.

Retouches

Pour les retouches (rotation, lasso,...), elles sont irréalisables en mode bitmap ; on passera dans le mode Niveaux de gris - rapport 1 pour les faire et une fois celles-ci terminées, on reviendra au mode bitmap - seuil 50% (attention, suivant la taille de l’image, il faut de la RAM en réserve !).

Format d’enregistrement

Après les retouches, on enregistrera en général les images au trait au format .tif (en compression lzw si le logiciel de destination l’accepte) pour un gain de place au stockage.

Colorisation

Les logiciels pro permettent d’attribuer une teinte (Pantone ou autre) aux images au trait importées dans ceux-ci.

Niveaux de gris

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Illustrations scannées ou en mode bitmap (photographie, dessin ou reproduction, graphique et logo)

Résolution lors du scan

Pour la PAO-offset ou le stockage à fin d’utilisation future (original natif .psd), on numérisera les images à 300 dpi pour une taille à 100% en cm. Si la destination finale est réellement l’impression numérique ou jet d’encre, on numérisera les images à entre 150 dpi et 200 dpi pour une taille à 100%.

Formats d’enregistrement

Après retouches dans Photoshop, on enregistrera les images au format .psd si le stockage et les retouches sont ultérieures (conservation des calques, etc.) ou en .tif .jpg .pct ou .bmp si la finalité est l’impression.

Colorisation

Les logiciels pro permettent d’attribuer une teinte (Pantone ou autre) aux images en niveaux de gris importées dans ceux-ci.

La couleur

La couleur dans son ensemble est un sujet vaste et très complexe, un véritable casse-tête souvent insurmontable par les non-professionnels. Tellement de paramètres entrent en considération : perception de l’oeil humain, synthèse additive RVB (écran) et synthèse soustractive CMJN (imprimantes PostScript et offset), calibrages des outils informatiques de la chaîne graphique (écrans, logiciels, scanners, imprimantes), qu’il est très difficile d’être précis.

Je ne m’étendrai donc pas sur le sujet, mais sachez qu’au minimum, un écran bien calibré vous évitera de mauvaises surprises (Adobe Gamma sur PC - ou ColorSync sur Mac). Un bon coup de réglages dans tous vos logiciels s’impose également (voir les paramètres dans le menu Couleurs... / selon la destination de l’image : PréPresse - Web, etc.).

Pour des réglages plus pointus, il faudra vous orienter vers des solutions de management colorimétriques comme le système Eye-One Color de Gretag Macbeth ou d’autres fabricants,...

Images RVB et CMJN

Les modes de couleur les plus employés sont le RVB et le CMJN. Dans cet article nous n’aborderons ni la bichromie ni les couleurs indexées.

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Illustrations scannées ou en mode bitmap (photographie, reproduction d’art ou dessin, graphique et logo)

Résolution lors du scan

Pour la PAO-offset ou le stockage à fin d’utilisation future (original natif .psd), on numérisera les images à 300 dpi pour une taille à 100% en cm. Si la destination finale est réellement l’impression numérique pro (CMJN) ou jet d’encre (RVB), on numérisera les images à entre 150 dpi et 200 dpi pour une taille à 100%. Pour l’envoi d’image au laboratoire photo (en RVB au format .jpg), une résolution de 200 à 220 dpi est suffisante (toujours pour la taille réelle du papier en cm.).

Le mode RVB (en anglais RGB)


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Ce mode est ainsi dénommé car il utilise trois couleurs primaires : Rouge, Vert et Bleu, dont l’addition donne le blanc (d’où le nom de synthèse additive) ; on pourrait aussi l’appeler le mode de couleur lumière. C’est le principe utilisé par les moniteurs d’ordinateurs, les écrans de télévision ainsi que par les labo-photo pour les tirages sur papier photo.

C’est le mode basique de numérisation de tous les scanners. On l’utilisera en règle générale, car c’est le mode qui permet l’emploi de tous filtres et toutes opérations de retouches dans Photoshop.

Si la destination est l’impression sur imprimante jet d’encre ou non-PostScript, on enregistrera l’image telle quelle (ou une copie redimensionnée) en .tif .jpg .pct ou .bmp pour l’imprimer.

C’est le mode standard recommandé pour tous les utilisateurs normaux qui désirent imprimer sur des imprimantes à jet d’encre (de Chez-pas-cher = non-PostScript), pour la production d’images sur le Web (.jpg) ainsi que pour les photographes qui travaillent généralement aussi en tout RVB.

Le mode CMJN (en anglais CMYK)


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Ce mode est surtout utilisé pour l’impression offset et les imprimantes numériques PostScript ; on pourrait aussi l’appeler le mode de couleur papier. Le principe consiste, à partir d’une surface blanche, à soustraire de la lumière en utilisant trois couleurs primaires : cyan, magenta et jaune. C’est la synthèse soustractive, par opposition à la synthèse additive.

C’est le mode d’impression pour toute impression quadrichromique (Cyan - Magenta - Jaune - Noir = encres offset ou toners numériques). Les imprimeurs et photolithographes numérisent en général directement les images en CMJN pour une intégration destinée à la séparation quadri. Ce mode n’est pas disponible sur tous les scanners ; c’est pourquoi, une fois vos travaux de retouches terminés en RVB (n’oubliez pas de conserver le fichier original RVB avec ses calques enregistré en .psd afin de pouvoir encore intervenir si besoin !), il faudra changer de mode et aplatir l’image avant l’enregistrement final (standard .eps ou .tif).

C’est le mode réservé aux professionnels du PréPresse : photolithographes, polygraphes, graphistes et publicitaires (et tous les autres amateurs éclairés).

Fin de première partie. Suite au prochain épisode où seront abordés : le scanner et l’acquisition d’images, les résolutions standard adaptées à l’impression (dpi) et les trames pour l’offset ou les imprimantes laser (lpi).

Sites intéressants


• Cette première partie est aussi disponible sur le web de la Reprographie, à l’adresse : www.epfl.ch/repro/conseils/images-num/part1.htm
• Le guide de la couleur et de l’image imprimée. Site d’Emmanuel Florio, un must reconnu créé par un type épatant : membres.lycos.fr/guidcoul/
• Un site de référence francophone sur le sujet de Jean-Noël et Nathalie Lafargue (un peu long à charger, dommage) : www.arpla.univ-paris8.fr/ scanners/
• Site généraliste et pédagogique sur l’image numérique du CRDP de Grenoble : www.crdp.ac-grenoble.fr/image/.
• Site d’introduction à l’image numérique de Jean Marie Gachon et Pierre Juillot : www-physique.u-strasbg.fr/ juillot/image/cours.html.
• Qu’est-ce qu’une image imprimée ? Un site de C. Boudry de l’URFIST de Paris : www.ccr.jussieu.fr/urfist/image_numerique/Image_numerique1.htm.
• L’image numérique présenté par Tony Calvaire, Olivier Maury et Jean Pasdeloup : membres.lycos.fr/imgnum/.
• Le site Adobe Studio Ressources destiné à l’impression, l’imagerie, le Web et la vidéo numériques : studio.adobe.com/fr, voir aussi sur le même site, les astuces et didacticiels : studio.adobe.com/fr/tips/main.jsp.
• La couleur en informatique vu par Xavier Gillo du FUNDP - Belgique : www.fundp.ac.be/institution/autser/cc/formations/couleur/couleur.html.
• Autre site sur la couleur de Christine Vercken : www-inf.enst.fr/ vercken/couleurs/.
• Ruses.com un site de ressources pour les professionnels : www.ruses.com/.

Documentation, livres

• Le guide de la couleur et de l’image imprimée, la version imprimée du même Emmanuel Florio. Mes respects !... www.perrousseaux.com/Sources/ouvrages/Ouvrage7.htm
• Chez les éditeurs Perrousseaux et Eyrolles quelques livres dignes d’intérêts : www.perrousseaux.com/ et www.eyrolles.com/.
• La série ClassRoom in a Book (en anglais), livres de formation pour les logiciels d’Adobe à un prix très correct. La plupart existent aussi en français, demandez à votre libraire : www.adobe.com/misc/books.html.
• Voir aussi sur le site d’Adobe Press (en anglais) pour d’autres publications : http://www.adobepress.com/.
• Citons encore à l’EPFL les notes de cours de R.-D. Hersch, Périphériques de tracé, d’affichage et d’impression 2-D, 2ème édition de mars 1998.



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