FLASH INFORMATIQUE FI



Diaporama


Comment archiver ses photos numériques ?



François ROULET


Équivalence qualitative entre les photographies analogiques (argentiques) et numériques

Pour mieux estimer l’adéquation à nos besoins de toutes ces résolutions photographiques, il est nécessaire d’aborder la notion d’équivalence numérique-argentique. En effet, le film étant un support analogique, tant par sa résolution que par sa sensibilité aux nuances, il n’a pas pour autant une capacité infinie, et surtout, cette qualité diminue proportionnellement avec la sensibilité de ce dernier. Par analogie, le grain du film est une notion similaire à celle du pixel du fichier image. En rapportant la taille de ceux-ci à la surface de la pellicule, ou respectivement de l’image, on obtient les équivalences suivantes :

format du film résolution équivalente en millions de pixels
Disc 1.0 Mpixels
110 2.7 Mpixels
APS (Advantix) 6.3 Mpixels
35 mm (24x36) 10.3 Mpixels

Ce tableau correspond à une pellicule de sensibilité ASA 200, dont le grain a une taille approximative de 12 microns.
On peut en déduire que le format PhotoCD est de qualité inférieure à un film 35mm, et qu’il est aujourd’hui rattrapé par les caméras numériques à 6 Mpixels.
Quant au format PhotoCD Pro atteignant la qualité respectable de 25.2 Mpixels, il est à la hauteur des films 4x5 et 6x6.
J’en profite pour remercier Madame la Professeure Sabine Suesstrunk pour ces informations.


Sommaire

Sans doute êtes-vous nombreux à posséder un appareil de photo numérique et se pose bien sûr la brûlante question de savoir comment les archiver ?

Le propos de cet article est de présenter succinctement le VideoCD, ou VCD, finalisé en 1993 et normalisé par le White Book. Mais nous nous concentrerons sur son application à la confection de diaporamas visionnables sur votre téléviseur par l’intermédiaire d’un lecteur de DVD, ou même par une console de jeu supportant les DVD. Étant donné que le VideoCD est basé sur le format ISO 9660-XA, il demeure parfaitement compatible avec tous les ordinateurs.

Rappel historique

Avant la démocratisation de la photographie numérique, la firme Kodak proposait depuis 1992 déjà, conjointement avec Philips, une intéressante solution d’archivage numérique sur CD-R, le fameux PhotoCD.

Le principe étant que seuls les laboratoires Kodak sont habilités à numériser vos images à partir de vos négatifs, et les enregistrer après traitement informatique sur un CD-R, en une ou plusieurs sessions, jusqu’à concurrence de 100photos maximum.

Ensuite, les logiciels de relecture étaient mis à disposition gratuitement pour les plates-formes Macintosh & Windows, et surtout, idée intéressante, les lecteurs de CD Audio de salon fabriqués par Philips étaient capables de les lire et d’afficher un diaporama sur votre téléviseur, en basse résolution évidemment.

Naturellement, vous pouviez en tout temps demander aux laboratoires d’effectuer des tirages papier à partir de votre PhotoCD vous dispensant par là-même de conserver vos négatifs.

Malheureusement, l’explosion des sources numériques, et en particulier les caméras, a relégué ce format propriétaire en second plan, même si toutefois il perdure dans le domaine professionnel, à l’EPFL notamment.

Comparatif des formats photographiques Kodak

PhotoCD

C’est le plus connu et diffusé. Chaque image est empaquetée dans une gamme de 5 résolutions allant de 128 x 192 à 2048 x 3072 pixels autour d’une résolution de base fixée à 512 x 768, cette dernière étant précisément compatible télévision. Les nuances sont enregistrées en 3 canaux RGB de 8bits chacun, soit 24 bits.

La source peut être de multiples bobines de films, diapositif ou négatif, de format 24x36 (35mm) ou APS, enregistrées en plusieurs sessions, jusqu’à concurrence d’un maximum de 100 photos sur un CD, soit 4 bobines de 24poses. Coût moyen du procédé : un franc par photo.

PhotoCD Pro

Ce format professionnel apporte une sixième et unique résolution de 4096 x 6144 pixels.

La source peut être de multiples bobines de films, de format 24x36 (35mm), APS ou 4 x 5. De 25 à 100 photos par CD selon leur nature.

PhotoCD Portfolio

C’est le format multimédia, limité à la résolution de base de 512 x 768, en format JPEG, toujours afin d’être compatible télévision. Il autorise une interactivité rudimentaire, avec textes et audio.

Il reprend partiellement les caractéristiques du CD-i de Philips. La source peut indifféremment provenir de scanners et caméras numériques, et il est possible d’enregistrer jusqu’à 700 photos ou bien une heure d’enregistrement audio, soit une combinaison proportionnelle des deux.

PictureCD

C’est le format actuellement proposé lors du développement de vos films, avec une résolution unique de 1024 x 1536 pour une source 35mm, et 864 x 1536 pour une source APS.

La source est exclusivement un unique rouleau de film négatif, 35mm ou APS, car il n’est enregistrable qu’une seule fois, limité à 40 photos, pour un supplément de prix d’environ 10.- sur le développement de la pellicule.

Remarque :

Ce format existe aussi sur disquette, sous le nom de Picture Disk, limité à 28 photos.

Comme on peut le constater, ces deux derniers formats sont très orientés multimédia, et la résolution des images en pâtit malheureusement. Et cela est d’autant plus regrettable qu’il n’y a à notre connaissance pratiquement plus de lecteurs de CD de salon commercialisés capables de les lire.

C’est pourquoi nous vous proposons une alternative très intéressante, le VideoCD, qui allie résolution originale illimitée de vos photographies numériques, et audience par presque tous les lecteurs de DVD de salon actuels, tout en offrant une interactivité suffisante.

L’origine du VideoCD

Le VideoCD est apparu en 1993, et contrairement à ce qui s’est passé en Europe, il a connu une diffusion fulgurante sur le continent asiatique, où en 3 ans seulement, ce n’est pas moins de 6.5 millions de lecteurs de VCD qui ont été vendus, pour atteindre le chiffre impressionnant de 20 millions d’unités en 1997, année de l’apparition du DVD.

Le cahier des charges du VCD était de mémoriser jusqu’à 70 minutes de séquences vidéo numériques MPEG-1 à débit constant de 1.15 Mbps, avec une qualité de restitution au moins équivalente à celle de la cassette VHS, c’est-à-dire 352 x 288 en format PAL, ou 352 x 240 pour le format NTSC, et un son bi-canal.

À l’arrivée du DVD-Video, devant sa supériorité évidente, le gouvernement chinois a cherché à offrir une alternative économiquement acceptable, en se démarquant du consortium DVD, qui était entièrement contrôlé par des firmes américaines et européennes, et surtout par l’industrie cinématographique américaine qui en a bridé tous les formats, exigeant des redevances pour les utiliser.

C’est ainsi que les partenaires chinois ont débuté la collaboration avec la firme C-Cube (http://www.c-cube.com ), pour proposer en 1998 le CVD, ou China Video Disc.

L’essor auquel était promis ce nouveau média rien que par le marché intérieur dont il disposait a fortement intéressé certaines compagnies, telles que Philips. Justement, ce dernier a mené une véritable croisade pour récupérer ce marché, et s’approprier cette norme en lui ajoutant notamment quelques protections ; c’est la publication du SuperVideoCD, ou SVCD, en fin 1998.

Pour résumer la nature du SuperVideoCD, il s’agit de l’intégration des formats audio et vidéo du DVD, à savoir le MPEG-2 avec VBR (débit variable) mais en résolution inférieure (PAL 480x576, NTSC 480x480), afin d’abaisser le débit à 2.6 Mbps au maximum pour tenir compte de la capacité du CD sept fois moindre que le DVD-5.

Par conséquent, si la qualité s’est vue grandement améliorée, la durée d’enregistrement a été divisée de moitié, pour tomber à 35 minutes.

Cela dit, les fabricants de lecteurs de DVD asiatiques ont inclus toutes ces normes, ce qui explique pourquoi les appareils les meilleurs marchés qui déferlent dans nos grandes surfaces supportent toutes les normes suivantes : DVD, VCD, CVD et SVCD.

En revanche, si vous achetez un lecteur de marque, donc cher, il est fort probable qu’il ne supporte pas autant de formats, et tout particulièrement le SVCD. Il semble toutefois que depuis cette année, même les produits de marque lisent au moins les VCD.

Pour connaître la compatibilité de votre lecteur, si possible avant achat :

http://www.videohelp.com/dvdplayers .

La gravure d’un VideoCD

Pour illustrer cet article, nous nous basons sur le logiciel Nero de Ahead, version 5.5 (http://www.ahead.de/ ), qui n’est malheureusement disponible que sur Windows, mais qui a l’avantage d’intégrer toutes les fonctions de compilation et de gravure dans le même produit. Par ailleurs, il supporte une impressionnante quantité de formats de gravure, et son interface glisser&déposer se charge automatiquement d’adapter les médias source au format requis.

La première étape consiste évidemment à choisir de graver un VideoCD, puis de vous laisser guider en explorant les onglets de la fenêtre d’information.

Dans le premier onglet, nous avons opté naturellement pour le format d’encodage européen PAL, impliquant une résolution d’affichage TV 704 x 576, et surtout l’option Store source pictures in qui conservera vos images en résolution originale (ici 2048 x 1536) dans un dossier séparé.

Dans le second onglet, vous activerez la génération de menus automatiques, puis vous choisirez le nombre de vignettes par menu (ici le maximum = 15), et vous terminerez par les textes d’entête et de pied de page à votre guise.

Remarque : étant toujours limité par les 99 pistes adressables, héritées des CD audio, il vaut mieux être économe avec les menus, c’est pourquoi nous avons tout intérêt de choisir le maximum de vignettes par page (15), on peut ainsi graver jusqu’à 92 photos sur le VCD. Ce qui est regrettable est que cette limite se situe nettement en deçà de la capacité totale du CD. Toutefois, la norme VideoCD prévoit un maximum 20 x 99 = 1980 images, mais le logiciel Nero nous l’interdit étant donné que les lecteurs ne peuvent les adresser.

Maintenant que le format de gravure est entièrement déterminé, nous pouvons composer notre diaporama en important les photos que vous glisserez directement depuis le navigateur intégré, dans la fenêtre de séquencement à gauche, et le logiciel Nero prendra en charge la mise à la taille des images, la génération des menus, et la temporisation du diaporama.

Automatiquement, les menus générés par le logiciel Nero sont placés en tête de liste, afin d’assurer la navigation interactive.

Dans cet exemple, nous avons fixé la durée d’affichage des images à 3 secondes, alors que les menus sont maintenus figés (pause infinie) ; de cette manière lors du chargement de votre VCD dans le lecteur de DVD, vous débuterez par la première planche de contact, et vous pourrez naviguer entre elles au moyen des touches skip avant et arrière.

Une fois choisie votre photo initiale, le diaporama démarrera automatiquement avec un temps de pause conforme à celui fixé.

Revenons à la structure du VideoCD, dont l’arborescence est affichée dans le panneau supérieur gauche de la fenêtre principale.

On y trouve justement le dossier Pictures qui contiendra vos images en format original, le dossier Segment qui contiendra les menus et images au format TV, mais aussi un dossier Ext, dans lequel vous pouvez librement rajouter des éléments qui n’interagiront pas avec le VideoCD, tels que des applications de gestion d’images pour Mac et PC (Exemple ACDSee de http://www.acdsystems.com/ ).

Ainsi, en insérant ce VideoCD dans un Mac ou un PC, vous serez certain de disposer de tout le logiciel nécessaire pour visionner vos images.

Une façon élégante de rentabiliser l’espace disque, vu que la limite inhérente à 92 photos ne vous permettra pas de remplir le CD, même avec une résolution originale élevée et une faible compression. Au moins le VideoCD est certain de perdurer avec l’apparition récente des caméras 6megapixels.

Conclusion

Ce modeste article a pour but de vous montrer un aperçu d’application de nos bons vieux CD-R, tout en bénéficiant d’une très bonne audience. Surtout, nous réalisons d’une part l’archivage des images dans leur résolution originale quelle qu’en soit la source, et d’autre part leur lecture est garantie sur tous les systèmes d’exploitation y compris UNIX, ainsi que les lecteurs de DVD de salon, qui se sont dès leur apparition infiniment mieux répandus que les lecteurs de PhotoCD.

Un résumé francophone sur le VideoCD

http://www.planetenumerique.com/Pages/Vcd.htm

© Flash informatique 2002



Cherchez ...

- dans tous les Flash informatique
(entre 1986 et 2001: seulement sur les titres et auteurs)
- par mot-clé

Avertissement

Cette page est un article d'une publication de l'EPFL.
Le contenu et certains liens ne sont peut-être plus d'actualité.

Responsabilité

Les articles n'engagent que leurs auteurs, sauf ceux qui concernent de façon évidente des prestations officielles (sous la responsabilité du DIT ou d'autres entités). Toute reproduction, même partielle, n'est autorisée qu'avec l'accord de la rédaction et des auteurs.


Archives sur clé USB

Le Flash informatique ne paraîtra plus. Le dernier numéro est daté de décembre 2013.

Taguage des articles

Depuis 2010, pour aider le lecteur, les articles sont taggués:
  •   tout public
    que vous soyiez utilisateur occasionnel du PC familial, ou bien simplement propriétaire d'un iPhone, lisez l'article marqué tout public, vous y apprendrez plein de choses qui vous permettront de mieux appréhender ces technologies qui envahissent votre quotidien
  •   public averti
    l'article parle de concepts techniques, mais à la portée de toute personne intéressée par les dessous des nouvelles technologies
  •   expert
    le sujet abordé n'intéresse que peu de lecteurs, mais ceux-là seront ravis d'approfondir un thème, d'en savoir plus sur un nouveau langage.