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Accelerating scientific discovery


La stratégie 2004-2007 du Centre suisse de calcul scientifique (CSCS)




Marie-Christine SAWLEY


Bref historique sur la création d’un centre de compétence de haute visibilité au Tessin

Le centre suisse de calcul scientifique de Manno (CSCS) mène des activités de recherche et de développement au niveau international et offre au niveau national des prestations de services en matière de simulation et de traitement des données complexes ou de grande ampleur. Ses activités concernent l’ensemble de la communauté académique suisse, mais aussi l’économie privée. Un exemple de son activité en Suisse est la collaboration avec Météosuisse en matière de prévisions journalières et à brève échéance. Le centre a été dirigé de 2001 à 2003 par Michele Parrinello, scientifique de grande renommée, titulaire de la chaire de chimie computationelle à l’ETHZ. Le professeur Parrinello a choisi de se consacrer à ses activités de chef de groupe scientifique - le plus gros utilisateur des ressources du CSCS - dès mars 2003 ouvrant ainsi un nouveau chapitre de l’histoire du centre. Une task force ad hoc a été nommée au printemps de l’année dernière dans le but de formuler les propositions propres à ancrer le CSCS dans le nouveau paysage scientifique de notre pays.

Le plan de développement

En entérinant les buts stratégiques du CSCS tels que proposés par la task force et en acceptant le plan financier pour l’exploitation et les investissements (un total de 64 millions de 2004 à 2007), le Conseil des EPF et l’Ecole Polytechnique Fédérale de Zurich ont mis en place les derniers éléments du développement d’un centre de haute visibilité au Tessin en informatique, fondé sur la qualité de la recherche scientifique menée par les institutions du domaine.

Ces buts se résument ainsi :

• Le renforcement des compétences du CSCS en matière de High Performance Computing and Networking sera garanti par des investissements substantiels, à la fois en personnel spécialisé et en infrastructure IT, mettant ainsi à disposition des outils et méthodes de haute valeur ajoutée.
• Le portefeuille traditionnel du HPC (calcul de puissance) fondé sur la météorologie et la modélisation du climat, notamment dans les domaines de la durabilité, sur les sciences de base et les sciences de l’ingénieur, sera étendu à des disciplines telles les sciences de la vie, sciences de la terre et l’informatique.
• En parallèle à l’attribution de quota de calcul annuel sur les serveurs de pointe, le CSCS va proposer un certain nombre de programmes de partenariat aux centres scientifiques de ce pays - dont l’EPFL - de manière à pouvoir explorer et valider des modes d’utilisation de l’infrastructure IT plus flexibles - tels le calcul à la demande, la visualisation à distance, le data mining sur des bases de données réparties, la gestion de connaissances.

Pour pouvoir servir ces buts, le CSCS va fonctionner dès 2004 sous budget global et avec une autonomie renforcée vis-à-vis de son institution de tutelle, l’ETH Zurich. Le CSCS sera aussi chapeauté par un comité de pilotage et pourra s’appuyer sur un comité scientifique de haut niveau. Le centre peut donc compter pour la période quadriennale 2004-2007 sur des moyens et une gouvernance permettant de réaliser les buts présentés plus haut. Il est important de noter que l’augmentation de 150% du budget du CSCS provient à hauteur des quatre cinquièmes d’un apport de fonds supplémentaires de l’ETH Zurich et du Conseil des Ecoles, les fonds tiers requis se montant pour leur part à un cinquième du total.

Programme pour 2004

Le déploiement des nouvelles activités va commencer dès les premières semaines de 2004. Celles-ci vont s’articuler autour de quatre axes :
1. La mise sur pied d’un programme de Grille Nationale, en constituant un parc de ressources partagées, entre les institutions du domaine des EPF, d’universités, de centres de recherche ou de partenaires privés. Ce programme de développement formé de projets thématiques, couvrira les trois chapitres suivants :
 a. le calcul à la demande, l’absorption de pics de calcul, l’accès aux ressources, l’échange de prestations, le mode d’imputation des coûts ;
 b. un service de courtage capable d’analyser le profil de l’application, les ressources disponibles, et de proposer le routage vers la ressource la plus adaptée ;
 c. pour des applications nécessitant l’étude de patterns et de tendances dans un volume très important de données, l’automatisation des tâches et la facilitation de la mise en relation de ces données aux formats souvent différents. Ce chapitre couvre aussi la visualisation à distance, domaine dans lequel le CSCS a déjà une expérience.
2. La constitution d’une plate-forme de benchmarking à l’échelle nationale, afin de recueillir les expériences faites sur des architectures différentes, notamment dans le domaine des clusters Linux ;
3. La préparation de l’appel d’offres pour l’installation d’un système de calcul de puissance dès 2005 qui devra notamment reprendre la charge du serveur NEC SX-5, dont le service cessera cette même année. Cette préparation repose notamment sur la constitution d’un groupe d’experts dont la mission sera la rédaction du cahier des charges, l’analyse des offres et la conduite des benchmarks ;
4. Une plate-forme de communication et de valorisation pour les applications du domaine avec développement de nouveaux media et bases de connaissances, et participation à des actions ciblées.

Chacun des ces chapitres offre des prestations ou un soutien au développement de projets à un grand nombre de groupes spécialistes de calcul scientifique de l’EPFL. La mission nationale du CSCS, renforcée par les développements décidés récemment, lui permet de se positionner en tant que partenaire à haute valeur ajoutée pour les applications qui ont besoin de ressources IT importantes : ceci est notamment vrai pour les applications des domaines interdisciplinaires, là-même où l’excellence scientifique trouve souvent sa plus grande richesse : la créativité dans l’hybride.

Les lecteurs intéressés peuvent consulter le site du CSCS (http://www.cscs.ch), en plein redéploiement lui aussi, où l’on peut trouver :
• le document sur la stratégie du CSCS 2004-2007, telle que décidée le 13 novembre 2003 ;
• les documents publiés lors de la conférence de presse du 28 novembre 2003 dans les locaux du CSCS ;
• le rapport d’activité 2002, panorama des applications scientifiques faisant usage des ressources du CSCS.

Citations

Dr H. Rohrer, Président du groupe de travail, Prix Nobel de Physique et membre du Conseil des EPF : Les conditions cadres que nous avons définies permettent de donner à la Suisse une stature mondiale en matière de calcul scientifique et facilitent les collaborations avec la communauté académique internationale.

Professeur U. Suter, Président de la recherche de l’EPFZ et membre du groupe de travail : En donnant au CSCS une autonomie particulière, le Conseil des EPF et l’EPFZ innovent en matière de recherche scientifique et d’organisation. L’EPFZ assure ainsi une responsabilité nationale, porteuse de contacts importants avec la communauté scientifique de langue italienne.

Dr Monika Duca-Widmer, membre du Conseil des EPF et du Grand Conseil du Tessin : Le nouveau profil du CSCS parachève la mise en place d’un centre de compétence de la plus grande importance pour l’activité tertiaire de la région. D’importants effets sur le tissu économique tessinois peuvent en découler.<(i>

Dr Marie-Christine Sawley, Directeur général du CSCS Manno : Le positionnement futur du CSCS apporte à l’institution une grande motivation aux collaborateurs. Il engage son développement dans une perspective de recherche de partenaires prestigieux, qui nécessite un effort offensif en matière de communication et de benchmarking.



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