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… jusqu’où aller dans la virtualisation  ?


Comment différentes technologies prolongent la durée de vie des logiciels  ?



How some different technologies extend the life of the software ?



Laurent KLING


Comme préambule, l’objectif de cet article est de présenter les possibilités cachées de l’utilisation de la virtualisation. Si vous désirez mettre en oeuvre les outils graphiques d’Adobe, il est certainement préférable d’utiliser la version commerciale actuelle dans votre environnement favori et avec une conscience tant soit peu libertaire, vous allez certainement utiliser les alternatives Open Source pour éviter ces logiciels commerciaux.
Dans la société de consommation, il est inhabituel de trouver des choses gratuites. Quand celles-ci sont disponibles, tout le monde se précipite pour les obtenir. Cette frénésie atteint des sommets pendant les périodes des soldes, mais ce qui parfois paraît intéressant se révèle en fait un canard boiteux. En effet, rares sont les bonnes affaires dont personne n’est au courant. Dans le cadre universitaire, nous bénéficions pour les logiciels de conditions très généreuses. Certains semblent même être gratuits pour l’utilisateur.

Le déclencheur

Voici l’annonce révélée par de nombreux sites début janvier 2013 : La suite Adobe Creative Suite 2 (CS2) de logiciels (professionnelle) est accessible pour tous sur Windows et Macintosh [1]. Le blog officiel de l’entreprise est plus circonspect ; il nous apprend que le 13 décembre 2012, un bogue empêcha l’activation de la suite CS2. En conséquence, à partir du 7 janvier, la société rend disponibles directement au téléchargement ces logiciels accompagnés de leurs numéros de série valides  !.
Adobe Creative Suite 2 comprend ces logiciels pour Macintosh et PC Windows

Illustrator CS2 dessin vectoriel
Photoshop CS2 traitement d’images
Photoshop Elements 4.0/5.0 traitement d’images simplifié
InDesign CS2 mise en page
InCopy CS2 édition de documents complexes
Acrobat Pro 8.0 création et édition de PDF
GoLive CS2 création et édition de sites Web

Uniquement pour PC

Audition 3.0 gestion de flux audio
Adobe Premiere Pro 2.0 édition vidéo

Sur un Macintosh, cette action paraît trop belle pour être vraie. C’est dans le détail que les problèmes commencent :

  • il s’agit d’une suite vieille de sept ans,
  • elle n’est disponible que pour des systèmes d’exploitation obsolètes : Mac OS X 10.3.8 PowerPC,
  • l’utilisation de ces logiciels est-elle vraiment nécessaire  ?

Partons de l’hypothèse que vous désirez utiliser cette suite sur une machine moderne, elle est a priori inutilisable. Sur mon Macintosh Intel 10.7, la tentative d’installation se solde par un échec.






(Vérification préalable de la configuration et échec du matériel)

Utiliser la suite CS2 virtuellement

La suite CS2 semble inutilisable pour le Macintosh, car basée sur un système d’exploitation obsolète avec un processeur inaccessible. Les seuls à se montrer ravis sont les aficionados qui auraient gardé une antiquité. En réalité, jusqu’à Snow Leopard (10.6.8), le Macintosh a émulé les microprocesseurs PowerPC avec la technologie Rosetta. On peut tenir ce raisonnement :

  • la suite CS2 sur Macintosh a besoin d’un processeur PowerPC,
  • Mac OS X 10.6.8 émule le PowerPC avec Rosetta,
  • un système actuel sur un Macintosh, 10.7 ou 10.8 peut virtualiser un Mac OS X 10.6.8.

Pour résoudre le problème, il faut maintenant suivre les étapes dans le bon ordre.

  • utiliser un outil de virtualisation,
  • installer Mac OS 10.6.8 avec Rosetta,
  • finalement, installer la suite CS2.

En pratique, la virtualisation sur Macintosh

Pour Macintosh, trois outils de virtualisation sont disponibles facilement :

Mon sentiment sur les trois logiciels est ambivalent. Sur le plan de coût, VirtualBox est gratuit pour tous, cependant sa communauté sur Macintosh est limitée, on ne trouve qu’un seul article dans le forum officiel.
Pour départager les deux produits commerciaux, je suggère de lire l’article paru en septembre 2012 dans Ars Technica.
En performance pure, Parallels Desktop paraît être supérieur. En stabilité et compatibilité, VMware Fusion semble meilleur. Compte tenu des licences éducation à l’EPFL et de mon expérience sur cette plate-forme, mon choix s’est porté sur VMware Fusion.

Dans un premier temps, obtenir le logiciel de virtualisation et sa licence

L’installation de Fusion est particulièrement simple pour les collaborateurs de l’EPFL ; pour obtenir le logiciel et sa licence, allez sur le site : vmware-edu.epfl.ch. Pour les utilisateurs ne désirant pas employer un produit commercial, il est possible d’avoir recours à VirtualBox, https://www.virtualbox.org.

La deuxième étape consiste à créer la machine virtuelle

Le secret consiste au départ à personnaliser l’installation en sélectionnant les deux outils qui nous intéressent :

  • Rosetta qui permet l’émulation pour le processeur PowerPC,
  • QuickTime 7.0 pour les interfaces de programmation graphiques.

Pour ceux qui possèdent déjà une machine virtuelle Mac OS 10.6, Rosetta s’installe automatiquement dès qu’on essaye d’exécuter un logiciel compilé pour PowerPC.

Installer les outils VMware

Quand le système d’exploitation est installé, la résolution de l’écran est fixe, 1024 x 768. Cela est rapidement corrigé avec l’ajout des outils VMware. Cette étape est essentielle, elle permet l’accès aux différents modes de fonctionnement de Fusion.

Mettre à jour le système

Naturellement comme pour chaque nouvelle machine, une mise à jour du système est obligatoire.

Installer Adobe CS 2

La première étape consiste à télécharger l’ensemble des logiciels Macintosh. Une lecture attentive du document PDF disponible sur le site Web explique le processus de l’installation. On travaille en parallèle sur deux Macintosh, le réel et le virtuel :

  • créer un dossier partagé entre son Mac et la machine virtuelle :

  • sur la machine virtuelle :
    • Il faut ouvrir l’ensemble des images disques sur le bureau,
    • sélectionner CS_20_IE_NonRet_D1.dmg pour lancer l’installation,

    • les conditions étant réunies, l’installation démarre normalement,

    • uniquement la présence de l’ensemble des images ou- vertes offre l’installation directe des quatre outils majeurs.
    • pour Acrobat 8 et Golive CS2, il faut procéder à leur installation individuelle.

La seule astuce est le problème du son avec 10.6 (j’aimerais regarder la vidéo livrée avec les logiciels CS2). Une brève recherche sur Internet décrit la marche à suivre :

  • ajouter la carte audio dans la configuration de la machine virtuelle ;
  • introduire dans la machine virtuelle 10.6 le pilote audio EnsoniqAudioPCI_v1.0.3_Common_Installer disponible sous ce lien ;
  • pour VMware fusion 4 il est nécessaire de modifier le fichier de configuration .vmx contenu à l’intérieur du fichier de la machine virtuelle (Afficher le contenu du paquet) :
    sound.virtualDev = "hdaudio"
    en
    sound.virtualDev = "es1371"

Maintenant, la machine virtuelle devient un conteneur. Comme l’application de la loi de Moore a permis en sept ans de décupler la puissance réellement disponible, l’émulation du Processeur PowerPC ne semble pas ralentir l’utilisation.

Un monde virtuel ?

Sur une machine moderne, un iMac avec un processeur Intel Core i5, 4 coeurs et 16 Go de RAM, il est aisé de consacrer une partie minime des ressources disponibles (un coeur et 1 Go de RAM) à la machine virtuelle. Le fonctionnement de CS2 est fluide, parfait pour éditer quelques illustrations ou photographies. Pour exemple des synergies entre Illustrator et Photoshop, je réalise mon opération favorite :

  • dans Illustrator, je crée une illustration avec des courbes de Bézier ; ensuite je copie ce dessin c’est-à-dire l’objet vectoriel,
  • j’ouvre Photoshop et je colle mon illustration, que comme par magie, je peux agrandir l’illustration sans en altérer la qualité !

Ce tour de passe-passe est possible uniquement par la capacité de ces deux logiciels à convertir le presse-papiers d’un format vectorisé en un format bitmap directement.




transfert vectoriel entre Illustrator et Photoshop
Les mécanismes décrits dans cet article sont exotiques, c’est-à-dire utiliser un OS du passé pour exécuter un logiciel obsolète. Au deuxième degré, les amateurs trouveront facilement des émulateurs pour des machines totalement dépassées, console de jeux, ordinateurs, processeur et même système d’exploitation.
Ces outils permettent un exploit non encore réalisé pour le monde vivant, dépasser la mort physique. Ce phénomène est possible par la propriété intrinsèque de l’information numérique qui ne s’altère pas, un message prémonitoire devant le déluge d’informations numériques que nous entassons.

[1] La page de téléchargement a été modifiée depuis l’écriture de cet article et vous informe précisément des conditions d’utilisation



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