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Windows 8, le meilleur est à l’intérieur


Le nouveau système d’exploitation de Microsoft inaugure non seulement une nouvelle interface, mais également des fonctionnalités internes très intéressantes.



The new Microsoft operating system introduces not only a new interface, but also very interesting internal features.


Thierry CHARLES


Introduction

Même si le numéro du noyau de Windows 8 (6.2) reste le même que Vista (6.0) et Windows 7 (6.1), de nombreuses améliorations ont eu lieu dans ses modules internes. Nous allons ici survoler quelques-unes de ces innovations parmi les plus intéressantes.

Démarrage, arrêt et mise en veille

Pour ceux qui l’ont déjà testé, vous aurez remarqué que Win8 démarre beaucoup plus vite : entre 7 et 30 secondes dans une configuration standard avec firmware UEFI [1] . En fait Win8 utilise deux modes de démarrage, le mode dit à froid qui effectue une réinitialisation complète du système et dont le temps de démarrage est équivalent à Win7 et le mode dit rapide qui n’effectue que l’étage zéro du boot et restaure le dernier hyberfile.sys avant de réactiver les périphériques. Dans une utilisation courante, le mode rapide sera utilisé pratiquement dans tous les cas, le démarrage à froid n’ayant lieu qu’après une reconfiguration matérielle, un arrêt intempestif du système ou une reconfiguration de l’UEFI. Cela sous-entend que pour démarrer vite, il faut s’arrêter correctement par la procédure d’arrêt de l’OS. Attention : pour ceux qui utilisent un interrupteur extérieur pour couper – complètement – l’alimentation de leur PC, attendez quelques minutes après l’extinction de l’écran, le temps que votre système termine l’écriture du hyberfile.sys sur le disque dur.
La mise en veille est similaire à la mise en veille de Win7 et le retour sur activité ne fait que réinitialiser les périphériques qui ont été déconnectés. Si une coupure d’alimentation (ou une batterie trop faible) interrompt la mise en veille, le système effectuera un démarrage rapide, le hyberfile.sys étant mis à jour à l’entrée de la mise en veille.
Bien sûr tout ceci est paramétrable par l’utilisateur :


Un petit tour dans le noyau

Comme vous le verrez certainement, Win8 est bien moins gourmand en mémoire, non seulement pour lui-même, mais aussi pour les applications tierces, par exemple mon rouquin (firefox) avec ses 49 onglets ouverts ne consomme que 864.2 MB alors qu’il atteignait allègrement les 2.7 GB sous Win7. Ce miracle est dû à une nouvelle gestion de la mémoire qui élimine les doublons et gère les copies automatiquement.
Typiquement :


Avec pas mal d’applications lourdes qui tournent :


Du côté graphique, la gestion des modules DirectX passe à la version 11.1, ce qui permet de gérer un grand nombre de constituants de l’interface directement par le matériel de la carte graphique. Globalement le système, au niveau de l’affichage, est quatre fois plus fluide sous Win8 que sous Win7. En parlant cartes graphiques, Win8 fait intervenir un nouveau modèle de driver, le WDDM 1.2 ; le pilote de votre carte graphique livré avec Win8 étant assez minimaliste et je ne saurais trop vous conseiller de le mettre à jour via le site du constructeur (Nvidia, AMD, Matrox, Intel, etc.). D’autre part, Win8 supporte maintenant – enfin, dirions-nous – nativement l’USB 3 et il n’est pas nécessaire d’installer de drivers supplémentaires.

Hyper-V ou la virtualisation à portée de main

Pour peu que votre processeur supporte matériellement la virtualisation (VT-x chez Intel, AMD-V chez AMD), vous avez la possibilité d’avoir un environnement de virtualisation complet intégré à l’OS. Tout d’abord, il faut savoir qu’Hyper-V n’est pas installé par défaut, il vous faudra aller cocher les bonnes cases au bon endroit, c’est-à-dire dans le Panneau de configuration ==> Programmes ==> Activer ou désactiver des fonctionnalités de Windows, déroulez la liste jusqu’à Hyper-V :


Cochez Hyper-V et ouvrez-le. Si la ligne Plateforme Hyper-V est grisée cela signifie que votre processeur ne supporte pas la virtualisation matérielle ou qu’elle a été désactivée dans l’UEFI (ou le BIOS). Avant d’activer Hyper-V, sachez que celui-ci déteste la présence d’un autre hyperviseur de virtualisation comme Virtual Box ou VmWare. Il faut savoir que la version présente dans Win8 est tout à fait comparable à l’Hyper-V de production disponible comme rôle dans Windows Server 2012. Vous pouvez donc créer et tester des machines virtuelles sur votre poste de travail, puis les déplacer sans autre forme de procès sur une plate-forme de production Windows Server 2012.
L’outil de gestion des machines virtuelles est le gestionnaire Hyper-V que vous pouvez lancer depuis l’écran d’accueil. Cet outil de gestion peut gérer plusieurs serveurs (hosts) Hyper-V et effectuer le déplacement de machines virtuelles de l’un vers l’autre. Sans rentrer dans les détails, voici quelques nouveautés d’Hyper-V :

  • Mémoire dynamique : ce système permet d’allouer une quantité de mémoire inférieure au minimum nécessaire pour démarrer la machine virtuelle (!).
  • Module Hyper-V pour PowerShell : la totalité des commandes effectuées au moyen de l’interface graphique (plus quelques-unes) peuvent être effectuées dans PowerShell et permet donc de scripter les opérations.
  • Réplication Hyper-V : cette fonctionnalité permet de répliquer des machines virtuelles entre des systèmes de stockage, des clusters et des centres de données différents.
  • Vérification lors d’importation de machines virtuelles : lors de l’importation d’une machine virtuelle, Hyper-V vérifie que le paramétrage de la machine virtuelle soit compatible avec l’hyperviseur de destination.
  • Migration dynamique : permet de déplacer une machine virtuelle sans l’arrêter d’un serveur vers un autre sans qu’il soit besoin d’utiliser un stockage sur un cluster.
  • Migration du stockage : permet de déplacer les volumes d’une machine virtuelle vers un autre serveur sans avoir besoin de l’arrêter.
  • Contrôle des ressources : vous pouvez mesurer exactement les ressources utilisées par une machine virtuelle et, au besoin, les limiter.
  • Support SR-IOV : permet de connecter une carte réseau supportant le mode SR-IOV directement à une machine virtuelle si celle-ci a de gros besoins de communication.
  • Stockage sur des partages de fichiers (uniquement en SMB 3.0) : permet de placer les volumes d’une machine virtuelle sur un serveur de fichiers compatible SMB 3.0 (Serveur 2012 ou NAS compatible) = SAN du pauvre !
  • Fiber Channel virtuel : si votre PC est relié à un SAN par une carte à fibres optiques, vous pouvez présenter des volumes de ce SAN à vos machines virtuelles.
  • Format de disque dur virtuel étendu : le format VHDX permet de créer des volumes virtuels jusqu’à 64 TB avec une protection intégrée contre les risques d’endommagement (panne de courant, etc.).
  • Switch réseau virtuel avec infrastructure ouverte : le switch réseau permet de placer des logiciels de gestion du réseau tiers (i.e. Cisco) dans le switch virtuel. Vous trouverez plus d’information sur Hyper-V sur le site.

SMB 3.0

Tout le monde connait, ou du moins utilise sans le connaître, le SMB de Windows. Pour la petite histoire, SMB (Server Message Block) est aussi connu sous le nom CIFS (Common Internet File System). SMB est tout simplement le protocole utilisé par Windows pour communiquer avec d’autres serveurs et périphériques. Win8 met en avant la version 3.0 de ce protocole (à ne pas confondre avec Samba 3.0 qui est un service permettant aux machines Linunix [2] de se connecter à un réseau Windows). Cette nouvelle version de SMB apporte de nombreuses améliorations :

  • Support du Scale-Out : le même dossier peut être partagé à partir de plusieurs noeuds dans un cluster à des fins de failover, de meilleure optimisation de la bande passante ou de montée en charge, d’équilibrage de charge ou de tolérance aux pannes.
  • Support multicanal : toutes les connexions réseau entre deux utilisateurs sont utilisées pour transmettre les données. Cela est valable non seulement pour les PC et serveurs avec plusieurs cartes réseau, mais également pour un portable qui a une connexion filaire et une connexion WiFi active.
  • Chiffrement complet : les données transmises sont chiffrées de bout en bout.
  • Support de VSS (Volume Shadow Service) : les partages SMB sont gérés par le VSS ce qui permet d’effectuer des snapshots et/ou des backups de volumes sur le réseau (même avec des fichiers ouverts).
  • Support des cartes réseau gérant le RDMA (Remote Direct Memory Access) : le RDMA permet de transfert de mémoire à mémoire d’une machine à l’autre en sollicitant beaucoup moins le CPU.
  • Directory Leasing : permet d’optimiser le transfert de fichier via un branch-cache (cache de fichiers d’un serveur sur un site distant).

Bien sûr, pour que ces améliorations soit valables il faut que les clients/serveurs soient en SMB 3.0. Le protocole reste néanmoins totalement compatible avec SMB 2.1 (Win7, Server 2008/R2), SMB 2.0 (Vista, Server 2008), SMB 1.1 (XP, Server 2000 et 2003). Si vous n’avez plus – ou ne voulez plus – de clients SMB 1.1, vous pouvez désactiver cette version du protocole par la commande PowerShell : SmbServerConfiguration-EnableSMB1Protocol $ false. Cela aura l’avantage de diminuer la surface d’attaque potentielle de votre serveur (SMB 1.1 était assez tolérant).
Concernant la connexion aux têtes NAS de EMC, ceux-ci ont annoncé tout prochainement (?) la disponibilité d’une mise à jour. Pour les NAS NetApp une bêta est déjà disponible, la version définitive devrait être livrée pour la fin de l’année. À noter, pour les utilisateurs de Linunix, que la version Samba 4.0 supportera le protocole SMB 3.0.

PowerShell 3.0

Cela fait maintenant plusieurs années que Microsoft nous propose et affine son PowerShell (le remplaçant de l’antique CMD). La mouture 3.0, disponible aussi en téléchargement pour les autres O.S., apporte son lot de nouveautés, ainsi que de nouveaux modules. Il faut savoir que TOUTE ACTION effectuée dans l’interface graphique peut être réalisée sous la forme de commandes PowerShell, ce qui permet de scripter et d’automatiser toute opération sur l’O.S., même très complexe. Vous trouverez des informations ici (en anglais seulement).

Windows To Go

Disponible uniquement dans la version Enterprise, Windows To Go (win2go en abrégé) permet de créer une installation de Windows complète qui démarrera sur une clé USB et permet d’utiliser SON environnement et SES logiciels sur n’importe quel Pécé (récent, quand même).
Tout d’abord, il vous faut une clé USB ou un HDD USB de 32 GB au moins pour que ce soit réellement utilisable, l’idéal étant que celui-ci soit certifié Windows To Go, mais, pour une fois, Windows est assez tolérant : il vous laissera créer un win2go sur n’importe quelle clé USB 3 (voire même USB2) en vous affichant un petit message disant que ce n’est pas bien. Ensuite il vous faut une distribution préparée avec les applications désirées au format .wim, ou, pour un système vierge, vous pouvez prendre dans la distribution de Win8, le fichier situé dans /sources/install.wim.
Ensuite lancez l’assistant win2go dans le Panneau de Configuration ==> Programmes ==> Windows To Go, spécifier le périphérique choisi (attention ! le contenu actuel sera complètement effacé) et le fichier .wim désiré. Le résultat sera un périphérique bootable que vous pouvez utiliser où bon vous semble...
Bon ! Il ne faut pas s’emballer, cela reste valable pour autant que vous utilisiez un PC récent, avec des composants assez standards... à vous de faire des tests en fonction de vos désiratas.

Fonctionnalités supplémentaires

Windows n’active pas, par défaut, toutes ses fonctionnalités. Comme nous l’avons vu plus haut avec Hyper-V, le gestionnaire Activer ou désactiver des fonctionnalités Windows réserve de bien agréables surprises. En voici la liste :


À vous de piocher en fonction de vos besoins ...

Anti-virus

Pour la première fois, Microsoft propose un anti-virus intégré. Celui-ci est activé par défaut et vous protègera... tant que nous n’avons pas une solution corporate à vous proposer, en principe McAfee ... Consultez régulièrement le site pour connaître la mise à disposition d’une solution antivirus centralisée et officielle pour l’EPFL.

Conclusion

Voilà, j’espère que ce petit tour d’horizon vous aura mis l’eau à la bouche et si vous désirez installer Windows 8 Enterprise, vous pouvez le commander sur Distrilog.

[1] (Unified Extensible Firmware Interface) : interface micrologicielle extensible unifiée, soit un logiciel intermédiaire entre le micrologiciel (firmware) et le système d’exploitation d’un ordinateur. (toré de Wikipédia)

[2] J’utilise le terme Linunix pour parler aussi bien de Linux que d’Unix ...



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