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La logithèque libre de l’étudiant et du chercheur


La plupart des domaines d’utilisation de l’informatique sont aujourd’hui couverts par des logiciels libres/open-source. Cet article, qui est une actualisation de ceux parus en 2010 et 2011, rappelle d’abord ce que sont les logiciels libres et leurs avantages. Il énumère ensuite les logiciels libres majeurs qui pourraient vous être utiles dans vos études ou votre recherche.



Almost all areas are now covered by free/open source software. This article, update of those published in 2010 and 2011, will first remind you what are free software and their benefits. We present then free software that could be particularly useful for your studies or your research.


Jean-Daniel BONJOUR


Qu’est-ce qu’un logiciel libre  ?

Par la licence [1] 1 à laquelle il est soumis, un logiciel libre confère à l’usager quatre libertés :

  • exécuter le logiciel (pour tous les usages),
  • étudier le fonctionnement du logiciel et l’adapter à ses besoins,
  • redistribuer le logiciel,
  • l’améliorer et faire bénéficier la communauté de ces améliorations.

L’accès au code source doit être garanti pour que l’on puisse étudier et modifier le logiciel, d’où le terme parfois utilisé de Free/Libre Open Source Software (FLOSS). On ne devrait pas parler de logiciel open source, car la seule disponibilité du code source ne suffit pas pour garantir l’ensemble des quatre libertés précitées. L’absence de restriction dans l’utilisation des logiciels libres entraîne aussi leur gratuité [2] . Les logiciels libres ne doivent cependant pas être confondus pour autant aux freewares (gratuiciels), ces derniers étant distribués sous forme binaire seulement (sans code source) et souvent assortis de licences restrictives.
Mais le monde du logiciel libre, c’est aussi une culture basée sur des valeurs telles que le partage, l’entre-aide, la coopération, la participation, la transparence... Tout un chacun est encouragé à contribuer de la manière qui lui convient et selon ses compétences, par exemple : promouvoir un logiciel libre, former des personnes à celui-ci, apporter du support (participation aux forums d’entre-aide...), soumettre des rapports de bugs, élaborer de la documentation ou des tutoriels, traduire le logiciel ou sa documentation, et bien entendu programmation... si l’on a les capacités. Les enjeux du logiciel libre dépassent donc les aspects purement informatiques ou financiers. Dans les communautés de développeurs libres, la concurrence est remplacée par l’ouverture, la collaboration et la mise en commun des forces et compétences en vue d’un objectif commun et au bénéfice des utilisateurs. Cette vision de l’organisation du travail et des modes de production s’écarte du modèle économique actuel dominant, et le mouvement du libre partage ainsi certaines valeurs du développement durable, que ce soit au niveau économique (émulation créative, réduction des coûts, stimulation du tissu économique local), social (développement communautaire, accès libre à l’information, entraide) et même environnemental (longévité accrue du matériel).

Quel intérêt y a-t-il à utiliser des logiciels libres  ?

Les fondements du mouvement du logiciel libre sont les mêmes que ceux qui sont à la base du développement scientifique, à savoir la mise en commun des idées et découvertes pour faire progresser la recherche et le savoir collectif. Dans les communautés du logiciel libre, l’étudiant ou le chercheur est reconnu comme un partenaire essentiel, invité à exprimer ses besoins, partager ses expériences, participer à l’amélioration des outils. Peut-on rêver plus beau modèle sur le plan éducatif  ? Parmi les avantages du logiciel libre, relevons encore ceux-ci :

  • les logiciels libres sont très riches, fonctionnels et souvent à la pointe [3] : fruit d’un travail financièrement désintéressé, ils sont avant tout conçus comme des outils destinés à offrir les services attendus par les usagers, donc en bonne adéquation avec leurs besoins [4]  ; dans bien des domaines les logiciels libres sont plus innovants que les logiciels commerciaux  [5]  !
  • ils sont caractérisés par leur grande qualité, robustesse et sécurité : le code étant ouvert, il est expertisé/validé par l’ensemble des développeurs, voire par tout utilisateur intéressé ; ceci favorise l’implémentation des meilleures pratiques, permet de débusquer rapidement les bugs ou failles de sécurité (la mise à disposition de correctifs est généralement très rapide), empêche l’implémentation de portes d’entrée indiscrètes (backdoors), protégeant ainsi la sphère privée de l’individu ;
  • ils sont très souvent multiplateformes : conçus dans un esprit d’ouverture, la majorité des logiciels libres sont disponibles sur tous les systèmes d’exploitation majeurs (GNU/Linux, Windows, MacOS X), laissant ainsi l’utilisateur libre du choix de sa plateforme de travail et facilitant la migration d’un système à un autre ;
  • leurs formats de données, protocoles et API [6]  sont ouverts et bien documentés, de même que les procédures d’installation et de configuration : c’est une conséquence logique de l’ouverture du code ; cela facilite l’intégration dans le système d’information de l’institution [7] , l’interopérabilité entre applications ainsi que les échanges entre utilisateurs ; la pérennité des données est en outre assurée (ce qui n’est de loin pas le cas des logiciels à formats propriétaires fermés).

Lorsque l’on s’oriente vers le logiciel libre, le seul écueil que l’on peut rencontrer est que l’on se marginalise par rapport au courant principal dominé par des solutions commerciales et souvent monopolistiques. Mais n’est-ce pas justement notre rôle, en milieu universitaire, que de faire preuve d’indépendance en explorant de nouvelles voies, en y œuvrant de façon créative et pour le bénéfice de la collectivité  ?
Dans la suite de cet article, nous souhaitons attirer votre attention sur les logiciels libres majeurs qui sont à nos yeux utiles pour vos études ou votre recherche... et vous aider ainsi à vous émanciper des solutions commerciales fermées [8]  pour gagner en liberté  !

Et si vous désirez approfondir le sujet, nous vous recommandons la page Web qui constitue un Annuaire des principaux logiciel libres bien plus détaillé que cet article  ! Si nous avons omis d’y citer des logiciels libres qui vous semblent essentiels, faites-nous en part, afin que tout le monde en bénéficie  ! Car l’esprit du libre, c’est aussi l’échange d’expériences  !

Sélection de logiciels libres utiles dans un contexte académique

Dans les tableaux qui suivent, nous utiliserons cette iconographie :






















Quelques références pour aller plus loin...

Divers annuaires de logiciels libres

Listes d’équivalences entre logiciels non libres et libres


Article du FI-EPFL 2012 sous licence CC BY-SA 3.0 / J.-D. Bonjour

[1] Il existe en fait de nombreuses licences de logiciels libres, l’une des plus utilisées étant la GPL (GNU General Public Licence). Elles protègent en général aussi le droit d’auteur et fixent un cadre aux développeurs (copyleft). Voir l’article de A. Possoz et F. Schütz Licences Libres en toute (ré)créativité->http://flashinformatique.epfl.ch/sp...].

[2] Gratuité d’utilisation ne veut pas cependant dire absence de coûts. Bien que la communauté internet soit très disponible et compétente en matière de support, il est possible, si on le souhaite, d’acheter du support auprès d’une société de service.

[3] Généralement développés par les experts du domaine couvert par le logiciel

[4] À contrario, les logiciels commerciaux sont essentiellement considérés par les sociétés qui les conçoivent comme des marchandises, développées dans un cercle fermé et une logique purement commerciale (souci du chiffre d’affaire, parts de marché...), et bien souvent sans souci de pérennité vis-à-vis des utilisateurs ...

[5] Souvenons-nous que toutes les technologies qui constituent le réseau Internet et ses services (Web, etc.) sont libres  !

[6] API (Application Programming Interface) : interface permettant d’interagir avec le logiciel par programmation

[7] L’absence de mécanismes de protection de licence et de piratage facilite en outre leur mise en oeuvre dans des environnements complexes, salles de PC...

[8] Logiciels que Richard Stallman (à l’origine du concept du logiciel libre dans les années 80 puis de la licence GPL) désigne sous le terme de logiciels privateurs, car ils privent leurs utilisateurs des libertés fondamentales précitées et les rend captifs d’un fournisseur (lock-in).



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