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La téléphonie VoIP privée en pratique


Cet article présente l’emploi concret de VoIP pour téléphoner au moyen d’une application logicielle, soit la softphonie et combiner la téléphonie analogique traditionnelle sur ligne fixe et celle, numérique, par Internet.



This paper presents the practical usage of VoIP to call users through a software application, i.e. a softphone and combine regular, analogical telephony on a fixed line and the digital one, over the Internet.


Jacques MENU


Le problème

L’article Télérama de François Roulet dans le FI5/10 (flashinformatique.epfl.ch/spip.php ?article2071) présente le cadre général de VoIP (Voice Over IP) et son expérience dans ce domaine. Ce sujet est de plus en plus d’actualité puisque les centraux téléphoniques classiques sont progressivement remplacés par des modèles offrant VoIP. Ce sera d’ailleurs le cas de l’EPFL dans le futur.
Quand j’ai voulu faire le passage à VoIP moi-même, je me suis inspiré de l’article de François, ce dont je le remercie ainsi que d’avoir relu cet article. J’ai rencontré quelques difficultés pratiques : en particulier, les différents codes à saisir n’étaient pas toujours clairs pour moi, ni le format à utiliser pour les numéros de téléphone. Le but du présent article est d’éviter ces tâtonnements à d’autres personnes, en montrant les réglages importants pour que ça fonctionne. L’obtention d’un numéro VoIP géolocalisé comme 021... n’est pas abordé dans cet article. Comme moi, vous ne connaissez rien à la téléphonie ? Suivez le guide !

Pour des raisons de confidentialité, tous les numéros pouvant permettre d’atteindre un correspondant qui figurent dans cet article ont été imaginés : n’essayez pas de les utiliser...

Choix d’un fournisseur d’accès

Comme François, j’ai misé sur la nébuleuse Finarea, qui regroupe un certain nombre de portails offrant le service VoIP, à des conditions variées, listées sur cette page. J’ai choisi Rynga, dont les conditions me conviennent : appels gratuits sur les numéros fixes dans nombre de pays dont la Suisse, et appels sur des numéros de portables à un prix assez bas. Par exemple, les SMS pour la suisse sont facturés 3.2 centimes d’€. Les tarifs détaillés figurent sur cette page. La condition chez Rynga est de prépayer 10€, les appels payants étant débités sur ce montant ; cela donne droit à quatre mois d’appels gratuits pour les destinations qui s’y prêtent, avec une limite à cinq heures de communication sur sept jours consécutifs. À noter qu’un second appel simultané est lui toujours facturé. Une fois ces quatre mois écoulés, les appels sur les lignes fixes sont débités également. On peut recharger son compte VoIP en tout temps par un versement de 10€ qui nous redonne droit à une période de quatre mois, ...

Noms, numéros et codes

C’est la difficulté que j’ai eue pour passer à VoIP, et qui justifie l’écriture du présent article. Il y a dans ce contexte :

  • le Rynga Name, nom de l’utilisateur sur le site de cette société, et aussi son identité lorsqu’il fait des appels ou envoie des SMS ;
  • le mot de passe du compte VoIP Rynga, demandé lorsqu’on s’y connecte pour le gérer. Pour les besoins de cet article, le compte est appelé basbois, et le connection name est donc basbois@rynga ;
  • le caller ID, soit un numéro international +41217896543 qui indique au correspondant qui est son interlocuteur si son équipement le permet ;
  • le système PIN du boîtier Siemens, si on en a un, utilisé lorsqu’on s’y connecte pour le paramétrer. C’est un code de quatre chiffres décimaux, 0000 initialement.

Création d’un compte VoIP auprès de Rynga

Elle se fait par cette page.html. On doit indiquer les numéros de téléphone qui seront utilisés comme étant l’appelant, avec le préfixe international, par exemple +41216934587. On a droit à cinq numéros au maximum.
Lors de leur enregistrement depuis la page de profil de l’utilisateur (Personal détails), Rynga appelle le numéro indiqué pour vérifier qu’il est utilisable. Lors de cet appel, on reçoit un code à quatre chiffres *à usage unique*, à saisir dans le dialogue d’enregistrement du numéro. On voit dans la page de profil également un numéro d’appel local dans le pays de résidence choisi, comme 031xxxyyzz pour la Suisse, qu’on obtient en choisissant la ville la plus proche dans une liste.
Pour appeler un numéro international depuis n’importe quel type de téléphone, on compose ce numéro local puis le numéro international désiré. Ce faisant, on paie la communication au tarif local jusqu’à ce numéro dans le pays, puis l’accès international se fait en VoIP aux conditions décrites plus haut. Une fois le compte VoIP créé et crédité, on peut faire des appels, depuis au choix :

  • un logiciel dit softphone, qui tourne sur un ordinateur, un téléphone mobile ou une tablette, et qui permet de faire des appels VoIP ;
  • un boîtier de téléphonie hybride analogique/numérique, en dur, comme en propose par exemple Siemens.

Gestion courante du compte VoIP

Elle se fait par cette page qui, en plus de donner l’accès au profil de l’utilisateur, montre :

  • les dates et montants des versements réalisés ;
  • les appels récents avec date et heure, numéro appelé, durée et coût, ou FREE pour les appels gratuits ;
  • le moyen de créditer son compte VoIP ;
  • le moyen de télécharger le logiciel softphone MobileVOIP pour iPhone/iPod/iPad, Android, Nokia/Symbian et Windows Phone.

On voit ci-contre la colonne de gauche de cette page de gestion.

Où l’on se lance dans la softphonie

Comme softphone, j’ai installé X-Lite 4 et MobileVOIP, fournis par Rynga, sur Mac OS X et iPhone/iPod/iPad respectivement. Il en existe bien sûr quantité d’autres, mais qui ne sont pas spécifiques aux portails de Finarea.


On voit l’apparence de l’application X-Lite 4 ci-contre. Petit détail : si on supprime un contact qui est dans plusieurs catégories à la fois, comme Christian dans cette figure, il disparaît intégralement. Pour le supprimer dans une seule catégorie, il faut la simplement la décocher dans la définition du contact.

Le compte VoIP Rynga est enregistré dans les préférences de l’application, comme l’illustrent les deux figures ci-après.




Emploi de la base hybride analogique/numérique Gigaset

Suivant les traces de François, j’ai opté pour un boîtier Siemens, appelé base par ce constructeur. Ce modèle Gigaset C610A IP vient avec un combiné noir et son support pour le recharger, mais ce support ne joue pas d’autre rôle. Le A indique qu’un répondeur est intégré à la base (il y en a trois en fait, un par paire de combinés, voir l’article de François). J’ai aussi un second combiné avec son support, blanc pour pouvoir les distinguer. Ci-dessous, une vue d’ensemble de l’installation, dans laquelle :

  • la base avec ses deux connexions RJ 11 (téléphonie) et RJ 45 (réseau informatique) est au centre, ;
  • un combiné est montré en bas à droite sur son support ;
  • le boîtier en haut à gauche fournit l’accès à Internet, par exemple sous la forme d’un routeur, modem réseau ou ADSL ;
  • l’ordinateur en haut à droite n’est utile que pour accéder au paramétrage de la base, il n’intervient pas dans les communications téléphoniques.


La base est préconfigurée pour obtenir une adresse IP d’un serveur DHCP, comme souvent pour ce genre d’équipement. À la maison, cela se passe donc très bien avec les équipements réseau actuels. Cet équipement héberge un site Web de gestion et de paramétrage, qui s’annonce sur le réseau. Il suffit, pour y accéder, de choisir l’URL www.gigaset-config.com/myDevice/ dans son butineur préféré : cela recherche une base sur le réseau local, qui s’affiche alors avec son adresse IP, comme 10.0.1.42 ici.


Dans le site intégré à la base, on a accès aux différents paramètres de sa configuration. Dans Settings :

  • sous l’onglet NetWork, IP Configuration, le réglage de la configuration réseau IP (DHCP par défaut) et en cliquant sur Show Advanced Settings, le nom de la base. On peut si nécessaire mettre en place une adresse IP fixe si DHCP ne fait pas l’affaire dans le cas concret.

Dans Telephony, on peut spécifier :

  • sous l’onglet Connections, l’enregistrement d’au maximum six combinés en plus de la ligne fixe analogique et leur activation/désactivation. C’est ainsi que les combinés sont raccordés à la base : leur support ne joue aucun rôle, il ne sert qu’à charger les batteries. Voir les réglages pour le combiné 1 dans l’écran ci-contre. Le bouton Start Configuration Assistant n’est pas utilisable pour Rynga, qui n’est pas connu pour cette fonctionnalité : il a donc fallu fournir à la main les valeurs indiquées sur ce portail ;


  • sous Number Assignment, les réglages des combinés enregistrés pour les appels entrants et sortants. Dans la figure ci-contre, tous deux acceptent les appels entrants sur la ligne fixe, mais tous les appels sortants vont sur Internet, en utilisant le compte basbois@rynga. De plus, si l’accès à Internet n’est pas possible, les appels sortants passent automatiquement par la ligne fixe (Automatic Fallback to Fixed Line) ;


  • sous Dialing Plans, l’emploi de la ligne fixe ou d’Internet pour certaines gammes de numéros. Ainsi, on peut forcer l’accès à des numéros payants comme 0800... par la ligne fixe, certains n’acceptant pas de connexion VoIP ;
  • sous Advanced VoIP settings, on peut choisir des réglages plus fins, que j’ai laissés inchangés.

Dans Directories :

  • sous Online Directory, on définit si l’on veut que les numéros entrants soient recherchés dans un annuaire sur Internet pour afficher l’identité de l’appelant ; c’est tel.search.ch qui est proposé pour la Suisse ;
  • sous Directory Transfer, on peut importer/exporter le contenu du répertoire de numéros pour chaque combiné individuellement. L’exportation se fait par Save, ce qui crée un fichier teledir.vcf qu’on peut renommer à volonté. Après modification du fichier texte sur un ordinateur, il suffit d’effacer le répertoire dans le combiné par Delete puis de le télécharger par Transfer.

Dans Management :

  • sous Save & Restore, le plus important peut-être est qu’on peut sauvegarder les réglages complets de la base sur un fichier d’un ordinateur, et les recharger à volonté ;
  • enfin, sous Firmware Update, on peut aller chercher la version la plus récente du logiciel interne de la base chez Siemens sur Internet. Il est conseillé de le faire lors de l’installation du matériel, qui peut avoir été stocké un certain temps avant qu’on le reçoive, et c’est un bon test de la connexion de la base au réseau.

Dans l’onglet Status de la page principale du site intégré à la base, on voit l’état de cette dernière, illustré ci-après, et celui des connexions par la ligne fixe et les deux accès par VoIP configurés, illustré ensuite.



Les autres réglages de la base sont décrits dans la documentation. On peut les laisser tels qu’ils ont été mis en place par le fabricant. Un côté intéressant de la préparation du répertoire des combinés sur un ordinateur est qu’on peut facilement le rendre identique sur tous les combinés en employant le même fichier. Voici un exemple de contenu de ce fichier.

BEGIN:VCARD
VERSION:2.1
N : Yellow Pages ;
TEL ;HOME:2#91
END:VCARD
BEGIN:VCARD
VERSION:2.1
N : [tel.search.ch] ;
TEL ;HOME:1#91
END:VCARD
BEGIN:VCARD
VERSION:2.1
N:Reamey ;Ami
TEL ;HOME:0294631292
TEL ;CELL:0899875321
END:VCARD

Si on est équipé de plusieurs postes reliés à la même base, on peut transférer une communication en cours sur un autre poste.
Le petit plus, c’est de pouvoir appeler gratuitement tout client du même fournisseur, avec un identifiant comme 222430994014#9@sip.gigaset.net.

Quels avantages ?

Avec la base Siemens illustrée ici, on peut avoir deux appels en cours, entrants comme sortants, ce qui est très pratique  !
Plus généralement, VoIP offre essentiellement :

  • des communications bon marché, accessibles depuis divers endroits et avec divers outils : combiné ou softphone, sur différents matériels pour ce dernier ;
  • un accès permanent à l’état de son compte, en particulier le nombre de jours de gratuité restant et la listes des appels effectués, par Internet comme depuis les softphones ;
  • la possibilité d’appeler tout numéro de téléphone, sans qu’il doive être accessible par VoIP lui-même ;
  • la possibilité d’envoyer des SMS ;
  • la facilité pour planifier les coûts des appels.

Pour certains services ou achats sur Internet, on vous demande un numéro de téléphone dans le pays du prestataire de service : il suffit d’avoir un numéro VoIP dans ce pays, et le tour est joué. En prime, si vous avez un accès Wi-Fi mais pas de communication GPRS possible, parce que vous êtes dans une zone non desservie ou parce que ce serait trop cher, vous pouvez toujours communiquer par VoIP. C’est le cas par exemple en vacances ou en déplacement à l’étranger, il n’y a plus de notion de territoire.

Un monde parfait ?

VoIP a de très bons côtés, mais il faut être bien conscient que :

  • la disponibilité d’un accès Internet n’est pas comparable à celle du réseau téléphonique fixe, alimenté électriquement par les centraux et très fiable ;
  • au moment où j’écris cet article, le mot de passe de mon compte est stocké en clair par Rynga, une faiblesse.

Quelle est la qualité du son ? Cela dépend des codecs utilisés pour compresser puis décompresser les paquets contenant le son qui circulent sur Internet. Il y a donc parfois un son moins bon qu’en analogique.
Un autre phénomène, déroutant la première fois, est qu’il peut arriver que les paquets provenant du correspondant soient retardés puis arrivent en avalanche : rien ne s’est perdu, mais il faut tout de même demander de répéter.
La documentation de la base Siemens utilisée ici est bien faite et disponible en plusieurs langues, y compris en format PDF. Une volée de bois vert toutefois à l’interface utilisateur sur un point : pour changer la langue des répondeurs téléphoniques intégrés, il faut fouiller la documentation pour trouver l’horreur suivante en page 117,

alors qu’il serait si facile de proposer ça dans le site Web de gestion intégré... Décidément, personne n’est parfait, même dans le monde d’Internet !



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