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L’aventure niceberg




Pierre CREVOISIER


Un environnement de travail ? Un outil de content management ? Le projet niceberg, c’est cela et autre chose : un concept visant à dépasser l’étroite notion de site Web (comme on pense aujourd’hui à une publication, comme le journal que vous tenez entre les mains) en imaginant, au-delà, des objets d’information (des textes, des notes, des idées, des http://www.epfl.ch/images/, etc.) qui, associés les uns avec les autres, permettent de créer des contenus évolutifs, mouvants, dynamiques.

Avant d’aborder les nuages, quelques éléments factuels : niceberg est un logiciel libre développé en php (avec une base mysql). Il permet de créer un environnement multi-utilisateurs autour de conteneurs. Pour simplifier, un conteneur est un site Web, mais la gestion des droits d’accès - tant du conteneur lui-même que des objets qu’il contient - lui donne d’autres dimensions : un site niceberg peut être protéiforme, de la vitrine pure et simple dans son accès public à un véritable environnement collaboratif.

Comme outil de CMS (Content Management System), niceberg donne la possibilité, sans connaissance technique (ou presque !), de gérer et organiser un espace Web.

Pourquoi un tel développement ?

D’aucuns s’interrogeront - avec raison sans doute - quant à la nécessité d’un développement de ce type sur un terrain aussi mouvant et déjà très occupé. Aujourd’hui, pratiquement tous les FAI proposent une solution de publication Web assistée et, si l’on s’en tient au domaine du logiciel libre, plusieurs dizaines de packages tentent de se profiler1. Passez sur sourceforge.org, glissez les deux mots magiques content management dans la recherche et vous n’aurez que l’embarras du choix.

Ainsi, pourquoi avoir pris le risque d’une telle aventure ? Il n’y a pas de réponse définitive à cette question. L’idée de développer niceberg à partir d’une page blanche tient autant aux circonstances qui ont accompagnées le démarrage du projet, en février dernier2, qu’à ses bases conceptuelles.

Des environnements comme phpNuke ou Slashdot, aussi intéressants soient-ils, sont très orientés communautés d’intérêts (partage de ressources, forums, etc.) gravitant autour d’un noyau dur d’administrateurs de contenus.

Mais je mentionnerais ici trois points-clés qui tendent à démarquer l’outil de ses concurrents. En premier lieu, le caractère protéiforme évoqué tout-à-l’heure : vous débarquez sur un site comme devant la façade d’une maison et, une fois la porte d’entrée franchie, vous accédez à des zones particulières, privées ou partagées. Autrement dit, sur une même interface, dévoiler des couches fonctionnelles différentes. Cette propriété a déjà donné lieu à de vifs débats au sein même du projet e-pfl, certains craignant une confusion des genres, un manque de clarté entre les contenus ou les services privés-publics.

figure 2 - l’interface d’admistration actuelle de l’outil

les associations d’objets

L’élément de base de niceberg est le conteneur, un ensemble virtuel à l’intérieur duquel l’utilisateur peut générer ou référencer des objets : un texte écrit, une image téléchargée sur le serveur, un pointeur sur un fichier vidéo que l’on souhaite intégrer à une page. Chaque action de ce type constitue une association d’objets. A l’origine, l’idée était de permettre toutes les formes d’associations ou de proximités logiques (une personne et sa biographie ; une séance, les participants au débat et les documents utiles ; mais aussi un texte et son illustration). A l’usage, il a fallu restreindre le champ des possibles et, surtout, mieux définir les propriétés de certaines formes d’associations. Cette réflexion n’est pas encore entièrement aboutie.

Troisième point : l’intégration souple de l’existant. L’outil fourni un cadre, une cohérence dans la manière de structurer et d’agencer l’information, mais il permet d’insérer diverses sources, du simple document html à l’application Web complexe. Cette contrainte existait dès le départ et, dans le contexte de l’EPFL, elle me semblait une donnée particulièrement importante. La puissance de l’idée se révèle lorsqu’il s’agit de générer une maquette. Un contenu déjà structuré permet, en quelques heures, de fabriquer un espace Web3.

L’évidence des limites

Neuf mois de développement - en interaction étroite avec des utilisateurs témoins qui ont essuyé les plâtres [que tous les chasseurs de bugs soient ici remerciés de leur patience] - ont démontré en même temps le potentiel du concept et les limites de sa réalisation actuelle. Avec des technologies relativement simples (et accessibles à tous puisque php et mysql sont des logiciels libres), il est possible de réaliser un projet d’une certaine envergure.

A l’heure actuelle, 1’100 nouveaux étudiants peuvent expérimenter une première ébauche du bureau virtuel piloté via niceberg. Il s’agit d’une expérience et il est important de la considérer comme telle (au-delà, nous souhaitons offrir ce genre de service à l’ensemble de la communauté de l’école d’ici 2003). Au chapitre du potentiel encore, signalons qu’il a été possible d’effectuer la migration d’une quarantaine de sites dans la nouvelle charte graphique en une journée environ.

Quant aux limites, elles tiennent d’abord à mes propres (in)compétences. Je ne suis pas informaticien et certains choix de départ doivent être corrigés. Citons par exemple :

  • proposer une approche moins stricte de l’intégration des textes et de leur mise en page (sans réinventer Dreamweawer !) ;
  • dans l’interface, clarifier des opérations aussi différentes que l’édition, l’organisation et la publication des contenus ;
  • proposer l’intégration de nouveaux outils par le biais d’une bibliothèque de modules ;
  • etc.

Je me permets donc de lancer un appel : si vous avez des idées, l’aventure niceberg existe pour être partagée.


notes

  1. Parmi les plus utilisés : http://www.phpnuke.org/, http://phpwebsite.appstate.edu/ et Mambo http://www.miro.com.au/
  2. Pour la petite histoire, niceberg a d’abord été conçu pour la Radio Suisse Romande. Lancé début février, le premier prototype a
  3. Je travaille actuellement à l’élaboration d’une API permettant d’intégrer des modules personnalisés. vu le jour en un mois et fut mis en ligne le 4 mars 2001.


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