FLASH INFORMATIQUE FI



Dans les coulisses de plan.epfl.ch, version 3D


L’application Web plan.epfl.ch vient d’être relookée avec une magnifique vue tridimensionnelle des bâtiments de l’EPFL. Voici un rapide survol de certains problèmes qui guettent les bâtisseurs virtuels.



Behind the scenes of plan.epfl.ch, 3D version : the Web application plan.epfl.ch has been redesigned with a magnificent three-dimensional view of EPFL’s buildings. Here’s a quick overview of some problems that may threaten the virtual builders.l


Pierre MELLIER

Florent DESENEUX


Dès la fin de 2008, l’idée d’offrir à nos visiteurs une vue 3D des bâtiments de l’EPFL a commencé à faire son chemin. Mais était-ce réalisable techniquement ? À quel coût ? Dans quels délais ?
Nous savions que deux ans auparavant, Google avait mis en service, dans son application Google Earth, une vue 3D pour les bâtiments et que certaines villes américaines y avaient été entièrement modélisées. Puis Google avait dans la foulée proposé les outils grand public comme SketchUp et Google 3D Warehouse qui permettaient de construire et télécharger sur Internet des bâtiments entiers. D’un autre côté, l’EPFL disposait sur AutoCad des plans vectorisés de ses bâtiments. Ajoutez à cela une campagne de photos du campus prises par hélicoptère, et le tout semblait parfaitement réalisable.
Seulement voilà ...
Le laser (pour les spécialistes, il s’agit en fait d’un LIDAR) qui devait mesurer, et construire très précisément, le modèle numérique de terrain depuis l’hélicoptère était mal étalonné et il fallut faire intervenir le centre de recherche de l’IGN (Institut Géographique National) pour programmer des routines spécifiques afin de corriger ces erreurs. De plus, dans la chaîne de calcul, entre AutoCad et SketchUp, une information se perdait (mais où ?), rendant parfaitement aléatoire le sens du placage des photos sur certaines faces des bâtiments. Le modèle du terrain de l’EPFL stocké par Google date déjà de quelques années, et des bâtiments (comme le Rolex Learning Center) une fois importés dans Google Earth étaient tantôt suspendus dans le vide, tantôt partiellement enfouis dans le sol. Le temps de latence pour télécharger les fichiers chez Google est énorme. Google autorise des traitements par lot des bâtiments à partir de 200 pièces, il a donc fallu télécharger les quelques dizaines de bâtiments de l’EPFL un par un, puis attendre chaque fois près de 3 semaines afin que ces bâtiments soient enfin traités par Google, et les délais pour le modèle de terrain sont encore plus longs (3 à 6 mois).
Pour mieux afficher les détails de certaines façades cachées à l’hélicoptère, une tentative de prise de vues par drone se solda par un positionnement trop imprécis des photos, qui ne pouvaient pas être correctement plaquées aux bâtiments.
Les rondeurs du Rolex Learning Center donnèrent une violente crise d’urticaire à Google 3D Warehouse qui n’avait jamais vu, loin de là, pareille chose, il fallut simplifier, simplifier et encore simplifier.
Bref, le petit projet considéré à l’origine comme facilement réalisable par les experts consultés nous expédia sur les sentiers escarpés d’un col himalayen. C’est finalement, grâce à une société française qui a récemment intégré sur Google Earth plusieurs villes françaises en 3D , dont Lyon, que nous avons vraiment pu progresser et résoudre les principaux problèmes afin de déposer sur Google Earth, courant avril 2011, les modèles 3D des bâtiments de l’EPFL sous une forme enfin présentable.
Le résultat peut désormais être également vu sur l’application plan.epfl.ch, qui a subi pour l’occasion, une sérieuse mise à jour. Une vision 3D et un accès à StreetView (de Google) ont été intégrés de manière astucieuse à la version 2D existante grâce à un outil de guidage qui permet de viser très facilement une façade de bâtiment sur le plan 2D et de voir le résultat instantanément sur la version en 3D.
Le travail n’est pas pour autant terminé. Après cette première étape, nous devrons maintenant comprendre comment mettre en place une stratégie de mise à jour de la 3D qui va de pair avec la construction ou le renouvellement des bâtiments à l’EPFL. Le placage des photos sur les faces des bâtiments reste également un problème ouvert, à tel point que l’on peut se demander s’il ne faudrait pas la peine de modéliser les bâtiments directement en image de synthèse ?
Aujourd’hui, les bâtiments de l’EPFL sont les seuls dans les environs à être modélisés en 3D sur Google Earth. L’ajout des communes avoisinantes permettrait d’étoffer et d’améliorer cette réalité virtuelle !



Cherchez ...

- dans tous les Flash informatique
(entre 1986 et 2001: seulement sur les titres et auteurs)
- par mot-clé

Avertissement

Cette page est un article d'une publication de l'EPFL.
Le contenu et certains liens ne sont peut-être plus d'actualité.

Responsabilité

Les articles n'engagent que leurs auteurs, sauf ceux qui concernent de façon évidente des prestations officielles (sous la responsabilité du DIT ou d'autres entités). Toute reproduction, même partielle, n'est autorisée qu'avec l'accord de la rédaction et des auteurs.


Archives sur clé USB

Le Flash informatique ne paraîtra plus. Le dernier numéro est daté de décembre 2013.

Taguage des articles

Depuis 2010, pour aider le lecteur, les articles sont taggués:
  •   tout public
    que vous soyiez utilisateur occasionnel du PC familial, ou bien simplement propriétaire d'un iPhone, lisez l'article marqué tout public, vous y apprendrez plein de choses qui vous permettront de mieux appréhender ces technologies qui envahissent votre quotidien
  •   public averti
    l'article parle de concepts techniques, mais à la portée de toute personne intéressée par les dessous des nouvelles technologies
  •   expert
    le sujet abordé n'intéresse que peu de lecteurs, mais ceux-là seront ravis d'approfondir un thème, d'en savoir plus sur un nouveau langage.