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Cloud : évolution ou révolution ?


Cloud, Cloud Computing ou informatique dans le(s) nuage(s)  ! Est-ce un nouveau modèle qui va révolutionner l’informatique ou une évolution mineure des technologies existantes  ?



Cloud or Cloud Computing ! Is this a new paradigm that will revolutionize the IT World or a minor evolution of existing technologies ?


Fabien FIGUERAS


Dans cet article nous aborderons l’origine de ce paradigme, puis les différents modèles et types de Cloud. Ensuite nous aborderons les limites du modèle.
Depuis quelques années nous avons constaté que les machines généralistes qui remplissent les centres de calcul sont majoritairement sous-utilisées avec comme conséquence une large consommation d’énergie électrique inutile.
Beaucoup de projets ont besoin de puissance de traitement seulement pendant une période de courte durée, par exemple pendant les phases de tests lors de changement d’infrastructure, lors du changement de version de logiciel ou lors de périodes de forte activité.
La réponse à ces problèmes a déjà été donnée il y a quelques années avec la virtualisation des machines et le partage des ressources  ! Fouillez la littérature et vous vous apercevrez vite que la virtualisation est la brique de base logicielle du Cloud, donc me direz vous : rien de neuf  ?
On pourrait s’en tenir effectivement à ce constat et terminer l’article, mais essayons d’aller un peu plus loin. Les utilisateurs de l’informatique ne sont pas seulement les administrateurs de machines, mais aussi des développeurs et surtout des utilisateurs finaux (vous, moi,…) il y a donc un classement des modèles de Cloud selon le public cible.

  • SaaS (Software as a Service) : offre l’accès à des services logiciels via une interface Web, telle de la messagerie, du traitement de texte… destiné à tous.
  • PaaS (Platform as a Service) : offre la possibilité de déployer des applications sur des machines virtuelles. Ces machines pourront faire partie d’un SaaS  ! Les déploiements se font avec un environnement de programmation spécifique. Ce modèle est destiné aux développeurs (par exemple : Salesforce, openERP).
  • IaaS (Infrastructure as a Service) : offre la possibilité de déployer des machines virtuelles qui, bien sûr, pourront être utilisées par du PaaS pour faire du SaaS.

Donc sans machine virtuelle point de Cloud  !

Public ou privé ?

  • Le Cloud privé n’est utilisable que par une seule organisation (comme myvm !).
  • Le Cloud public est mutualisé et donc utilisable par des membres de plusieurs organisations.
  • On peut aussi avoir des Cloud hybrides composés de parties privées et publiques.

Voilà, le ciel s’est éclairci, il suffit maintenant de trouver qui va pouvoir vous procurer la bonne solution, c’est-à-dire celle qui satisfera vos besoins. Et c’est là que cela se complique  ! En effet actuellement il n’y a pas de standardisation du Cloud, c’est la guerre entre les grandes sociétés qui cherchent à imposer chacune, leurs solutions.
Parmi les critères de choix, il faut s’assurer que pour le modèle utilisé les données pourront être récupérées au cas où l’on souhaite changer de fournisseur ou revenir sur un modèle interne  !

  • Pour le modèle IaaS, les données sont des machines virtuelles, il faut donc qu’elles soient exportables dans un format ouvert et libre, par exemple OVF pour être indépendant de l’ hyperviseur.
  • Pour PaaS, les développeurs utilisent des API qui pour l’instant sont dépendantes du fournisseur et donc il faut redévelopper tout ou partie du code pour changer de fournisseur  !
  • Pour SaaS, il faut s’assurer que les données (messages, rendez-vous, fichiers) puissent être récupérées massivement dans un format standard.

Les modèles financiers sont très complexes, et si pour une machine de base les tarifs semblent raisonnables, une fois rajoutées toutes les options (qu’il est parfois difficile de chiffrer à l’avance comme les volumes de données qui transitent par le réseau ou les accès disque), la note devient beaucoup plus lourde.
En parallèle des solutions propriétaires (Amazon, Microsoft, Google,…), des projets Open Source sont lancés comme par exemple la Free Cloud Alliance dont les différents membres proposent des solutions qui traitent les trois modèles. Dans un prochain article, je vous présenterai une analyse comparative de ces outils.
Pour conclure, on peut dire que le Cloud n’est pas une révolution, mais ce n’est pas non plus une mode passagère. C’est une évolution logique qui ajoute de la valeur aux technologies de virtualisation.
Le Cloud peut aider des PME qui n’ont pas de centre informatique à démarrer. Il peut aussi aider de grosses organisations à gommer des pics de charge liés à des activités saisonnières (rentrée scolaire, examens,…).
Avant de se lancer, il faut étudier en détail les offres des fournisseurs et surtout se méfier des sirènes de l’externalisation  !



Glossaire

API (Application Programming Interface) :
une API est un ensemble de fonctions, procédures ou classes mises à disposition par une bibliothèque logicielle, un système d’exploitation ou un service. La connaissance des API est indispensable à l’interopérabilité entre les composants logiciels. W
Cloud :
concept qui consiste à déporter sur des serveurs distants des traitements informatiques traditionnellement localisés sur des serveurs locaux ou sur le poste client de l’utilisateur. W (lire aussi Wikipédia en langue anglaise)..
hyperviseur :
en informatique, un hyperviseur est une plate-forme de virtualisation qui permet à plusieurs systèmes d’exploitation de travailler sur une machine physique en même temps. W
myvm :
Cloud IaaS privé de l’EPFL en production depuis 2007, les responsables informatique peuvent demander des machines virtuelles selon des modèles standards ou personnalisés avec ou sans système d’exploitation, elles sont mises à disposition après accord du responsable IT de la Faculté. myvm.epfl.ch.
OVF (Open Virtualization Format) :
VMware et d’autres éditeurs de solutions de virtualisation ont créé ce format, indépendant de la plate-forme qui permet de déplacer relativement facilement une machine virtuelle d’un environnement à un autre.


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