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Débuter avec GIMP


Avec quoi manipuler mes photos ? En partant des tâches les plus simples aux plus avancées, GIMP est le logiciel libre de retouche d’image le plus complet et réputé.



How to manipulate pictures ? From basic tasks to advanced editing techniques, GIMP is an inescapable tool.


Samuel BANCAL


Fiche descriptive

Introduction

Initié il y a plus de 15 ans, GIMP est aujourd’hui incontournable dans le monde du traitement de photo. Il est consacré au travail d’images au sens bitmap du terme (qui décrit l’image pixel par pixel) par opposition au dessin vectoriel (qui décrit l’image comme un ensemble d’objets avec des attributs comme leur position, leur forme, etc. ).
Cet article se propose de passer en revue les opérations classiques du traitement d’image avec GIMP, sachant que certaines de ces manipulations de base peuvent aussi être réalisées avec des outils de type photothèque (comme digiKam, F-Spot, Shotwell pour des logiciels libres ou Picasa, iPhoto, XnViewMP en non-libre).
Avertissement : par mesure de précaution, il est toujours utile de faire une copie des fichiers sur lesquels on travaille avant de les modifier. Une fois les changements enregistrés, il peut être impossible de revenir en arrière !

Installation

Pour Windows et Mac OSX, les installeurs sont accessibles directement depuis la page de téléchargement de GIMP. Il existe également une version portable de GIMP pour Windows. Pour Linux, le plus simple est de bénéficier du paquet GIMP préparé par la distribution utilisée. Soit depuis la logithèque, soit à l’aide d’une unique instruction :

  • Debian / Ubuntu : apt-get install gimp
  • Red Hat / fedora : yum install gimp

Configuration

Aucune configuration n’est nécessaire, GIMP est utilisable immédiatement après son installation. Néanmoins, une configuration peut être faite à partir de Édition -> Préférences.

Utilisation

S’approprier l’interface utilisateur

L’interface utilisateur (fig. 1) est divisée en 3 fenêtres dont en voici les composants :

  1. La boîte à outils (ici : l’outil de sélection rectangulaire)
  2. Les options de l’outil couramment sélectionné (dans cet exemple : contraindre la sélection à un ratio 16:9)
  3. La fenêtre d’image (y. c. les menus et le zoom)
  4. La gestion des calques / canaux / chemins / historique d’annulation (par onglets)
  5. La gestion des brosses / motifs / dégradés (par onglets).


Faire une capture d’écran

En choisissant Fichier -> Créer -> Capture d’écran nous obtenons les choix suivants :

Le délai paramétrable laisse le temps à l’utilisateur de préparer l’arrangement de l’écran avant de faire la capture. À noter : les trois options qui couvrent les grandes catégories de capture possibles.

Bien visualiser l’image

Il existe plusieurs façons de se déplacer et de zoomer dans une image :

  • Le zoom peut être fait avec le sélecteur de zoom au bas de la fenêtre, avec l’outil de zoom ou encore avec un ctrl-roulette de souris.
  • Le déplacement peut être fait avec les ascenseurs à droite et en bas de l’image, avec un clic milieu de la souris ou encore avec la barre d’espace.
  • Dans le cas où l’on souhaite bénéficier de toute la surface de l’écran pour l’image sans les fenêtres de boîte à outils et de calques, une pression sur la touche tabulation et celles-ci disparaissent ou réapparaissent.

Découvrir les calques

Pour éditer une image à partir de plusieurs éléments (photos, textes, figures, ajouts de composition, ombres portées ...), il est indispensable d’utiliser les calques. Ceux-ci sont vus comme des transparents, qui une fois superposés, composent l’image finale.
Pour plus d’information, se référer au glossaire en ligne de GIMP.

Enregistrer un fichier (format et compression)

Lorsque l’on demande l’enregistrement de notre travail sous GIMP, celui-ci va le faire dans le format demandé. Par défaut, c’est l’extension du fichier qui détermine le choix du format, mais il peut aussi être sélectionné dans une liste. Voici les formats courants, leur utilisation et leurs principaux paramètres :

xcf : Format natif de GIMP. C’est le seul format qui conserve toute l’information sur le travail en cours (Calques, Sélections, Chemins ...) -> Aucune option nécessaire.
jpg : Format standard d’échange de photo (utilisant une compression avec perte) -> Choix du niveau de qualité.
png : Format ouvert à compression sans perte. Il a été écrit dans l’optique de remplacer le format gif (qui est moins efficace et était à l’époque soumis à des brevets). Il intègre la transparence, mais ne gère pas l’animation d’images. Plusieurs formats dérivés du png sont nés pour palier à ce manque (apng et mng), mais aucun d’eux n’a percé -> Choix du niveau de compression.
gif : Format utilisant une compression sans perte. Il supporte la transparence et l’animation (à partir des calques) -> Conversion en couleurs indexées et paramètres liés à l’animation (délai entre les images, boucle infinie ...).
tiff : Format sans perte, avec ou sans compression -> Choix de l’algorithme de compression.

Extraire une partie de l’image

Vous avez une photo de tulipes dans votre jardin, et voulez la recadrer au format 16/9.
Une première approche est de commencer avec l’outil sélection rectangulaire. Définissez la/les contrainte(s) désirée(s), ajustez à volonté la sélection puis découpez avec Image -> Découper la sélection.
Une seconde approche est d’utiliser l’outil découpage. Celui-ci comporte les mêmes options (adaptées au découpage) que la sélection rectangulaire. Dans la figure 3, elle est représentée avec l’utilisation de guides et une mise en évidence par assombrissement de la partie qui sera découpée. Les guides sont choisis parmi une liste incluant les lignes de centre, la règle des tiers et les sections d’or. De nouveau, nous ajustons à volonté, puis concluons avec une pression sur la touche enter et notre image est découpée.

Changer d’orientation ou redimensionner un fichier

Vous venez de scanner un document, mais il est enregistré dans la mauvaise orientation ou est beaucoup trop volumineux (pour un envoi par e-mail par exemple).
La correction de l’orientation se fait avec Image -> Transformer -> Rotation 90° sens horaire, puis les dimensions sont changées avec Image -> Échelle et taille de l’image (possibilité de les définir en pixels, en pourcentage, en millimètre ou autres).

Corriger la luminosité et le contraste d’une photo

Une photo a été prise dans de mauvaises conditions de lumière, ou son rendu ne vous satisfait pas. Voici trois techniques de la plus simple à la plus précise pour faire ces ajustements. Par souci de simplification des figures, nous travaillons pour l’exemple en noir/blanc, mais le même principe s’applique à la couleur.

  • L’outil Couleurs -> Luminosité-Contraste ... permet de faire un premier réglage, tel que montré dans la figure 4. Une astuce intéressante : tous ces outils permettent une prévisualisation sur l’image elle-même qui est désactivable en enlevant la coche Aperçu. Ainsi l’on se rend mieux compte de l’effet qui va être appliqué.

  • L’outil Couleurs -> Niveaux affiche l’histogramme. Dans cet exemple, on voit qu’il n’y a pas de points plus sombres que le niveau 21 ainsi qu’aucun point plus clair que 236. Nous pouvons donc transformer l’image en étendant la plage 21-236 (Niveaux d’entrée) à la plage 0-255 (Niveaux de sortie). La figure 5 illustre la différence entre avant (bas) et après (haut) cette correction. À noter que le curseur gris au milieu (valeur 1.00) correspond au réglage de la valeur gamma. Son déplacement déterminera le niveau choisi de la valeur moyenne.

  • L’outil Couleurs -> Courbes (fig. 6) nous redonne ce même histogramme et nous propose d’ajuster les couleurs selon une courbe définie par l’utilisateur. Les niveaux d’entrée se trouvent sur l’axe X et ceux de sortie (après traitement) sur l’axe Y. La diagonale correspond à un traitement nul. Ainsi pour mieux répartir les niveaux de gris (même opération que le point ci-dessus), nous forçons un seuil plat en bas à gauche et en haut à droite de la courbe. Puis, pour accentuer le contraste, nous tirons les couleurs claires vers le plus clair, ainsi que les sombres vers le plus sombre.

Fonctionnalité intéressante de cet outil, en promenant la souris (devenue pipette) sur l’image, nous obtenons immédiatement la position de ce pixel dans la courbe (dans notre cas x:214, donc bien un point clair).

Pour aller plus loin

Bon nombre de tutoriels existent et pourront encore être écrits sur différentes opérations faites pour transformer ou créer des images avec GIMP. En voici quelques pistes :

  • L’ajout de texte mis en forme (qui sera ajouté dans un nouveau calque).
  • L’ajout de figures géométriques Filtres -> Rendu -> Figures géométriques (ajoutées dans un nouveau calque).
  • L’utilisation des calques pour composer une image à partir d’éléments différents.
  • La suppression des yeux rouges avec Filtres -> Amélioration -> Suppression des yeux rouges.
  • La conversion d’une photo couleur en noir et blanc (notamment avec le menu Couleurs).
  • La retouche légère pour éliminer une ride ou une tache (notamment avec les outils Correcteur (qui atténue les irrégularités) ou Barbouillage (qui déporte la couleur sur la trajectoire de la souris comme le ferait un doigt sur un dessin) ou encore Clonage (qui copie une partie d’image à un autre endroit).
  • La sélection à l’aide des différents outils : Sélection rectangulaire, elliptique, à main levée, de régions contiguës, par couleur, ciseaux intelligents, extraction de premier plan ou même avec la création d’un chemin (qui peut ensuite être converti en sélection).
  • La mise en valeur ou l’extraction d’un sujet, ou encore le floutage d’un fond, à l’aide de filtres ou autres outils appliqués à une sélection : Filtres -> Amélioration ou Filtres -> Flou.
  • L’impression avec Fichier -> Imprimer et notamment l’onglet Paramètres de l’image qui permet de fixer la taille et le positionnement sur la page.

GIMP possède des raccourcis clavier pour les opérations courantes ; ils sont documentésici.

Reproches courants à l’égard de GIMP

Cet article met en valeur l’utilisation de GIMP. Dans la réalité nous savons aussi qu’il a de sérieux concurrents et par conséquent des personnes qui feront le choix d’un autre outil. Voici une liste des reproches retenus à son encontre :

  • Trop compliqué pour ce que je veux faire.
    Certes GIMP est destiné à du traitement d’image complexe, mais il conserve l’intention d’être accessible pour des tâches toutes courantes. J’espère que cet article vous aura permis de le constater.
  • L’interface utilisateur ne ressemble pas à ce que je connais.
    C’est un fait. La remarque peut se retourner dans l’autre sens pour un utilisateur habitué à GIMP ... L’interface utilisateur est un des points les plus complexes dans l’informatique. Il ne suffit pas qu’un outil marche, il faut aussi et surtout que le public ciblé (ici : tout le monde) puisse l’utiliser sans avoir à faire recours à une documentation sur son mode d’utilisation. Les développeurs et utilisateurs GIMP remettent actuellement cette question à l’ordre du jour en vue de la prochaine version majeure GIMP 3.
  • Moins de filtres pros que dans ma suite non libre.
    Comme dans tout projet, tant que personne ou aucune société n’a apporté de contribution sur un sujet précis, rien n’existe. Par contre, dans le cas d’un projet libre, dès que cela est fait, cette contribution devient disponible de façon libre et durable. GIMP est déjà pourvu d’une belle panoplie de filtres. Certains sont certainement aujourd’hui encore à rajouter, d’autres sont peut-être nommés différemment de ce que l’on cherche ... Dans le cas où l’on trouve des filtres supplémentaires depuis des plates-formes d’échange, ils peuvent être installés sous forme de plug-ins. À noter qu’il existe également un plug-in PSPI permettant d’utiliser des plug-ins Photoshop dans GIMP.
  • Pas de support pour l’édition de photos en 32 bits.
    Cette question touche principalement les utilisateurs plus avancés. Il est vrai que GIMP a été écrit dans un contexte 8 bits par canal. C’est un des très gros changements qui est en train de s’opérer pour la prochaine mouture GIMP 3. Il est néanmoins possible aujourd’hui de bénéficier de ce qui est déjà prêt en 32 bits en faisant : Couleurs utiliser GEGL .
  • Pas de support pour le mode de couleurs CMYK
    Encore une question qui ne devrait toucher qu’une petite proportion des utilisateurs.
    Dans l’état actuel, un plug-in Separate+ offre les fonctions suivantes :
    conversionRGB-> CMYK
    conversion RGB-> RGB (gestion de profil de modèle de couleurs).

Aide et support

GIMP est accompagné d’une aide contextuelle (clic sur une fonction, un menu, une fenêtre pour obtenir l’aide appropriée), ainsi que d’une documentation multilingue complète et intégrée. De nombreux sites, forums, tutoriels sont disponibles sur la toile, en voici une petite sélection :

Références

Séminaires Logiciels Libres

En complément à cet article, nous vous invitons à participer au prochain séminaire Logiciels Libres de l’EPFL : GIMP - trucs et astuces.
Pour toute information : elle.epfl.ch/wiki


Article du FI-EPFL 2011 sous licence CC BY-SA 3.0 / S. Bancal



Glossaire

canal :
nous avons usuellement 3 canaux pour une image couleur (rouge, vert, bleu) et 1 canal pour une image noir et blanc (blanc). Un canal supplémentaire pour chaque type d’image peut être ajouté pour gérer la transparence (alpha).
CMYK :
(en français CMJN) modèle de couleurs dont les composants sont le Cyan, le Magenta, le Jaune et le Noir. Il est dit soustractif car l’ajout de couleur assombrit le résultat (tel une imprimante qui part d’une feuille blanche).
dé-saturer :
convertir une image couleur en noir et blanc. Cette conversion peut être faite de diverses manières, laissant la possibilité d’obtenir des résultats différents avec une seule image d’origine.
édition non-destructive de l’image :
l’image sur laquelle on applique un ou des filtres est conservée intacte. La technique consiste à mémoriser les filtres appliqués ainsi que leurs paramètres et de les appliquer à la volée pour le rendu. Ainsi l’image conserve sa qualité d’origine si l’on souhaite par exemple ré-ajuster les paramètres des filtres appliqués ou les annuler
GEGL :
acronyme de Generic Graphics Library. Nouvelle librairie en cours d’intégration dans GIMP qui permettra le support des 32 bits par canaux ainsi que l’édition non-destructive de l’image.
histogramme :
graphique représentant la distribution des niveaux de couleurs d’une image.
logitèque :
bibliothèque à logiciels. C’est une pratique courante sur linux que de mettre à disposition des utilisateurs des logiciels à travers une logithèque sous la forme de paquets. L’installation se résout alors à cliquer sur le bouton installer.
photothèque :
logiciel ayant pour but de gérer une grande quantité de photos en intégrant des fonctionnalités comme le classement de celles-ci, la visualisation, le slide show, les retouches de base.
RGB :
(en français RVB) modèle de couleurs dont les composants sont le Rouge, le Vert et le Bleu. Il est dit additif car l’ajout de couleur éclaircit le résultat (tel un écran qui part du noir - absence de lumière).


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