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public averti Les logiciels libres


Découvrez le monde du logiciel libre avec GNU Generation à l’EPFL.
L’article qui suit vise à expliquer dans un langage simple ce qu’est le monde du logiciel libre et comment vous pouvez y participer et profiter de l’utilisation d’un système d’exploitation libre et avoir accès à des milliers de logiciels libres pour votre ordinateur.



Discover the World of Free Software with EPFL’s GNU Generation.
The following article aims to explain in plain language what free software is all about and how you can take part in it and enjoy the use of a free operating system and gain access to thousands of free programs for your computer.


Pablo Ulises PEÑA DALL’ORSO


Hacker vs cracker

Un hacker est quelqu’un qui aime faire des activités qui permettent la créativité, l’habileté et l’exploration. Il y a plusieurs activités où le hacking peut être pratiqué. L’écriture de programmes informatiques est l’une d’entre elles. Le hacking informatique a été développé par une communauté au MIT (Massachusetts Institute of Technology) et d’autres universités aux États-Unis dans les années 1960 et 1970.
D’un autre côté il y a des gens qui enfreignent les systèmes de sécurité avec un but criminel. Ils craquent la sécurité. Ces gens sont des crackers.
Les journalistes ou écrivains qui appellent quelqu’un qui viole ou craque la sécurité d’un système informatique un hacker n’utilisent pas le mot correctement. Malheureusement beaucoup de gens dans la presse et les médias ne comprennent pas la différence entre ces deux mots. Ils en abusent et de cette façon, ils contribuent à créer et à maintenir la confusion.
De nombreux honnêtes et excellents programmeurs sont fiers d’être appelés hackers parce qu’ils utilisent ce mot dans son vrai sens de quelqu’un qui aime à être créatif et ingénieux lors de l’écriture d’un programme. Si vous souhaitez en apprendre davantage sur le vrai sens et l’histoire des hackers de la programmation qui ont contribué à créer la révolution de l’ordinateur, vous pouvez lire le livre Hackers de Steven Levy ou regarder le film Hackers - Wizards of the Electronic Age du réalisateur Fabrice Florin.

Une nouvelle année académique commence. Pratiquement tous les étudiants au cours de leurs études auront à utiliser un ordinateur. Vous aussi, vous aurez également à obtenir et à installer différents programmes. Beaucoup de programmes disponibles sont distribués avec des restrictions qui vous interdisent légalement, à vous et à tous les étudiants de copier ou de partager le logiciel avec votre famille et vos amis.
Alors, que feriez-vous si votre frère, votre soeur, un autre membre de la famille ou votre meilleur ami avait besoin d’un programme et vous demandait une copie ? Laisseriez-vous la société qui distribue les programmes endommager la relation entre vous et vos proches en refusant de leur donner une copie ? Bien sûr que non. Normalement vous partageriez ce que vous avez avec votre famille et vos amis. Mais vous seriez sans doute mal à l’aise en raison des conditions restrictives que les sociétés qui produisent ces logiciels ont imposées dans le contrat de licence pour l’utilisateur. Vous préféreriez respecter les termes des accords que vous avez acceptés.

Que pouvez-vous faire ?

Heureusement, il existe une alternative au scénario précédent. Cette alternative s’appelle Free Software ou Logiciel libre en français.
Le but de cet article est de donner une introduction générale aux idées liées au concept de Logiciel libre. Nous aimerions donner un aperçu des avantages de son utilisation et de l’histoire et origine de cet intéressant mouvement.

Que sont les logiciels libres ?

Tout d’abord, le mot libre, ne veut pas dire gratuit. Il existe des logiciels libres dont les copies se vendent comme il existe des logiciels propriétaires gratuits.
Alors, un logiciel est libre quand il respecte toutes les libertés informatiques de ses utilisateurs. Plus précisément, cette phrase se réfère à des logiciels ou programmes qui accordent à tous les utilisateurs quatre droits essentiels (normalement ils portent les numéros entre 0 et 3) :

  1. Le droit d’utiliser le logiciel comme et quand vous le souhaitez ;
  2. Le droit d’étudier et de modifier le code source du programme comme vous voulez ;
  3. Le droit de faire et de redistribuer des copies de la version originale non modifiée ;
  4. Le droit de distribuer des versions modifiées d’un programme.

Un logiciel est libre si son code est couvert par une licence libre. Dans un même programme, certaines parties peuvent avoir des licences libres différentes. La licence libre la plus connue est la GNU General Public License ou GNU GPL pour faire court. Cette licence a été écrite par un homme du nom de Richard Stallman.
Les logiciels libres sont une alternative à l’utilisation des programmes restrictifs. Ces programmes restrictifs sont également connus sous le nom de logiciels propriétaires ou logiciels privateurs (proprietary software en anglais). Les logiciels propriétaires sont des programmes informatiques généralement distribués uniquement sous forme binaire. Cependant, il y a des cas où certains programmes propriétaires sont distribués avec le code source, mais la licence de ce code source est trop restrictive. Typiquement les utilisateurs de programmes propriétaires ne sont pas autorisés à distribuer des copies. Il n’y a pas d’accès au code source ou, si l’accès au code source est fourni, il n’est pas possible d’installer ses propres modifications. Le droit de modifier les programmes n’est pas disponible. D’une façon ou d’une autre, un programme propriétaire met ses programmeurs ou propriétaires dans une position de force sur les utilisateurs.

Richard Stallman

Le Docteur Richard Stallman est un développeur de systèmes d’exploitation informatiques qui a commencé son travail en 1970. Il est diplômé de l’Université de Harvard. Il a fait sa carrière professionnelle dans les laboratoires d’intelligence artificielle du prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT), aux États-Unis. En janvier 1984, il a quitté son poste au MIT pour travailler sur le développement d’un système d’exploitation entièrement libre.
Sa motivation était de restaurer l’esprit de coopération et de libre circulation des idées qui existaient dans le domaine de l’informatique à son commencement, qui, soit dit en passant, a été la période la plus créative et productive où de nombreuses idées révolutionnaires ont conduit à d’importants progrès technologiques.

Le projet GNU


Le Docteur Stallman a nommé son système d’exploitation GNU. Son système ressemblerait et serait compatible avec le bien connu système d’exploitation UNIX. Le motif principal était de faire un système portable comme Unix l’était. Le projet GNU a été créé pour développer le système d’exploitation GNU.
En 1990, la plupart des principaux composants du système d’exploitation GNU sont prêts à l’exception d’une seule pièce connue sous le nom du noyau. Un noyau est un programme qui agit comme une sorte de feu de circulation ou de police de transit qui réglemente l’accès aux ressources matérielles, telles que la mémoire vive ou une imprimante, à d’autres programmes qui demandent l’accès à ces ressources. Avec seulement le noyau, on ne pourrait pas faire un travail utile sur un ordinateur. En 1991, le développement du noyau de GNU, appelé Hurd ne faisait que commencer, il ne fonctionnait pas encore. Ceci a retardé son utilisation avec le reste du système d’exploitation GNU.
À cette même époque, un étudiant universitaire en Finlande, appelé Linus Torvalds travaillait avec plusieurs programmeurs, sur Internet, pour le développement d’un autre noyau, appelé Linux. Il a commencé à travailler sur Linux en 1991 et il l’a publié comme un logiciel libre en 1992 sous la licence GNU GPL.

La naissance de GNU/Linux

Certains développeurs de logiciels ont constaté qu’avec quelques changements ils pourraient utiliser le noyau de Torvalds, au lieu de Hurd et le combiner avec le système d’exploitation GNU pour obtenir un système informatique d’exploitation entièrement fonctionnel et libre.
Le système complet qui résulte de la combinaison du système d’exploitation GNU plus le noyau Linux est en effet le système GNU/Linux. Le système d’exploitation GNU est aussi utilisé avec d’ autres noyaux.

Distributions

Grâce à sa flexibilité et sa modularité, les composants du système GNU/Linux sont comme un jeu LEGO qui peut être personnalisé en ajoutant, modifiant ou supprimant des programmes pour créer une version sur mesure adaptée à vos propres besoins. Il existe de nombreuses versions différentes du système d’exploitation GNU/Linux disponibles et prêtes pour une utilisation immédiate. Elles sont connues sous le nom de distributions ou simplement distros. Malheureusement beaucoup de distros ne sont pas entièrement libres. Une liste de distributions GNU/Linux entièrement libres se trouve dans ce site.

Open source

En 1998, en raison des différences de valeurs avec le mouvement du logiciel libre (free software movement), un groupe de personnes impliquées dans la communauté du logiciel libre a décidé de s’organiser autour d’une idée qu’ils ont appelée open source. Les adhérents de l’open source refusent de critiquer les logiciels propriétaires pour des raisons éthiques. Pour le mouvement du logiciel libre seuls les logiciels qui respectent la liberté des utilisateurs sont acceptables.

Les défis du logiciel libre

Un des principaux défis auquel la communauté internationale du logiciel libre doit faire face aujourd’hui est posé par les brevets pour les idées utilisés dans la production de logiciels. De nombreuses études ont été réalisées prouvant l’impact négatif de l’octroi de brevets pour des idées appliquées dans l’élaboration de logiciels. Ils montrent que ce type de brevet affecte la société entière, économiquement parlant, et bloquent le développement scientifique et technologique. Dans les pays où les brevets pour les idées appliqués aux logiciels sont autorisés, comme aux États-Unis par exemple, les entreprises dépensent des millions de dollars dans des litiges juridiques entraînant des poursuites judiciaires. En Europe il y a plusieurs débats en cours à ce sujet. Beaucoup sont contre la mise en place de brevets logiciels en Europe.
Le DRM, ou Digital Restrictions Management, est également une menace contre tous les utilisateurs d’ordinateurs. Ce terme se réfère à la technologie des menottes numériques mise au point pour imposer des restrictions sur la façon dont les utilisateurs d’ordinateurs peuvent utiliser leur propre équipement.

L’importance des logiciels libres

L’importance des logiciels libres a pesé chaque année plus avec le nombre croissant d’organisations et de personnes qui l’utilisent. La liste des utilisateurs est longue : organismes du gouvernement, universités, compagnies aériennes, lignes de train, compagnies de téléphone, fabricants d’ordinateurs, fabricants de produits électroniques, etc. Ils l’utilisent pour leurs activités quotidiennes dans la production de leurs produits et services. Près de la moitié des serveurs Internet, y compris ceux de l’EPFL, exécutent l’une ou l’autre version du système GNU/Linux.

Avantages des logiciels libres sur les logiciels propriétaires

L’avantage principal et le plus important des logiciels libres est qu’ils respectent la liberté des utilisateurs. En outre, les logiciels libres offrent les avantages pratiques suivants :
Avec les logiciels libres, une organisation ou un individu a le droit de faire autant de copies qu’il veut et peut installer des programmes sans restrictions. Ce seul fait peut aider une personne à économiser beaucoup d’argent et une grande organisation peut économiser des milliers de dollars en évitant les licences de logiciels propriétaires.
Les logiciels libres peuvent être examinés pour être certains, en général, qu’ils ne contiennent pas de dispositifs malveillants et qu’ils ne violent pas la vie privée de leurs utilisateurs. Dans la communauté des utilisateurs, ceux qui connaissent la programmation et sont intéressés par un programme font souvent l’examen du code source. Ainsi, s’il y avait un dispositif malveillant, il y a une bonne chance qu’il soit trouvé. Et quand il est reconnu, il sera supprimé. Ce n’est pas tout à fait automatique et pas totalement garanti, mais c’est assez probable.
En revanche, avec les logiciels privateurs, les utilisateurs n’ont aucun recours. Il a été prouvé que beaucoup de programmes propriétaires espionnent leurs utilisateurs, puis envoient des données personnelles cryptées, sur Internet, à l’entreprise qui les a produits. Certains programmes contiennent des back doors qui permettent à la société qui produit le programme de se connecter à distance à l’ordinateur et d’apporter des modifications sans en informer ou demander l’autorisation du propriétaire de l’ordinateur.
Un autre avantage des logiciels libres c’est que l’accès au code source est, normalement, immédiatement disponible. Ainsi, le code peut être rapidement examiné par n’importe quel programmeur. Ceci permet de trouver et d’éliminer les erreurs de programmation ou bugs comme ils sont connus en anglais.
Si un utilisateur constate un bug et informe les responsables du programme, ils peuvent examiner le rapport et appliquer les corrections nécessaires. Avec les logiciels propriétaires, on ne peut pas examiner le code source et vérifier qu’il n’a pas d’erreur de programmation.
Les logiciels libres sont généralement disponibles dans beaucoup de langues. Un très grand nombre de bénévoles partout dans le monde traduisent des programmes et leur documentation dans leur langue locale.
En embauchant des programmeurs, une organisation peut modifier le code source d’un programme libre déjà existant pour qu’il s’adapte mieux aux besoins informatiques de l’organisation.
Avec les logiciels libres, les étudiants en programmation informatique peuvent profiter de l’excellente occasion d’apprendre comment les programmes qu’ils utilisent ont été écrits. Grâce à l’accès au code source, les étudiants peuvent pratiquer et améliorer leurs compétences en programmation en adaptant, en faisant des corrections ou en ajoutant des fonctions supplémentaires aux programmes qui sont des logiciels libres.

Comment vous pouvez aider le mouvement du logiciel libre

Les équipes de programmeurs indépendants qui travaillent dur pour développer les logiciels reçoivent parfois des dons financiers des utilisateurs satisfaits. Cela leur permet de continuer à travailler à l’amélioration des programmes. Vous pouvez trouver et contacter les développeurs de votre programme préféré généralement en allant sur le site Web officiel du programme.
Il est également possible, si vous savez comment programmer, de contribuer en écrivant du code pour le logiciel libre. Si vous avez des compétences en programmation, vous pouvez étudier le code source d’un logiciel. Si vous trouvez des erreurs de programmation ou si vous écrivez une nouvelle fonction pour un programme existant, vous pouvez proposer votre code pour corriger ou améliorer le programme. Les gestionnaires de nombreux projets de logiciels libres encouragent ce genre de contribution. Si vous êtes intéressés, vous pourriez devenir un collaborateur régulier.

Vous pouvez aussi aider en rejoignant l’un des nombreux clubs ou associations GNU/Linux qui existent dans le monde. Ici, à l’EPFL, il y a l’association GNU Generation.
En adhérant à l’association, vous pouvez participer à ses activités et apprendre à utiliser le système GNU/Linux pour votre travail ou vos études. Au cours de l’année, plusieurs réunions informelles connues sous le nom de Install Fest sont organisées. Les membres de l’association seront ravis d’aider toute personne à installer GNU/Linux sur son ordinateur. N’hésitez pas à contacter l’association pour toute information concernant l’adhésion et la participation aux différentes activités. L’association GNU Generation accueille avec plaisir de nouveaux membres.

Bibliographie

  • Patent failure : how judges, bureaucrats, and lawyers put innovators at risk (Echec des Brevets : comment les juges, les bureaucrates et les avocats ont mis les innovateurs en risque), James Bessen et Michael J. Meurer, Princeton, Princeton University Press, 2008
  • Math you can’t use : patents, copyright, and software (Math, que vous ne pouvez pas utiliser : les brevets, les droits d’auteur, et les logiciels), Ben Klemens, Washington, DC, Brookings Institution Press, 2006
  • Against intellectual monopoly (Contre le monopole intellectuel), Michele Boldrin, David K. Levine, New York, Cambridge University Press, 2008
  • Rêveurs, marchands et pirates : Que reste-t-il du rêve de l’Internet ? Joël Faucilhon, Le Pré Saint-Gervais, Le Clandestin Passager, 2010
  • Richard Stallman et la Révolution du logiciel libre : Une biographie autorisée, Richard M. Stallman, Sam Williams, Christophe Masutti, Paris, Eyrolles, 2010
  • Free Software, Free Society : Selected Essays, de Richard M. Stallman ; Introd. par Lawrence Lessig, éd. par Joshua Gay, Boston, Massachusetts, presse GNU - Free Software Foundation, 2002
  • Hackers : héros de la révolution informatique, Steven Levy, New York, N.Y., Penguin, 2001

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