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Société 2.0 – un pas en Noosphère  ?


Il est suggéré qu’avec Société 2.0 l’humanité est entrée dans la Noosphère prédite par Teilhard de Chardin et que la région lémanique en constitue un pôle majeur.



(It is suggested that with Society 2.0 humanity has entered the Noosphere predicted by Teilhard de Chardin, with the Lake Leman region constituting a major hub..


Gabriel MINDER


En parlant de Web 2.0 et de Société 2.0 il convient d’évoquer la Noosphère ou nappe pensante universelle proposée par le grand penseur jésuite à l’expression résolument libre que fut Teilhard de Chardin (Auvergne 1881- New York 1955). Il s’est attaché à décrire dans toute leur diversité, avec méthode scientifique et expression poétique, les aspects essentiels de l’Homme du 20ème siècle, tels que vécus par lui dans les deux guerres mondiales : la première où il fut brancardier au front franco-allemand, la seconde comme paléontologue en Chine. Joël de Rosnay fut l’un des scientifiques qui développa le concept de Noosphère et marquera certainement le Web 3.0 (sémantique).
Essayons donc d’esquisser les caractéristiques communes à cette Noosphère et à Société 2.0 :

  1. la Noosphère s’inscrit dans la continuité évolutionniste de la Géosphère et de la Biosphère ;
  2. elle est empreinte de convergence entre la Pensée personnelle individuelle et la Pensée collective, ou mieux encore hyper-personnelle (spiritualité évolutionnaire) ;
  3. elle pointe vers le Sommet Oméga de cette convergence, marquée, selon Teilhard, par la Pensée chrétienne et un Christ cosmique.
Quant à Web 2.0, élément fondamental de Société 2.0, on y trouve de manière similaire :
  1. l’usage multidisciplinaire de la Géosphère, par exemple le sable (silicium) pour stocker les composants de la Pensée, ainsi que l’or et le cuivre pour les connexions, jusqu’aux éléments de Biosphère, tels les génomes récemment programmés artificiellement (bio-composants auto-reproducteurs) ;
  2. la synergie de l’individuel et du collectif (blogs et réseaux sociaux) ;
  3. d’immenses points d’interrogation aussi, en raison de l’évaporation graduelle de nombreuses valeurs établies au long des siècles par les civilisations successives.
Ce qui ressort de cette évolution, c’est le grand besoin actuel de progrès en matière d’utilisation de l’information, à commencer par la formation secondaire.

À titre d’exemple représentatif pour la France, cette voie est principalement et clairement tracée par la FADBEN dans le Module de formation à l’information-documentation publié dans le cadre de la réforme du lycée, le 12 janvier 2010 :
« Ces dernières années, les réflexions menées autour de la réforme des lycées ont fait apparaître la nécessité de former tous les élèves à la culture de l’information. En juin 2008, les points de convergence sur les principes directeurs de la réforme du lycée précisaient que « tout au long de sa scolarité, le lycéen doit pouvoir se préparer à devenir étudiant en développant la capacité de recherche documentaire et la maîtrise du travail en groupe » ...
En parallèle, les rapports sur l’éducation aux médias recentrent le professeur documentaliste dans sa fonction enseignante spécifique concernant les médias et la culture de l’information.
Ces recommandations répondent aux enjeux de culture de l’information soulevés par l’UNESCO. Aujourd’hui, il faut maîtriser l’information pour participer à la société du savoir, à travers la formation permanente, le développement de la citoyenneté, ainsi que l’intégration sociale, professionnelle et culturelle des individus. Dans la formation dispensée au lycée, le Socle commun de connaissances et de compétences intègre déjà en partie ces enjeux.
En octobre 2008, la FADBEN proposait de créer un enseignement à la culture de l’information sous la forme d’un module cohérent, inscrit dans les cursus de tous les élèves de la 6ème à la Terminale, sous la responsabilité des professeurs documentalistes en collaboration pédagogique avec les autres enseignants.  ».
Depuis 2007 en France, l’IABD fait état de l’actualité concernant l’Internet (ACTA, Déclaration de Wellington, www.iabd.fr/spip.php ?article8).
Quant aux grandes organisations internationales, citons les rapports fournis par une vingtaine d’entre elles en mai 2010 à la Commission Science et Technologie de la CNUCED (Genève), le rapport 2010 de l’UIT Measuring the Information Society, et des rencontres planifiées sur les Technologies convergentes telles que Informatica 2011 à La Havane. En physique fondamentale et en cosmologie, les réseaux GRID et LPCC du CERN, où le Web fut inventé en 1990, représentent en 2010 un puissant support mondial à la fois pour la recherche et pour l’enseignement.
Mais c’est surtout au niveau universitaire qu’il convient de poursuivre ce développement. L’EPFL et son nouveau Rolex Learning Center->http://rolexlearningcenter.epfl.ch], peuvent y jouer un rôle capital, comme l’exprime Patrick Aebischer, Président de l’EPFL et membre de l’Académie suisse SATW : « Le Rolex Learning Center illustre parfaitement notre École, où les frontières traditionnelles entre les disciplines sont dépassées, où les mathématiciens et les ingénieurs rencontrent les neuroscientifiques et les microtechniciens pour imaginer les technologies qui amélioreront notre quotidien. Nous invitons le public à découvrir cet espace afin qu’il comprenne que travailler dans le domaine scientifique, c’est participer au progrès de la société ».
Dans cet esprit universaliste, le CERN affiche même l’ambition de rapprocher sciences et arts (Collide – a cultural revolution), une sorte de Renaissance 2010 en droite ligne de celle de Léonard de Vinci il y a 500 ans !
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Pierre Teilhard de Chardin, S. J. (Auvergne 1881 - New York 1955) Wikipedia

Dès 1940, depuis Pékin, Teilhard de Chardin annonçait la Noosphère (ou nappe pensante) dans l’un de ses ouvrages les plus célèbres : Le Phénomène humain (Ed. du Seuil, 1955).
La Société 2.0 peut être vue comme un pas marquant en Noosphère, en direction du Point de convergence Oméga, l’antipode d’Alpha (Big Bang), selon la vision spirituelle de Teilhard. Après ses études en Angleterre, à la Sorbonne et au Caire, ce membre de l’Institut de France devint le paléontologue mondialement connu pour ses découvertes en Chine et à travers l’Asie (Homme de Pékin, Homme de Java).
Dans le cadre de la Noosphère, il situa aussi l’Ascension de l’Occident, ce qui lui valut, à la fin du 20e siècle, d’être affectueusement surnommé Pape de l’Internet aux USA.
De son vivant, le Vatican qu’il respecta toujours à sa manière, interdit son oeuvre non-scientifique. De 1955 à 1976, celle-ci fut publiée à titre posthume en 13 volumes par Jeanne Mortier, son exécutrice testamentaire, puis par de prestigieux comités internationaux sous le patronage de l’ex-Reine Marie-José d’Italie résidant à Meinier/Genève. Ce n’est qu’en 1996 que Jean-Paul II déclarait « plus qu’une hypothèse » la théorie de l’évolution.

En guise de conclusion, voici deux vues très schématiques :

  1. La région lémanique offre des atouts probablement inégalés en matière de coopérations multidisciplinaires mondiales, notamment :
    • Genève, pôle mondial de développement durable et de coordination humanitaire ;
    • Lausanne, Nyon, Aigle, pôles de sports intensément médiatisés ;
    • Gland, pour la conservation de la nature ;
    • Tolochenaz, pour la technologie médicale de pointe ;
    • L’EPFL, la Haute École francophone la plus internationale au monde (Francophonie : Congrès 2010 à Montreux) et les Universités romandes ;
    • Le CERN, pôle des réseaux mondiaux GRID et LPCC servant l’infiniment grand (avec ESO, Chili) comme l’infiniment petit (avec Gran Sasso, Italie) et constituant ainsi un immense cloud computing sur les trois niveaux : matériel, données et informationnel ;
    • La vingtaine d’agences spécialisées des Nations Unies coopérant dans le monde entier avec plus de 200 ONG internationales ;
    • L’OMC avec ses réseaux concernant les matières premières et les ressources humaines ;
    • Le World Economic Forum avec toutes ses rencontres périodiques régionales ;
    • Les banques internationales qui gèrent une part substantielle des avoirs de la planète ;
    • Les centres religieux autour de Genève : Le Grand Saconnex et Bossey (oecuméniques), Chambésy (orthodoxe) ;
    • L’Internet Society, le SAWI Lausanne et ses cours Web 2.0.
  2. L’EPFL et son Rolex Learning Center constitueront donc une base éminente de formation documentaire en matière de Société 2.0 notamment sur les trois plans précités (avec exemples déjà existants de coopérations mondiales) sans oublier la notion de Bibliothèque 2.0, à savoir :
    • Géosphère (sciences naturelles) avec associations et institutions spécialisées :
      • exemples : environnement naturel, sols et roches, climat, catastrophes naturelles ;
      • intégration dans le monde oriental, à travers l’EPFL Middle East et son soutien au projet RAK, visant à y adapter une formation miroir de Lausanne, couvrant notamment l’énergie, les transports et la sécurité informatique ;
    • Biosphère (sciences de la vie) avec des entreprises multinationales et des centres universitaires :
      • questions fondamentales (exemples : génomes, Life 2.0) et appliquées (exemple : projet météorologique WIFA en faveur de l’agriculture africaine) ;
    • Noosphère (à travers Société 2.0) avec des centres universitaires et religieux :
      • formes de gouvernance mondiale dans les domaines essentiels à la survie planétaire ;
      • évolutions spirituelles, libérées de cloisonnements et préjugés.


Glossaire

FADBEN
Fédération des Associations de Documentalistes de l’Education Nationale (France).
IABD
Interassociation Archives, Bibliothèques et Documentation.


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