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tout public iPad, fenêtre sur Internet


iPad, gadget éphémère ou objet d’un nouveau type ?



iPad, new way to work or gadget ?


Laurent KLING


Découvertes

Au déballage, le poids surprend, ce n’est pas un livre de poche, mais plutôt un bloc A4. Les dimensions extérieures sont par contre, plus classiques, entre A5 et A4. Le premier signe de jubilation est provoqué par son écran, parfait !
Les laboratoires d’Apple doivent ressembler à la caverne d’Ali Baba, de nombreux prototypes sont réalisés avant le test suprême de mise sur le marché par son patron, Steve Jobs. On peut imaginer que l’iPad est un fils de l’iPhone, mais en réalité la filiation est inversée, l’iPhone est un descendant d’un projet secret d’une tablette tactile, maintenant exposée au grand jour. Cette généalogie explique mieux le confort de son interface qui prend enfin sa vraie valeur.

  Ordinateur Portable iPhone iPad
Écran 4/3 horizontal indépendant 4/3 horizontal 2/3 ou 3/2 4/3 ou 3/4
Clavier indépendant horizontal  intégré intégré
Souris indépendante trackpad écran tactile écran tactile
Orientation horizontale horizontale verticale ou horizontale verticale ou horizontale
Autonome non oui oui oui
Confort bureau bureau mobile téléphone intelligent livre intelligent et plus encore !

Cette famille partage les mêmes composants, un programme acheté sur son iPhone est disponible sur son iPad ! Les amateurs de téléphone ne seront bientôt plus en reste, si les rumeurs se confirment pour la prochaine génération (écran à haute résolution avec le même processeur).
Par habitude, on compare toujours un nouveau produit par rapport aux précédents, parfois le changement est plus significatif et on se retrouve à devoir réapprendre son abécédaire.

Ergonomie

Au premier abord, ce qui est le plus surprenant est l’absence d’orientation prédéfinie. Sur l’ensemble des dispositifs que j’ai utilisés, le haut et le bas avec leurs corollaires droit et gauche sont déterminants. Pour l’iPad, on se retrouve devant un Ovni, un appareil qui peut se lire dans n’importe quelle orientation !
Au départ, on tente de reproduire le comportement d’un iPhone, le bouton home en bas, mais rapidement on se laisse entraîner par la fluidité exceptionnelle de l’appareil et on passe dans une orientation à l’italienne puis on repasse en vertical etc. Finalement, le bouton home se situe à un endroit imprévisible.
Un autre créateur qu’Apple aurait certainement inclus ce bouton sur les quatre côtés de l’appareil.
La première étape de l’apprentissage de cette étrange lucarne est de désactiver la prédiction automatique du texte dans les préférences. En effet, la taille du clavier est largement suffisante et permet de taper avec ses 10 doigts. Personnellement si je déteste le feed-back acoustique sur mon iPhone, je le trouve utile sur mon iPad.

ActionsClavier + souris + écraniPad ou iPhone
Définir le point d’insertiondéplacer le curseur + clic clic prolongé
Sélectionner le textedéplacer le curseur en appuyant sur le boutondouble clic
Sélectionner une cellule dans un tableauclic prolongéclic
Sélectionner une colonne dans un tableaupar clic prolongé sur le titre de la colonneclic sur l’entourage du tableau

Pour le choix du contenu, par contre, il faut acquérir de nouvelles habitudes, au clic préférez le double-clic. De la même manière, une sélection dans le texte se remplace par un clic prolongé. Un autre apprentissage est que l’ensemble de l’écran est actif, entraînant parfois des effets étranges quand on clique, pardon quand pose son doigt sur l’écran par inadvertance.

Travailler à l’italienne

En général, on imagine travailler sur une feuille de papier A4 en format vertical. Sur l’iPhone, le mode horizontal n’est pas pratique, car l’écran est obscurci par l’interface utilisateur. Sur l’iPad, au contraire, ce mode de fonctionnement est très agréable, en particulier pour son clavier qui est plus grand que son homologue réel.
Ainsi, on retrouve l’analogie avec son écran de bureau qui est orienté de la même manière. Si la productivité est moindre que sur un poste de travail fixe avec un grand écran, le confort d’utilisation est surprenant, à preuve cet article a été écrit sur un iPad avec Pages.


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iPad en mode paysage avec l’application Pages


iPad, fenêtre sur Internet

L’aisance de pouvoir travailler n’importe où représente un Janus moderne dans son aptitude pour ouvrir deux portes dans notre mode de vie hyperactive :

  • offrir un accès immédiat à toutes les informations,
  • étendre à l’infini notre capacité de travail, au risque de s’épuiser.

Dans ce sens, l’iPad avec la communication 3G est une panacée pour l’usager, car cette ubiquité dans l’accès à l’information dépasse largement l’utilisation nomade d’un téléphone, fût-il intelligent. Trois éléments contribuent à ce nouveau sentiment de confort :

  • un écran de taille raisonnable,
  • une connexion continue à Internet,
  • une ergonomie raffinée.

Rapidement, la dimension de l’écran devient le point d’attraction principal, à titre de comparaison, voir le résultat de l’application Plans entre ces deux cousins en première page. Dans ces conditions, l’utilisation d’une application prévue pour les dimensions du téléphone devient difficile, voire impossible. Volontairement, j’ai choisi de n’évaluer que des programmes en mode HD !

L’absence de périphérique, un progrès ?

Le principal reproche fait à cet appareil est l’absence délibérée d’interface, un affront pour tous les usagers qui possèdent de nombreux gadgets. Par exemple, il paraît stupide de ne pas offrir une interface USB pour brancher sa clé mémoire.
Le constructeur ose un pari audacieux, la dématérialisation des données proposée à tous. Naturellement les nostalgiques déploreront cette défection, mais Apple nous a habitué à ces choix précurseurs :
1988, premier ordinateur avec une disquette 3.5" haute densité de 1.4 Mo, Mac IIx ;
1998, abandon du lecteur de disquette 3.5" au profit d’un lecteur de CD, iMac ; 2008, abandon du lecteur de DVD sur un portable, MacBook Air
Cette évolution entraîne une conséquence immédiate, pour l’accès à Internet, l’obligation d’acquérir le modèle 3G pour les nomades.
En pratique, on reste sur sa faim, car entre les applications, la synchronisation n’est pas homogène. Selon des échanges de messages électroniques entre des internautes et Steve Jobs, ces manques devraient être bientôt comblés (avec des réponses particulièrement laconiques).


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mes 25 applications de base


Voici mes premières impressions

Le noeud gordien entre l’iPad et l’ordinateur : iTunes *****
Le carrefour des échanges se matérialise dans iTunes, sans celui-ci pas de salut possible. À la fonction habituelle de synchronisation de vos musiques, cette application vous offre la même fonctionnalité pour vos livres, vidéos, cours interactifs. L’échange de données est bien caché, il se niche sous les applications dans son onglet lié à l’appareil.


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ajout de documents pour les applications de l’iPad


Les applications de base :
Notes *****,
Mail *****,
Calendrier *****,
App Store *****…

La réécriture de ces programmes ouvre des portes insoupçonnées, par exemple l’intégration de la géolocalisation des photos directement sur une carte, avec le raffinement de présenter un aperçu de la pile des images disponibles.


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Photos, géolocalisation des prises de vues


Parfois la surprise se cache dans le détail, par exemple l’animation de vos diaporamas avec l’effet origami.

Les livres numériques :
iBooks *****,
Kindle ***

Les livres numériques sont probablement la première utilisation de cet objet. iBooks offre une interface particulièrement soignée. L’application Kindle ne peut être envisagée qu’avec sa bibliothèque numérique déjà dans le format d’Amazon.
Comment intégrer des livres en format électronique dans iBooks ? Calibre, application open Source permet de convertir vos documents au format ePub. Ensuite ces documents convertis seront déposés sur iTunes pour être transmis à la prochaine synchronisation.


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iBooks


GoodReader est vraiment une application indispensable, elle combine un lecteur de PDF qui s’accommode de très gros documents (plus de 50 Mo) avec une capacité élevée de se connecter sur les nuages et de devenir ainsi un point central de votre activité. Cerise sur le gâteau, cette application permet d’utiliser le mode officiel de synchronisation dans iTunes en connexion USB, un confort inégalé.
Comicszeal permet de parcourir vos BD, avec logiquement la nécessité de disposer de versions scannées de celles-ci.

Les applications de la suite bureautique : Pages ******.
Encore une fois, une redécouverte de fonctions classiques, mais avec le petit plus d’une intégration fluide dans l’environnement Apple, comme la gestion des tableaux dans Pages ou l’utilisation des images dans Keynote. Le seul risque est une accoutumance, qui nous fait regretter ces facilités sur notre ordinateur.
Pour ceux qui désirent utiliser les vidéos dans leurs présentations avec Keynote, il faut suivre ce cheminement :

  • posséder un Macintosh,
  • installer Keynote qui fait partie de la suite de bureautique iWork ’09,
  • intégrer toutes les vidéos dans iTunes (point central d’échange),
  • générer une version iPad des vidéos (sélectionner les vidéos, menu Avancé, créer une version iPad ou WebTV),
  • incorporer les vidéos dans votre présentation Keynote sur le Mac,
  • déposer votre présentation dans iTunes.

La fin de la clé USB, ou la tête dans les nuages :
GoodReader *****,
DropBox *****,
FileBrowser *****.


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GoodReader, un lecteur de PDF avec une interface sur les Clouds


Si la notion de Cloud Computing vous avait seulement effleuré, avec l’iPad vous êtes plongé dedans ! L’absence d’interface USB vous oblige à interagir avec vos données par une transmission sans fil à travers l’Éther. GoodReader offre en plus de cette fonctionnalité d’échange, la capacité de lire l’ensemble des documents, un must. DropBox vous offre 2 Go de stockage dématérialisé synchronisé depuis votre iPad, Macintosh, PC et Linux. FileBrowser comble le manque d’un accès CIFS/SMB pour accéder au NAS.

Une application métier :
Desktop *****

Je travaille depuis 10 ans dans un environnement virtuel, mon écran d’ordinateur n’est que l’interface sur des affichages déportés de serveurs qui sont eux-mêmes des fournisseurs de services. Comme tout problème d’oeuf et de poule, je dois disposer d’un médium pour interagir avec ces différentes visions, en l’occurrence Desktop offre cette interface avec les deux principaux protocoles VNC et RDP.


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Desktop, Interagir depuis un iPad sur un serveur virtuel Windows 2003


Des applications ergonomiques :
NewsRack *****,
Comparis Immobilier ****

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Des applications ludiques :
GoSkyWatch *****,
Atomes ****

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GoSkyWatch, le ciel étoilé en plein jour


Dans le même ordre d’émerveillement je vous propose Atomes qui offre un tableau de Mendeleïev imagé en 3D, soyez patient pendant son téléchargement l’application pèse 1.7 Go.
Pour ceux que la nature émerveille, je recommande l’application GFlowHD écrite par Grant Kot, étudiant de violoncelle à la Juilliard School de New York qui offre une simulation de particule influencée par la position de l’appareil et l’énergie apportée par nos interactions tactiles.

Conclusions, un appareil du 3e type

Après une semaine de travail, voici mon avis selon 3 points de vue :

Adéquation

Le livre électronique semble être le débouché immédiat. En réalité, c’est bien plus la coexistence dans un objet de 730 g de :

  • votre discothèque complète, y compris les listes de lecture,
  • votre bibliothèque,
  • vos revues,
  • l’ensemble de vos photos et une partie de vos films,
  • vos cours, y compris en format vidéo,
  • une partie de votre ludothèque,
  • un moyen auxiliaire de travail.

À l’énoncé de ces caractéristiques, c’est évidemment une incarnation du Diable numérique, la conversion immatérielle de notre savoir ! Actuellement, l’iPad est le premier exemple crédible d’un appareil intégrant toutes ces fonctions. Comme pour l’iPhone, il n’est pas le premier à exister, mais son confort d’utilisation annihile les barrières techniques.

Configuration

La configuration minimum serait un iPad 64 Go avec 3 G. Si cela semble ambitieux et coûteux, c’est obligatoire si on envisage une utilisation numérique itinérante de son savoir.
Un ordinateur hôte, un Macintosh est nécessaire si on désire vraiment bénéficier du confort des relations entre données. Sans lui, vous ne bénéficierez pas de l’intégration entre photographies, musiques et documents. Contrairement à une crainte énoncée par certains analystes financiers, cet objet ne va pas phagocyter les ventes de Macintosh, il va au contraire les renforcer…

Utilité ?

L’évolution d’un concept suit des cheminements tortueux, souvent des routes prometteuses débouchent sur un cul-de-sac. Pour cet objet on peut se poser la question essentielle, gadget éphémère ou nouvelle manière de travailler ? Je risque de paraphraser David Pogue du New York Times, « un esprit rationnel ne voit pas d’utilité pour cet appareil, mais une fois en sa possession, il est difficile de l’abandonner ».


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© Chappatte in International Herald Tribune


À mi-chemin entre un téléphone portable dont il tire sa technologie et un ordinateur, cet objet est difficilement cataloguable. Après sept jours d’utilisation, ma première impression s’est confirmée, c’est une nouvelle méthode pour accéder à Internet en déplacement.
La capacité supplémentaire de pouvoir transposer ses outils de travail dans un environnement agréable nous renvoie au début de l’informatique ou les virus n’existaient pratiquement pas. Confort supplémentaire pour les voyageurs, l’iPad est considéré comme un téléphone dans les aéroports, il n’est pas nécessaire de le déballer à la douane !
Finalement, sa capacité d’offrir une fenêtre sur des contenus multimédias préfigure peut-être le mariage de Gutenberg avec McLuhan où chaque technologie se complète. À ce titre, c’est probablement un renouveau de la lecture avec un progrès d’un autre ordre, emmener l’ensemble de ses bibliothèques dans un objet de 730 g  !



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