FLASH INFORMATIQUE FI



Cloud computing et web mobile, un avenir sans nuages




Patrice FUMASOLI


Au mois de mai de cette année j’ai eu la chance de m’envoler pour la Californie dans le cadre d’un voyage organisé par la Silicon Valley Association dont l’UNIL est sponsor académique. Je ne pouvais pas revenir de cette terre sainte de l’informatique sans un article pour le Flash informatique dans mes bagages...

L’informatique en nuages

Cloud computing : ce mot était sur toutes les diapositives PowerPoint qui ont rythmé les nombreuses présentations qui ont animé mon séjour. LA nouveauté que chacun intègre dans ses plans d’avenir forcément brillants incarnés dans des suites ébouriffantes de graphes à l’inévitable allure exponentielle, cotation en bourse ou besoin de capital-risque obligent.
Si l’expression est récente, le concept lui n’est pas neuf - le lecteur qui a commencé à s’intéresser à l’informatique avant la démocratisation du PC dans les années 80 se rappellera du règne du terminal. Vous savez, une machine quasi dénuée d’intelligence locale qui se connecte via une interface réseau à un gros ordinateur qui exécute les applications, stocke les données, effectue les calculs et renvoie les résultats à un client qui se contente d’afficher : toute ressemblance avec un ordinateur d’aujourd’hui qui se connecte à internet serait purement fortuite ...

Google, roi du nuage

Le colosse de l’ère internet nous a présenté Google Earth, Google Apps et YouTube, soit 3 illustrations du Cloud computing - Google ne produisant que des services accessibles par internet - jusqu’à l’annonce récente de la création d’OS, Android et Chrome, destinés aux smartphones et aux netbooks (mais ne s’agit-il pas juste de rendre l’accès au cloud plus performant ?).

YouTube connaît aujourd’hui un tel succès - 15 heures de vidéo atterrissent sur les serveurs de Google chaque seconde - que la façon dont les gens consomment l’image change. Des films entiers et autres oeuvres soumises au droit d’auteur sont ainsi mises à disposition librement des internautes. La loi est en cours d’adaptation pour intégrer cette révolution impossible à arrêter.
Google Apps propose de vous libérer des contraintes du déploiement et de l’entretien d’une suite bureautique, de l’installation de serveurs locaux permettant le travail collaboratif, ou de la mise en place de solutions de backup. Gratuitement pour les particuliers, contre monnaie sonnante et trébuchante pour les entreprises. Adieu problèmes de version de logiciels, d’incompatibilité de fichier : un login et le travail collaboratif peut commencer. Restent les problèmes du cryptage des communications, et du dépôt non crypté des données sur les serveurs de Google...
Google Earth est l’occasion de souligner la puissance de l’association des applications Google (mashup) : démonstration de reconstitution d’un récent crash d’avion par les utilisateurs du service, avec séquences YouTube intégrées tout au long de la trajectoire !

Sun, de l’Ooo dans les nuages

En plein rachat par Oracle, Sun dévoile sa stratégie visant à retrouver la croissance. L’idée est de passer un maximum de technologies en open source, en espérant que des communautés capables de porter les développements à moindre coût se forment spontanément, pour permettre ensuite à l’entreprise de vendre du service.
Sun veut notamment envoyer OpenOffice dans le nuage, en intégrant à cette suite bureautique la possibilité de stocker des documents sur ses serveurs. Le but est de faciliter le travail collaboratif. Avec démonstration à la clé d’une version bêta fonctionnelle d’OpenOffice Mac qui se connecte au cloud de Sun. Un compromis entre le tout distant et le tout local... ou un moyen d’adapter un produit de la gamme au nouveau paradigme.

Cisco, pas de nuage sans gros tuyaux

Un nuage c’est bien beau, mais sans un réseau performant - que Cisco se propose naturellement de construire - cela reste décoratif. YouTube a commencé à concurrencer la TV traditionnelle. Les réseaux P2P assèchent les sources de revenus des vendeurs de CD et de DVD. Apple vend aujourd’hui plus de musique aux USA via son disquaire virtuel iTunes que Wal-Mart via ses bacs à galettes. Les gens ont de plus en plus un smartphone dans leur poche, avec l’envie d’écouter de la musique live et de voir des contenus vidéo (flash d’info, séries, films, ...) pour par exemple meubler le temps passé dans les moyens de transport public.

Cisco voit donc d’énormes perspectives de croissance, exponentielle bien sûr, du besoin en bande passante. Si la TV actuelle et tous les moyens de distribution physique des contenus numériques disparaissent...Cisco ne peut qu’imaginer son avenir en rose !

Mais l’entreprise voit plus loin. Ses routeurs doivent devenir intelligents, afin d’être capables de savoir en temps réel ce qui se passe dans les tuyaux. Pour interdire à la volée le téléchargement d’oeuvres soumises à copyright. Ou pour adapter à la volée le format d’une vidéo au périphérique qui la télécharge. Plus de soucis pour les fabricants de smartphones et autres consoles de poches : le réseau sera assez intelligent pour adapter le format des contenus à l’appareil qui doit les afficher !

Mozilla a le nuage brouillé

Jeff Raskin, coiffé de sa casquette à la Che Guevara, nous reçoit en toute décontraction dans les bureaux des Mozilla labs. Pour une fois l’inévitable graphe à croissance exponentielle n’est pas de rigueur. Mozilla est une fondation qui tire l’essentiel de ses confortables revenus de l’intégration du moteur de recherche de Google dans Firefox, le navigateur vedette de la maison (dont 40% du code a été écrit par la communauté). Cet argent est utilisé pour faire d’internet a better place, avec la meilleure user experience possible. Pas d’actionnaires à satisfaire donc, ce qui permet de focaliser l’énergie sur la qualité des produits et non sur les revenus à générer.
La fondation développe Fennec, un navigateur adapté aux smartphones et autres périphériques nomades connectés à internet et dotés de petits écrans.
Thunderbird, le logiciel de messagerie, va aussi évoluer radicalement pour s’adapter à la révolution que représentent notamment les réseaux sociaux. L’idée est de créer un logiciel capable d’intégrer les réseaux sociaux, les chats et autres mails afin de présenter une interface unifiée, qui permet à l’utilisateur de structurer sa vie numérique actuellement éclatée en dizaines de services différents qui ne communiquent pas entre eux. Un peu à la façon des Wave de Google.
Mozilla a décidément la tête dans le nuage et développe également Weave, une extension Firefox qui stocke votre profil sur les serveurs de Mozilla et qui vous permet donc de retrouver vos informations sur un ordinateur public ou sur votre smartphone. Et vos données sont cette fois-ci cryptées, tant au niveau de la connexion que du stockage sur les serveurs de la fondation. On ne badine pas avec le respect de votre sphère privée chez Mozilla !

Mobilité dans les nuages

Sun, Google, Cisco, Mozilla : chacun prépare une ère où l’accès aux données n’importe où, n’importe quand, depuis n’importe quoi semble devenir la règle. Nos activités online sont toujours plus nombreuses, qu’il s’agisse de loisirs (FaceBook, Twitter,...) ou de travail (LinkedIn, agendas partagés, wiki, ...). Les nuages informatiques s’amoncellent donc à l’horizon d’un futur peuplé de périphériques nomades et connectés à internet...



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