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Rencontres mondiales du logiciel libre


Du software au dataware




Anne POSSOZ


Le temps des cerises est chaque année, depuis dix ans, l’occasion de rencontrer des acteurs du libre. À tour de rôle, une université française sert d’espace aux RMLL 2009 (Rencontres mondiales du logiciel libre) auxquelles participent ces dernières années plus de mille intéressés. Cette année, c’était le tour du Polytech de Nantes. Au milieu d’une activité débordante, avec plus d’une dizaine de sessions parallèles, les thèmes abordés sont pléthoriques, allant des aspects de programmation d’un logiciel précis aux aspects politiques liés aux nouvelles technologies. Et lors des pauses entre les conférences, un grand hall permet de découvrir tant de la littérature que les spécialistes de divers logiciels libres ou encore du matériel innovant, tel un clavier ergonomique avec position des touches optimisée pour la langue française, ou la framakey, la plus légère solution de nomadisme. Comme lors de tout congrès, ces rencontres sont aussi l’occasion de tisser ou renforcer des liens autour de thèmes plus spécifiques. Ainsi, pour la première année s’est créé un petit groupe plus particulièrement centré sur les logiciels libres en milieu universitaire. Une première prise de contact a permis d’identifier la similitude des préoccupations. On notera que lors de stages effectués dans des PME françaises la demande de compétence en linux et certains logiciels libres est revenue plusieurs fois en 2009, conséquence de la crise économique.
La séance plénière a abordé la participation de certains membres du libre à l’Assemblée Nationale, en temps qu’observateurs, lors des débats sur la loi Hadopi (loi française contre le téléchargement illégal). Les hommes et femmes politiques doivent se prononcer dans des domaines très variés et sans avoir nécessairement de connaissances approfondies. La pression des lobbies est alors empressée. De leur côté, les acteurs du libre ont compris l’importance d’éclairer au mieux les politiciens sur le fonctionnement et les enjeux du monde numérique en rapide évolution. Autre aspect grand public, un point de la situation a été dressé concernant la vente liée et les jugements y relevant. C’est ainsi que Darty a été contraint d’afficher séparément le coût des logiciels préinstallés. Les consommateurs qui en font la demande récupèrent de plus en plus souvent le coût des logiciels non souhaités et pourtant vendus de force avec l’ordinateur qu’ils ont choisi. Toutefois, la possibilité d’acheter un ordinateur de son choix avec le système d’exploitation de son choix ou même nu n’est pas encore une contrainte pour les vendeurs mais pourrait le devenir prochainement.
Ces rencontres sont aussi l’occasion d’assemblées générales d’associations. Ainsi, l’April, dont je fais partie, a consacré une matinée au dialogue avec ses membres présents. Cette association, forte aujourd’hui de plus de 5’000 adhérents, est un acteur important de la démocratisation et de la diffusion du logiciel libre et des standards ouverts en France, tant auprès du public que des pouvoirs publics. Sous sa houlette est né le Free software pact proposé aux parlementaires européens, dans la foulée de Candidats.fr. Lentement mais sûrement, la promotion du libre fait son chemin.
Bernard Lamon, du cabinet d’avocat AVOXA, nous a expliqué comment aujourd’hui les aspects de licences libres sont pris en considération alors que personne ne s’en préoccupait il y a dix ans. Comme Michel Jaccard, en Suisse, Bernard Lamon critique la licence GPL pour son côté viral. Ceci provient sans doute du fait que ce sont des avocats payés pour conseiller des sociétés qui souhaitent seulement profiter du logiciel libre sans rien donner en retour ... La protection d’un bien commun leur échappe.
Le thème de l’accessibilité numérique pour les malvoyants et handicapés des bras est un thème récurent des RMLL ces dernières années. Cette année, le groupe de travail a élargi ces préoccupations aux personnes âgées. L’ubiquité ne m’étant pas donnée, je n’ai pu participer à ces présentations.
Un thème intéressant a été soulevé, celui de licences sur des données. Fruit d’un travail minutieux, la présentation concernait la licence LGPLLR (Lesser General Public License for Linguistic Resources), spécifique aux ressources syntaxiques. Tout enrichissement ou modification de cette base de ressource devrait être redistribuée sous la même licence LGPLLR. Mais ce principe peut s’étendre plus largement. Recueillir des données expérimentales est coûteux et le recours à la simulation de plus en plus fréquent. Valider des simulations par confrontation avec des mesures ou réinterpréter des mesures selon divers modèles suggère tout l’intérêt de pouvoir disposer de mesures faites par d’autres. Mettre ces mesures à disposition tout en leur attribuant une licence d’utilisation suit bien la démarche du libre. On peut par exemple imaginer que l’utilisation de données expérimentales appartenant à d’autres impliquerait de publier tout résultat qui en découlerait, dans l’esprit du bien commun. Il est vraisemblable que je vais ici plus loin que la table ronde à laquelle j’ai assisté mais le domaine de droits d’auteurs et de licences de données va certainement prendre de la place dans les années à venir. Les données de Open street map, sous licence Creative Commons Attribution ShareAlike 2.0sont déjà une réalité aujourd’hui.

Pour plus d’information : elle.epfl.ch/RMLL-2009



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