FLASH INFORMATIQUE FI

FI-spécial été 2009 - Mobil-IT


Désillusion du bureau portable




Laurent KLING


L’utilisation des dernières technologies amène souvent l’usager à des évaluations dithyrambiques en occultant leurs limites intrinsèques.

Déluges de SMS

La principale fonction de nos étranges lucarnes mobiles n’est pas la transmission de la voix, mais bien plus l’usage des SMS (Short Message Service). Si l’utilité d’envoyer un bref message peut sembler intéressante, l’origine de cette technique est particulièrement ironique. Confrontés à la nécessité d’échanger des informations techniques, les concepteurs de GSM (Global System for Mobile Communications, au départ Groupe Spécial Mobile) ont intégré 3 canaux :

  • la voix reçue,
  • la voix émise,
  • un canal de communication technique.

C’est par ce dernier canal que transitent nos messages SMS.
En pratique, le SMS possède un coût intrinsèque particulièrement bas :

Ainsi, les compagnies de télécommunications arrivent à nous faire payer 2 fois l’infrastructure :

  • par les taxes d’abonnement,
  • par le coût élevé des SMS.

Maintenant, l’utilisation du SMS est tellement répandue que c’est probablement l’application la plus utilisée sur la planète. Dans un article du New York Times, Katie Hafner présente un tableau des usages du texting [1] chez les adolescents.


Avec une moyenne de 2272 SMS mensuels (80 par jour), les adolescents américains ont pratiquement réalisé les prophéties de McLuhan sur l’ubiquité de l’information. Quand l’addiction atteint des records, elle peut devenir particulièrement impressionnante, par exemple la fille d’un reporter âgée de 13 ans qui avait envoyé 14’528 SMS en un mois (un SMS toutes les trois minutes, 24 heures sur 24).

Un bureau portable particulièrement limité

Confronté au même déluge d’informations nous devons tous trier le bon grain de l’ivraie. À ce titre, je possède un appareil addictif, un iPhone. La principale raison de son succès ne tient pas à des performances techniques particulièrement remarquables, mais à un constat : il fait correctement ce qu’il doit faire.
Cela doit naturellement poser question aux armadas d’ingénieurs qui comparent les prouesses de leurs créations en oubliant un élément essentiel, l’utilisateur. Maintenant, les chantres de l’iPhone sont nombreux et il est aisé de trouver un possesseur qui clame haut et fort l’ensemble de ses qualités comme un converti de fraîche date ; l’interface utilisateur réalise des miracles.
À un niveau plus approfondi, voici quelques constats sur mon iPhone 2G depuis son achat fin décembre 2008.

Consommation de données

Comme j’ai régulièrement mis à jour mon appareil, je suis particulièrement heureux de disposer d’une version de son logiciel en 1.30 (3.0 pour les adeptes du Marketing). Bref depuis janvier 2008, j’ai passé 5.7 jours à téléphoner (et 520 nuits à dormir), transmis la ridicule taille de 56 Mo et reçu le considérable volume de 1.2 Go.

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Réglages > Général > Utilisation

Pour corréler cette consommation, les utilisations de ces flux de données GPRS-Edge sont :

  • recevoir ma messagerie professionnelle,
  • répondre à quelques mails quand je suis en déplacement,
  • suivre les informations disponibles avec les flux RSS et le Web,
  • parfois, rédiger des articles,
  • regarder la météo
  • et finalement m’orienter.

Un mode d’emploi raisonné

Les différentes versions du système d’exploitation de l’iPhone sont :

Publique Développeur
1.1 décembre 2007 1.1
2.0 juin 2008 1.2
3.0 juin 2009 1.3

Messagerie, liste de contacts et calendrier

OS 1.1 Lire les messages dans l’ordre d’arrivée avec sa hiérarchie de dossiers


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dossier sur iPhone

Ce point est essentiel pour ma pratique, pour éviter de devoir gérer des masses importantes de courriel à lire séquentiellement, j’ai organisé ma boîte sous la forme de plus de 80 dossiers et sous-dossiers. Cette hiérarchie me permet de sérier automatiquement les messages en fonction de l’expéditeur, du destinataire et du sujet.
L’ensemble de ces règles d’aiguillages est conservé sur le serveur. Ainsi, mon bureau virtuel s’affranchit de la plate-forme utilisée.

OS 2.0 Synchronisation avec l’ensemble des services de la messagerie Exchange, y compris la liste des contacts et le calendrier

La possibilité de modifier en ligne les données rend la synchronisation physique avec mon poste de travail sporadique (1x tous les 10 jours au lieu d’un réflexe quotidien).

OS 3.0 Capacité à rechercher l’information dans les messages


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recherche dans la messagerie

Finalement disponible, cette fonction manquait cruellement sur un iPhone et comble le principal retard avec d’autres plates-formes comme les BlackBerrys.
À la Macintosh, cette recherche prend deux formes :

  • immédiate dans le dossier de messagerie par un glissement vers le haut qui fait apparaître le champ de recherche,
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Recherche globale
  • globale dans le bureau, avec la possibilité de rechercher dans les messages conservés sur le serveur.
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Réglages > Général > Bouton Principal > Domaine de Recherche

Cette dernière possibilité est presque plus efficace que son implémentation actuelle dans un Mac. Le menu de préférence des recherches permet de définir les données concernées et leur ordre de priorité, un must.

OS 3.0 Création de rendez-vous

Finalement, on dispose vraiment d’une plate-forme entièrement compatible avec un serveur Exchange, ironiquement la facilité d’utilisation d’un iPhone renvoie les appareils Windows Mobile dans une classification d’espèce endémique.

Prise de notes

OS 1.0 Le bloc-notes


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notes

Disponible dès le départ, il est aisé à manipuler, mais reste orphelin d’une quelconque synchronisation sauf l’envoi de notes par courriel.

 
 
 
 

OS 3.0 Synchronisation des notes


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Mail 10.5.7, iTunes

La dernière mise à jour de Léopard (Mac OS 10.5.7) a subrepticement glissé deux améliorations :

  • on peut utiliser Exchange directement dans Mail (adieu IMAP),
  • on peut synchroniser les notes avec iTunes.

Ces 2 fonctions réunies offrent la possibilité d’avoir un carnet de notes efficace. Le seul bémol à cet enthousiasme est que cela se fait par une connexion physique USB.

OS 3.0 Copier-Coller

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copier
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coller

Dans un contexte de prise de note brève, le copier-coller n’était pas d’un besoin pressant et obligeait le rédacteur à utiliser sa mémoire.

Par contre, dans le cadre d’échange d’informations entre les applications, c’était un manque cruel.
Comme à son habitude, Apple a pu résoudre un problème d’ergonomie avec une approche particulièrement zen, un copier-coller sans clavier  !

  • loupe pour choisir le point de départ,
  • sélectionner,
  • copier,
  • aller dans une autre application, coller.

Cerise sur le gâteau, le copier-coller fonctionne parfaitement avec des données enrichies comme un site Web et permet l’envoi par la messagerie sans perte de formatage.

Online - Offline

Par principe, un téléphone mobile est un objet communicant, cependant, il existe deux médias sans fil : GSM payant par nature et WiFi qui peut être gratuit.
Pour compléter la panoplie, on a aussi la possibilité de télécharger l’information pour l’étudier dans un environnement sans connexion. Cette dualité est essentielle pour gérer sa consommation effrénée de données, la facture devenant prohibitive dès qu’on s’éloigne d’un accès bon marché.
En pratique, j’essaye de respecter ces trois principes :

  • pour les tailles importantes, une synchronisation USB,
  • pour les opérations régulières, le WiFi,
  • pour les données imprévisibles, le GSM.

Un exemple de cette pratique :

OS 1.0 - 3.0 Lecture de flux RSS

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RSS en pratique

Les informations sont un élément majeur de ma pratique professionnelle, en particulier pour éviter de recréer quelque chose qui a déjà été inventé. Auparavant, cette recherche était sporadique et entraînait l’ouverture de nombreuses fenêtres sur un navigateur Web. Avec l’iPhone j’ai trouvé un média parfait pour lire les notices qui sont incluses dans les flux.
Un flux RSS offre des avantages certains en terme de débit pour les nouvelles :

  • qui sont courtes,
  • qui cristallisent l’essentiel de l’information,
  • ne sont pas encombrées de publicité.

Sur un écran de grande taille, ces renseignements peuvent disparaître, noyés dans une débauche d’effets visuels.Limitées à un affichage dans la paume de la main, ces bribes d’informations retrouvent tout leur sens.
Pour conserver les gemmes découvertes, ou pour les étudier plus attentivement, il est nécessaire de pouvoir les transmettre. Heureusement, on peut envoyer par e-mail une information particulièrement intéressante. Le marquage offre également la possibilité de communiquer une liste d’éléments significatifs.
Pour éviter une consommation importante de données, je synchronise régulièrement mon appareil sur le réseau WiFi de mon domicile.

Conclusion

Si un Smartphone devient réellement sympathique avec un iPhone, j’ai volontairement laissé de côté la gestion des environnements informatique à distance. Avec l’émergence de surface d’affichage confortable (1920 sur 1200 pixels sur un iMac) accompagnée par les techniques de virtualisation, l’écran d’un appareil portable reste encore à désirer. Au risque d’être considéré comme un luddite, je préfère lire un livre avec le confort de la page imprimée avec une typographie avec empattement adaptée à ma culture latine.
Si vous partagez mon goût pour les lectures d’anticipation, je recommande Trames de l’écrivain écossais Ian Banks, édition Robert Laffond, 2009
Dans cet ouvrage, à une société complètement hédoniste anarchique, libérale, la Culture répond par des machines intelligentes ayant largement dépassé le test de Turing. Dans cet épisode, Circonstances Spéciales, le service action de la Culture se confronte à une menace ancestrale dans une planète artificielle organisée sous la forme de matriochkas. Ces sphères concentriques étant peuplées de différents habitats comme dans une vision platonique du monde. Cette saga est particulièrement plaisante à lire. Ceux qui ont apprécié ce livre peuvent plonger dans les autres tomes sur la même civilisation :

  • Une forme de guerre
  • L’Homme des jeux
  • L’Usage des armes
  • Excession
  • Le Sens du vent
  • Inversion

[1] néologisme d’un dialogue par message court



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