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Steltor


Conférence Steltor 2002

compte-rendu des 19 et 20 septembre




Franck PERROT


Les 19 et 20 septembre 2002 a eu lieu à Montréal la conférence des utilisateurs du calendrier partagé Steltor récemment acheté par Oracle. Concurrent du produit Exchange de Microsoft et du groupware Lotus, l’EPFL a acheté il y a quelques mois 50 licences utilisateurs de ce produit afin d’en tester les fonctionnalités. Etant donné la nécessaire complexité de l’infrastructure informatique d’une grande école comme l’EPFL, (multi-plates-formes, protocoles standards largement déployés tels qu’IMAP, LDAP...), Steltor est apparu rapidement comme le produit à même de répondre à nos attentes. Ce n’est pas un hasard si Steltor est largement utilisé dans les grandes universités d’Amérique du Nord comme le MIT. Ce n’est également pas un hasard si Exchange est boudé par ces même universités, car cela remettrait en cause leur propre histoire informatique, laquelle repose, comme nous, massivement sur des produits standard et ouverts. Les clients des produits Steltor présents à cette conférence confirmeront ce point de vue, mettant ainsi en garde Oracle.

Rachat de Steltor par Oracle

Oracle pense que le calendrier Steltor est le meilleur produit du marché et qu’il constitue le coeur technologique d’un marché très porteur. Pratiquement tous les employés de Steltor ont intégré Oracle et resteront basés à Montréal. Le principal inconvénient de ce rachat est que les clients auront certainement moins d’influence sur le devenir du produit. En contrepartie, le produit bénéficiera du support d’une entreprise beaucoup plus solide, de l’accès aux technologies de celle-ci et gagnera probablement en visibilité à long terme.

Collaboration Suite (CS)

CS est un ensemble de logiciels (ou groupware) structurés dédié à la collaboration électronique. Chacune des applications (composants) citées ci-dessous pourra être installée ou non. A partir de la version 2, toutes s’appuieront sur l’infrastructure Oracle. Néanmoins, et bien que les dirigeants d’Oracle ne m’ont pas paru très clair sur les points suivants, il semble acquis que :
• OpenLDAP, iPlanet Directory et Active Directory seront supportés dans la version 2 et pourront être synchronisés avec OID (Oracle Internet Directory) ;
• de nombreux serveurs IMAP seront supportés dont ceux d’iPlanet, de Microsoft Exchange, de Lotus, de Cyrus et de l’Université de Washington.

Composants de CS

1. Accès
• clients natifs, outlook (Windows seulement), Web (le look&feel peut être personnalisé pour s’intégrer dans un portail), wireless (accès au calendrier depuis un mobile supportant WAP ou iMode, signalisation de modification par SMS), voix...fax, voice assistant, instant messaging (chat)
• 10 langues supportées
• Calendar Sync (PDA) : Palm for Mac, Palm/Pocket PC pour Windows
• Calendar SDK : Java bindings
• Calendar API : développement possible de nouvelles interfaces configurables grâce à un ensemble de fonctions C utilisant l’API ou au travers d’XML et de SOAP en utilisant les Web services. Ceci permet d’intégrer le calendrier dans un portail (e-pfl). Les langages utilisés peuvent être C, C++, VB ou Java.

2. Applications
• Calendrier, Email (IMAP4, POP3, SSL, MIME, ESMTP), Search (text index), Voicemail, Files (serveur de fichiers : Web, FTP, NFS, SMB, AFP)... Web conferencing, collaboration (iMeeting : desktop workgroup)

3. Infrastructure
• Application server, OID (LDAPv3), Security, SGBD...Web services, CS API.

Remarques importantes

• Le serveur détient toutes les informations dans une base de données. Chaque client se connecte au serveur : optimisation, fiabilité, performance, accès au calendrier en temps réel, ce qui n’est pas le cas avec Exchange. Le fait que tout se trouve dans une base de données offre de multiple avantages : pas de réplication au niveau des clients, modification accessible instantanément, pas de délai d’attente... Administration simplifiée, cluster possible pour plus de fiabilité.
• Sur Unix, 20’000 utilisateurs possible sur un seul serveur (beaucoup plus qu’Exchange)
• Administration : via le Web ou à l’aide de scripts pour des tâches automatiques.
• 3 sortes de compte client : utilisateur, ressources (ex : salle de conférence, projecteurs), événement (informations diverses).
• Clients vraiment multi-plates-formes : natifs (Windows, Mac, Motif Linux, Solaris, HP-UX, AIX), outlook, Web (Apache, FastCGI permettant une connexion persistante avec le serveur), depuis un mobile avec un micro-butineur (GPRS, XML), SMS et synchronisation, synchronisation PDA, API.
• Tous les services (calendrier, Email, to-do lists, notes...) de CS sont accessibles depuis une interface commune.
• Le SGBD inclus à CS ne peut être utilisé ailleurs.

Perspectives

De mon point de vue, CS est probablement un très bon produit :
• Il s’appuie sur des standards largement utilisés à l’EPFL.
• La connexion entre CS et notre propre infrastructure (serveur IMAP, OpenLDAP, Gaspar) semble possible
• L’accès s’effectue depuis pratiquement n’importe quelle plate-forme, du PC au mobile en passant par le PDA et le Web.
• Il est sans doute supérieur aux produits concurrents
• Il devrait pouvoir s’intégrer relativement facilement dans le portail e-pfl (API, java).
• À côté du calendrier, plusieurs composants de CS peuvent vraiment nous intéresser, en particulier le serveur de fichiers (Files) et le partage de desktop ou documents (iMeeting)
• Il est probable que les conséquences induites (coûts qu’entraîneraient l’abandon de logiciels ouverts gratuits...) de l’intégration de CS à l’EPFL soient beaucoup moins lourdes à supporter que celle des produits concurrents.

Roadmap

Septembre 2002
• Steltor Corporate time (calendrier partagé actuellement en test à l’EPFL) & Collaboration Suite V1.

Début 2003
• Oracle Calendar et Collaboration Suite V2 (Oracle calendar est la partie calendrier de CS V2 installé en standalone).

Début 2004
• Collaboration Suite V3 (le calendrier ne peut plus être installé en standalone).

Conclusions

Le déploiement d’un groupware de cette envergure implique nécessairement une étude approfondie. La difficulté majeure reste la question de son intégration dans une infrastructure ouverte comme la nôtre. Si l’EPFL souhaite poursuivre l’expérience, il faudra étudier la version d’Oracle (CS version 2) prévue en 2003.

Il est à noter que l’intégration de CS à l’EPFL n’est pas à prendre à la légère étant donnée l’ampleur des outils à disposition, du support inévitable à donner aux utilisateurs, de l’administration. CS pourrait devenir à terme, si l’EPFL décidait de l’utiliser à grande échelle (étudiants...), une nouvelle plate-forme logicielle critique à part entière. Il faudrait en outre prévoir des cours d’utilisation pour chacun des composants utilisés.

Il ne faut pas voir CS comme un nouvel outil secondaire, mais réellement comme une nouvelle plate-forme facilitant la collaboration interne, laquelle pourrait devenir à long terme essentielle. Que Microsoft, Lotus, Oracle et Sun, investissent à ce point sur ce nouveau marché prouve, s’il est encore besoin, que ce type de produits deviendra à n’en pas douter essentiel et critique dans un proche avenir, comme l’a été la bataille sur les butineurs il n’y a pas si longtemps. Reste à vérifier l’importance de l’intérêt des utilisateurs de l’EPFL pour ce type d’outil.



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