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Architecture Information Summit




Natalie MEYSTRE


Forli (Italie), février 2009

Avant de détailler les différentes interventions qui se sont succédées lors de cette conférence, il me semble important de revenir sur la définition du travail d’un architecte de l’information, un rôle qui est mal compris des développeurs, obnubilés par le débogage de leurs applications mais également des webmasters, focalisés sur l’information à mettre d’urgence en ligne : l’architecture de l’information est l’art et la science de structurer, de cataloguer et d’indexer des sites web ainsi que des intranets pour aider les utilisateurs à trouver et gérer l’information. Elle transpose les principes du design et de l’architecture dans les univers digitaux.
L’AI (architecte de l’information), digne descendant des héros de la mythologie classique comme Hercule ou, (les jours de déprime) Sisyphe, s’attelle aux tâches suivantes :

  • il détermine les stratégies de mise en ligne et la structure d’un site web en se basant sur les besoins des utilisateurs ;
  • il organise le contenu (l’énumère, le catégorise, le structure) ;
  • il choisit un système de navigation et s’assure de sa cohérence et de sa permanence sur l’ensemble d’un domaine web.
  • il fait en sorte que ce système de navigation permette à la fois de butiner du contenu d’une page à l’autre ET de trouver une information spécifique, sans que l’internaute se sente perdu ou frustré ;
  • il définit les emplacements et interactions des différents contenus ;
  • il choisit les labels et la terminologie à utiliser ;
  • souvent, il réalise des tests d’usabilité : il enquête sur la manière effective dont les gens utilisent un site ou une application, vérifie ce qu’ils y comprennent et s’ils sont capables de mener à bien des tâches précises ;
  • il s’efforce de mettre l’utilisateur au centre des réflexions des créateurs de site ;
  • il mène un guerre de tranchées pour faire respecter une navigation, la localisation des éléments sur une page, diminuer le nombre de clicks, raccourcir les textes, supprimer les abréviations locales et le jargon technique.
  • sa devise a été lancée en 2001 par Steve Krug : DON’T MAKE ME THINK  !.

Fortes de ses principes admirables, deux à trois cents personnes pleines d’énergie et d’enthousiasme se sont réunies à Forli, près de Bologne, pour discuter des moyens à employer pour faire du web un endroit plus beau et plus fréquentable pour le commun des mortels.

Quelques trends à suivre

Parmi les présentations, certaines s’éloignent du travail de tous les jours et cherchent à explorer les potentialités peu défrichées du Web :

  • un médecin utilise les moteurs de recherche pour lier bases de données médicales et témoignages privés sur des blogs, afin de mieux associer maladies et symptômes.
    L’AI décloisonne la barrière entre le savoir officiel (la faculté de médecine) et les expériences vécues.
  • un des designers du jeu Killzone présente une analyse des comportements des joueurs, basée sur la théorie des jeux, utilisée pour améliorer la version 2.
    L’AI se penche sur le travail des psychologues et des sociologues pour optimiser une application.
  • une enseignante a introduit auprès de jeunes enfants la méthodes des tags libres pour classer des photos et des images avec des mots-clefs. Curieusement, les résultats obtenus ne sont guère différents que ceux fournis par des adultes.
    L’AI questionne les systèmes de classification pour les faire coïncider avec la manière naturelle de trouver des infos.
  • une bibliothécaire a mené une réflexion originale et riche d’enseignement sur la manière dont les livres sont disposés sur les étagères des bibliothèques, à travers les âges.
    L’AI ne se limite pas au monde virtuel dans ses réflexions sur les habitudes de présenter de l’information.
  • un débat a lieu sur les interfaces adaptables : l’internaute pourrait bénéficier d’une mise en page du site customisée en fonction de ses habitudes de navigation et de ses intérêts : avec le risque de ne pas connaître toute la profondeur des offres et des produits d’un site.
    L’AI touche les limites entre un design focalisé sur l’utilisateur et les requis publicitaires et de communication d’une entreprise.
  • ...

Quelques cas concrets présentés lors de la conférence

D’autres mettent en valeur des travaux réalisés pour des communautés publiques :

  • une base de donnée structurée pour trier le touffu corpus juridique italien.
    L’AI vient à la rescousse des juristes du pays qui a le plus de lois au monde.
  • un guide on line pour expliquer les démarches administratives nécessaires à la création d’entreprise.
    L’AI simplifie les modes d’emploi pléthoriques composés par des fonctionnaires et non pour des utilisateurs.
  • une étude sur les pages d’accueil d’universités : une majorité d’éléments se retrouvent sur chacune d’elle, indépendamment de la ligne graphique.
    L’AI s’inspire de l’existant et fait une revue de pairs plutôt que de réinventer la roue.
  • une mise en valeur des spots touristiques d’une région italienne, qui va au-delà des frontières des communes pour présenter de manière exhaustive les richesses culturelles de la zone.
    L’AI se met à la place du visiteur et classe les infos en fonction de ses besoins, au lieu de se baser sur une structure politique intéressant uniquement les communautés locales.
  • ...

En conclusion

Si demain, en ouvrant votre navigateur web, vous continuez à pester contre une mauvaise mise à disposition de l’information, sachez qu’une armée de professionnels oeuvre pour vous simplifier la vie. Alors, sachez les écouter lorsque vous aurez vous-même de l’information ou des fonctionnalités à mettre en ligne.

Sources

Bibliographie

  • Don’t make me think par Steve Krug.
  • Information architecture for the World Wide Web par Lou Rosenfeld & Peter Morville


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