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FI-spécial été 2008 - Pérenne-IT


Que reste-t-il de nos mémoires ?




Laurence DENOREAZ-BUCLIN


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Tablette d’argile (2 400 ans av. J.-C.) en écriture cunéiforme. Image tirée du site : (copyleft)

A l’origine, il y a environ trois millions d’années, arrive l’homme, qui va éprouver le besoin de nouer des contacts sociaux avec ses semblables, puis de partager au niveau commercial et culturel : il développe le langage. Ensuite, se fait sentir le besoin de conserver des traces des échanges entre humains et ce fut la création des images (représentations de la vie, des personnages et des objets), puis l’apparition de l’écriture (échanges commerciaux, archives...), il y a environ cinq mille ans. L’écriture ne fait partie que d’une infime portion de l’histoire de l’humanité.
Concernant l’apparition du langage, deux théories s’affrontent. Une première hypothèse déclare qu’il est apparu récemment, entre -100’000 et -35’000 ans, alors qu’une deuxième soutient un développement lent depuis 3 millions d’années. Une chose est sûre, le passage à la bipédie a permis à l’homme d’améliorer son souffle et de développer son larynx. Ce qui lui donnera la faculté d’émettre des sons.
Le développement de la taille du cerveau, certainement dû à une alimentation riche en protéines animales, ainsi que la vie communautaire a favorisé cette longue évolution du langage. Par le passé, les relations sociales passaient par des séances d’épouillage, ainsi que par le bavardage. Le bavardage qui compose environ 65% de notre temps de parole permettait de tisser et de renforcer les liens sociaux du groupe.

Un autre débat important par rapport aux débuts du langage est celui de savoir s’il y a eu au départ une ou plusieurs langues développées en parallèle. On trouve les partisans du polygénisme qui soutiennent que la seule chose commune aux premiers hommes était la faculté de parler et qu’ensuite plusieurs langues auraient germé au fur et à mesure de leurs déplacements vers d’autres groupes d’humains. Alors que d’autres chercheurs lui opposent la théorie du monogénisme, qui déclare qu’une seule langue serait à l’origine de toutes les autres.
Une chose est sûre, à cause d’importants changements climatiques en Afrique (sécheresse) il y a bien eu expansion vers l’Asie, d’où la propagation des modes de communication.
Le langage est essentiel pour la transmission de la mémoire de la société. Il sert à perpétuer les rites, le savoir-faire et les acquis du passé.
Les premiers signes durables de communication sont retrouvés dans des cavernes. Les peintures pariétales apparaissant dans les grottes de Chauvet (32’000 à 30’000 av. J.C.) et Lascaux (entre 17’000 et 15’500 av. J.C.). Le débat est encore d’actualité, s’agit-il d’art ou d’archives que l’on trouve sur les parois de ces grottes  ? Peut-être les deux  ? Le mystère de ces peintures reste quasiment intact. Quelle est la signification de certains traits ou points retrouvés dans ou autour de ces dessins ? Que veulent indiquer les mains négatives retrouvées dans beaucoup de grottes  ? Seuls les types d’animaux dessinés (taureaux, chevaux, rhinocéros,...) nous donnent quelques indications quant au climat régnant à cette époque.
Après les grottes, un étrange bâton (l’os d’Ishango) datant approximativement de 20’000 av. J.C. a été retrouvé au Congo. Il pourrait être à la base de l’arithmétique que nous connaissons.
Puis datant de 10’000 av. J.C., des pierres gravées sont retrouvées en Syrie. On essaie encore de déchiffrer la signification de ces pétroglyphes. S’agit-il du décompte d’un troupeau, du comptage d’une récolte ou simplement de graffitis  ?
Après la Mésopotamie, le Val Camonica (8300 à 1600 av. J.C.), situé au nord-est de l’Italie, est réputé pour être l’un des premiers centres d’archives de l’humanité. Ses habitants ont régulièrement peint des objets et des scènes de leur vie quotidienne. On a même retrouvé une pierre sur laquelle est dessiné le plus ancien plan cadastral connu. Les Camuniens ont aussi dessiné des personnages, ainsi que des armes. Ce devait être un peuple de guerriers, qui semblait connaître le métal.
Les premières traces d’écriture se découvrent en Mésopotamie. Il s’agit de jetons d’argile, nommés calculi par les spécialistes, qui seront placés à l’intérieur d’une bulle-enveloppe et qui symbolisent les quantités de marchandises échangées. Sur la surface de la bulle, on apposera un sceau de validation.
Ensuite, les sphères de calculi sont mises à plat sous forme de tablettes. L’argile est utilisée pour l’usage courant et des pierres solides pour les documents officiels.
Avec le développement des villes et de structures étatiques, on éprouve le besoin d’établir des inventaires, C’est sur le site archéologique d’Ebla ( 2’500 ans av. J.C.) que l’on découvrira de nombreuses tablettes, répertoriant des récoltes et des inventaires de denrées alimentaires, des textes législatifs (comptes-rendus, lois, ordonnances,...), des listes de fonctionnaires, ainsi que, placés à part, des textes religieux et artistiques.
On trouve aussi des tablettes en Crète. Ce sont des textes provisoires, car les textes officiels sont gravés sur du bois.

Dans les documents marquants des débuts de l’écriture, on ne saurait oublier de mentionner le code d’Hamourabi, texte législatif, datant de 1750 av. J.-C., gravé dans du basalte et établissant que tous les hommes sont soumis aux mêmes règles, ni l’épopée de Gilgamesh, qui retrace la vie d’un des rois d’Uruk.
Au début de l’écriture étaient les pictogrammes (dessins), puis les idéogrammes (complétés par une idée, tels le chinois, l’égyptien et le cunéiforme) qui vont finalement se transformer en phonogrammes (qui représentent un son). Avant d’aboutir, suite à un long processus, aux écritures utilisées actuellement (grecque, cyrillique, arabe, coufique, karmatique, hébraïque, gothique, romaine).
L’invention de l’écriture est due au besoin de fixer des messages et de consigner les faits et pensées sur la durée, car la mémoire de l’homme est limitée. Mais il aura toujours cherché à garantir la transmission et l’authenticité des informations.

La question essentielle qui se pose actuellement est celle de savoir s’il sera possible de transmettre aux générations futures des informations sur notre époque d’une façon aussi fiable que celle qui nous a permis de connaître l’évolution de l’aventure humaine depuis ses origines.

Pour de plus amples informations sur le sujet, vous pouvez consulter les sites suivants :

Un grand merci à Mme Françoise Dubosson, mon professeur à la filière Information documentaire de la HEG de Carouge, qui par ses cours captivants m’a donné l’envie de transmettre plus loin une partie des connaissances acquises. /p>



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