FLASH INFORMATIQUE FI



Quarante ans d’expérience dans le supercomputing




Jean-Claude BERNEY


JPEG - 6.7 ko
De gauche à droite : Michel, Daniel-André Décosterd, Fred-Ami Rougemont, Jean-Michel Chenais et Françoise Jaunin

Parler de la carrière de Michel Jaunin à l’EPFL, c’est comme refaire l’histoire des serveurs de calcul depuis presque leurs débuts. À part le calculateur Stantec Zebra, machine à tubes électroniques, Michel s’est occupé de toutes les machines de puissance que l’EPFL a acquises.

Après un titre d’ingénieur-physicien diplômé de l’EPUL, Michel débute sa carrière professionnelle en janvier 1968 en tant qu’ingénieur système dans la même École. Il travaille alors au Centre de Calcul électronique (CC) de l’EPUL situé à l’avenue de Cour. Moins de 10 personnes collaborent autour d’un système IBM 7040 (mémoire principale à tores magnétiques de 32k mots de 36 bits). Il s’agit des années héroïques de l’informatique scientifique où les ingénieurs systèmes doivent à la fois oeuvrer à l’amélioration des systèmes d’exploitation et aider les utilisateurs à développer leurs applications.
En 1969, en même temps que l’École se fédéralise, débute l’étude pour le remplacement de l’IBM 7040. Avec le choix du constructeur Control Data Corporation (CDC) s’ensuit pour Michel un stage d’une année aux États Unis, tout d’abord au centre de calcul de l’Université du Colorado (Boulder), puis dans un département de développement et d’entretien de logiciels, chez le constructeur CDC. Il s’acclimate très bien au mode de vie américain et roule en Ford Mustang. En 1972, un système CDC 73/26 (96k puis 128k mots de 60 bits de mémoire également à tores), puis 73/28, est installé dans un nouveau pavillon, construit à côté de celui qui abritait l’IBM 7040.

Dès 1977, Michel est nommé chef de section au Centre de Calcul et est responsable d’un groupe d’une dizaine de personnes. En 1980, le CDC 73/28 est remplacé par un CDC 720. Puis, en 1983, deux Control Data Cyber 855 (chaque système comporte 1 Mmots de 64 bits (8 MB)) sont installés dans les nouveaux locaux du Centre de Calcul dans le bâtiment des Mathématiques (MA) dont la construction vient de se terminer sur le nouveau site d’Ecublens.
En 1983, Michel devient chef du groupe Exploitation et joue un rôle accru dans les relations avec les fournisseurs. Parmi ces derniers, l’un sort du lot, c’est Cray, avec qui l’EPFL aura pendant une dizaine d’années des contacts très étroits et qui donnera la possibilité à Michel d’être en contact avec de nombreux laboratoires très prestigieux comme PSC (Pittsburgh Supercomputing Center), JPL (Propulsion Laboratory - NASA), LLNL/LANL (Livermore/Los Alamos National Labs).
La saga des Cray à l’EPFL a été la suivante :

  • 1986 : Cray 1 (mémoire de 2 Mmots de 64 bits (16 MB)), transformé en Cray 1S/2300 par l’ajout d’une unité d’entrées/sorties (IOS) ;
  • 1988 : Cray 2 (mémoire de 256 Mmots de 64 bits, soit 2 GB), extension à 4 processeurs en 1990 ;
  • 1992 : Cray Y-MPEL (256 MB) appelé Nestor ainsi que Cray Y/MP4E appelé Pascal (64 Mmots de 64 bits (512 MB)) ;
  • 1993 : Cray Y/MP M94 4512 (512 Mmots de 64 bits (4 GB)) ;
  • 1994 : Cray T3D-256 (256 processeurs avec 64 MB par processeur).

Cette période correspond à la période glorieuse du High Performance Computing (HPC) à l’EPFL.
S’en est suivi une période plus économique, que certains qualifieront de MPC (Medium Performance Computing) :

  • de 1997 à 2005, la période Silicon Graphics avec les machines Origin
  • de 1998 à 2003, les premiers clusters avec tout d’abord des modèles expérimentaux de la série des Swiss-TX
  • de 2003 à 2006, le serveur Janus (HP/Compaq SC45)
  • et enfin les machines basées sur des serveurs standards avec des processeurs Intel ou AMD : les clusters Mizar, Alcor et Callisto (tous des noms d’étoiles choisis par Michel).

En 2005, l’acquisition d’un IBM BlueGene/L dans le cadre du projet BlueBrain marque le retour de l’EPFL dans le monde du HPC (8ème au top 500 en juin 2005 avec 22.8 Tflops). Et, pour Michel, on peut dire que la boucle est bouclée, que de chemin parcouru depuis l’IBM 7040 et ses 32k mots de mémoire !
Sur ces 40 années, je me suis principalement focalisé sur les serveurs de puissance qui sont les éléments les plus visibles et qui marquent le plus les mémoires, mais Michel a également eu la responsabilité d’exploiter d’autres services très importants pour l’EPFL et cela surtout depuis le passage du SIC au DIT en 2003. A la tête du groupe Exploitation (DIT-EX), il ne s’est pas seulement occupé de HPC ou MPC mais également de stockage (SAN, NAS, backup) et de gestion de serveurs d’applications réels, et même virtuels.
Depuis le 1er octobre 2007, date à laquelle Michel a souhaité diminuer son taux d’activité, il est remplacé par Fabien Figueras en tant que chef du groupe DIT-EX.
C’est avec une certaine nostalgie que j’ai retracé ces différentes étapes d’une carrière vraiment bien remplie. Cher Michel, au nom de tout le DIT, je te remercie pour tout ce que tu as apporté à l’EPFL et te souhaite une longue et heureuse retraite, certainement très active avec ta passion des voyages.

La fôte d’orteaugraffe mise à mal

Derrière Michel l’ingénieur, se cachait un autre Michel linguiste et grammairien à qui le Flash informatique doit beaucoup. Peu le savaient, mais Michel s’est attelé durant de nombreuses années scrupuleusement à la lourde tâche de relecteur de nos colonnes. En bon scientifique, il ne se contentait pas d’une simple traque de la faute grammaticale ou orthographique, il veillait à la véracité des dires et à la cohérence du texte. Michel allait jusqu’à contrôler si le lien derrière une adresse Web était correct. Le journal perd avec son départ une aide précieuse. (Ndr)



Cherchez ...

- dans tous les Flash informatique
(entre 1986 et 2001: seulement sur les titres et auteurs)
- par mot-clé

Avertissement

Cette page est un article d'une publication de l'EPFL.
Le contenu et certains liens ne sont peut-être plus d'actualité.

Responsabilité

Les articles n'engagent que leurs auteurs, sauf ceux qui concernent de façon évidente des prestations officielles (sous la responsabilité du DIT ou d'autres entités). Toute reproduction, même partielle, n'est autorisée qu'avec l'accord de la rédaction et des auteurs.


Archives sur clé USB

Le Flash informatique ne paraîtra plus. Le dernier numéro est daté de décembre 2013.

Taguage des articles

Depuis 2010, pour aider le lecteur, les articles sont taggués:
  •   tout public
    que vous soyiez utilisateur occasionnel du PC familial, ou bien simplement propriétaire d'un iPhone, lisez l'article marqué tout public, vous y apprendrez plein de choses qui vous permettront de mieux appréhender ces technologies qui envahissent votre quotidien
  •   public averti
    l'article parle de concepts techniques, mais à la portée de toute personne intéressée par les dessous des nouvelles technologies
  •   expert
    le sujet abordé n'intéresse que peu de lecteurs, mais ceux-là seront ravis d'approfondir un thème, d'en savoir plus sur un nouveau langage.