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Virtualisation au quotidien, et en bref




Michèle COULMANCE


Mise en garde

La virtualisation prend de plus en plus d’importance ; il n’est pas question ici d’être exhaustif, mais seulement de fournir quelques pistes. La virtualisation est un marché qui évolue très vite à l’heure actuelle. Le temps que vous lisiez ces lignes, une partie de leur contenu sera déjà obsolète...

Quelques références

Wikipedia :

C’est quoi

Il s’agit de pouvoir faire tourner simultanément plusieurs OS (operating system = système d’exploitation) sur une même machine et de s’affranchir des pesanteurs du multi-boot, qui permet certes de faire coexister plusieurs OS sur une même machine, mais pas de les faire tourner simultanément, et qui oblige à un redémarrage chaque fois que l’on veut passer à un autre OS. Le logiciel de virtualisation veille au partage des ressources matérielles de la machine et simule autant de machines virtuelles qu’il y a d’OS installés. Chacun des OS ne voit que sa propre machine virtuelle.
Il existe différentes approches pour parvenir à cette solution ; pour simplifier, à l’heure actuelle on évoque surtout la virtualisation (les solutions VMware par ex.) et la paravirtualisation (par ex. Xen).
La première solution offre un large éventail d’environnements hébergés, au détriment des performances obtenues sur les machines virtuelles ; la seconde réduit considérablement la liste des OS hébergés possibles, mais permet d’obtenir de très bonnes performances sur les machines virtuelles. Si vous vous intéressez aux aspects techniques, vous pouvez consulter un (parmi bien d’autres) article de M. Lamelot, 2007.

Pour qui, pourquoi ?

La virtualisation est une solution qui permet de développer rapidement un parc de serveurs et c’est l’objectif du service myvm proposé dans le cadre du DIT. Mais en dehors de cette utilisation, elle peut être aussi parfaitement adaptée à des besoins plus individuels  : faire tourner un logiciel qui n’est disponible que pour un OS, tester une nouvelle distribution, tester la portabilité d’une application, etc.

Avant tout ... réfléchir

Si ! Avant d’envisager les solutions possibles, il est bon de passer quelques instants à réfléchir aux utilisations que l’on souhaite mettre en oeuvre. Aucune solution n’est parfaite, il va falloir trouver celle le plus en adéquation avec les besoins de l’utilisateur, en tenant compte également des ressources matérielles de la machine physique et des ressources financières de l’utilisateur, sans oublier les ressources en temps et en compétences informatiques du même utilisateur.
Avec une solution de virtualisation, il y a obligatoirement une dégradation des performances des OS virtuels, il faut en tenir compte selon le type d’application que l’on veut utiliser ou tester. Il y a obligatoirement partage des ressources physiques, il faut avoir une quantité de mémoire suffisante pour que la virtualisation soit une solution confortable. Il faut vérifier quels sont les besoins des machines virtuelles en terme d’accès réseau, quels sont les besoins en terme de performances graphiques des OS virtuels, entre autres.

Quelques remarques

Mémoire

Pour bénéficier de conditions confortables, il vous faudra de la mémoire. Et les 512 MB, requis la plupart du temps comme minimum, s’ils sont nécessaires ne seront en aucun cas suffisants. Outre la mémoire utilisée par les applications qui tournent sur la machine réelle, et la mémoire utilisée par le logiciel de virtualisation, il vous faut avoir encore assez de mémoire libre pour permettre à un OS virtuel de tourner dans des conditions convenables. Donc au moins 1 GB si vous voulez essayer et ne pas être dégoûté.
Pour l’espace disque, une machine virtuelle est vue comme un gros fichier. La taille de ce fichier dépendra évidemment de l’OS et des programmes que vous installez. Il est souvent proposé 8 GB par défaut.

Réseau

Selon les produits (Vmware et VirtualBox),vous bénéficiez de 3 modes préconfigurés :

  • bridged - vous pourrez attribuer aux machines virtuelles une adresse IP, la machine virtuelle sera alors autonome, et pourra être vue de l’extérieur (mode bridged networtk) ; n’oubliez pas de lui appliquer alors les correctifs sécurité indispensables).
  • nat - les machines virtuelles sont connectées via une émulation NAT/DHCP installée sur la machine host. Elles accèdent à l’extérieur, mais ne peuvent être atteintes depuis l’extérieur.
  • host-only - les machines virtuelles ont accès uniquement à la machine host.

Pour obtenir l’ensemble de ces fonctionnalités dans les autres solutions proposées, il vous faudra parfois configurer les machines vous même.

Parmi les plus utilisés

Nous évoquerons ici 4 produits qui peuvent convenir :

  1. VirtualPC créé par Connectix (racheté par Microsoft) gratuit, tourne sur une plate-forme Windows ;
  2. VirtualBox édité par InnoTek (racheté, ou en passe de l’être par Sun Microsystems), passé sous licence GPL et gratuit ;
  3. VMware une version Workstation payante, une version Server gratuite ;
  4. Parallels payant.

Le premier, VirtualPC, s’installe sur un OS Windows et permet de créer des machines virtuelles Windows. Les trois autres s’installent sur un OS Windows ou Linux et permettent de créer des machines virtuelles Windows, Linux, Sun Solaris...

ProduitsPlates-formesOS hébergésCoût
VirtualPC
VirtualPCWindowsWindowsGratuit
VirtualBox
Version stableWindows, LinuxWindows, Linux,...Gratuit
En version bêtaMacOSXWindows, LinuxGratuit
VMware
WorkstationWindows, linuxWindows, Linux, Solaris x86, Netware, FreeBSDCoût public : env. $ 189
ServerWindows, linuxWindows, Linux, Solaris x86, Netware, FreeBSD, ...Gratuit
FusionMac OS XWindows, Linux, Solaris x86, FreeBSD,...Coût public : env. $ 80
Parallels
WorkstationWindows, linuxWindows, Linux, Solaris, FreeBSD,...Coût public : env. € 50
DesktopMacOSXWindows, Linux, Solaris, FreeBSD,...Coût public : env. € 80

tableau récapitulatif

Virtual PC

Solution qui peut parfaitement convenir si on ne souhaite pas sortir du monde Microsoft. La nouvelle version Virtual PC 2007 offre un support complet pour Vista, et les performances sont satisfaisantes. C’est gratuit. Ça permet d’avoir une version très récente en test, ou une version ancienne dont on a encore parfois besoin. Il n’est pas impossible d’ajouter une machine virtuelle Linux, en tout cas c’était possible avec Virtual PC2 2004, mais c’est vraiment chercher les ennuis.

VirtualBox

La préférée dans le monde du libre ! Elle est gratuite. L’installation est conviviale, le choix des OS virtuels très étendu. Au niveau des performances, rien à redire. Les fonctionnalités suffisent certainement à satisfaire des utilisateurs qui ont des besoins grand public. Bref, certainement à essayer.

VMware

Vmware est spécialisé en virtualisation depuis 1999, et propose des produits et des fonctionnalités qui sont certainement à l’heure actuelle parmi les plus performants. Dans une gamme très étendue, puisqu’elle va du produit de virtualisation pour un poste de travail, aux produits sophistiqués de virtualisation de serveurs.

  • VMwareWorkstation - interfaces bien faites, tant pour l’installation que pour la gestion des machines virtuelles. Grand choix de systèmes virtuels à installer. Notons que rien n’empêche d’installer un Linux exotique, même s’il ne figure pas dans les listes, simplement il n’y aura pas alors d’optimisations préconfigurées. Des outils pour défragmenter, réduire, agrandir le disque virtuel. Snapshot des machines virtuelles, clonage, déplacement. Tout y est. MAIS, il faut acheter. Cela peut valoir la peine c’est quand même beaucoup moins cher (189 euros prix public) que d’acheter une nouvelle machine physique... et le rapport qualité/prix est au rendez-vous.
  • VMware Server - entièrement gratuit. Il se lance comme un service, et on pourra accéder à ce service y compris à partir d’une machine distante sur laquelle on aura juste installé un VMware-console. Donc on pourra partager entre plusieurs utilisateurs des machines virtuelles installées sur une machine plus ou moins dédiée. On peut aussi bien l’installer sur sa machine de bureau et l’utiliser en client local. Côté interfaces, peu de différences avec VMware Workstation. Par contre, c’est une version plus lourde, un peu moins performante, et ne possédant pas toutes les fonctionnalités de VMware Workstation.

Remarque : Vous pouvez migrer de VMware à Virtual Box, cf. www.virtualbox.org/wiki/Migrate_Windows.

Parallels

Parallels, après avoir mis au point Parallels Desktop, produit tournant sur les Mac, a depuis élargi son offre et propose Parallels Workstation, destiné aux OS Windows et Linux. On le verra ci-dessous à propos des Mac les solutions VMware Fusion et Parallels Desktop sont très proches (ainsi que les prix, d’ailleurs). Il n’en va pas tout à fait de même pour Parallels Workstation. En particulier pour la version Linux les performances ne sont pas au rendez-vous, tant côté visualisation qu’utilisation de la mémoire.

Et quelques autres

Xen

Un coup d’oeil sur Xen : solution de paravirtualisation, qui ne sera certainement pas la solution majoritairement adaptée. Elle peut être très intéressante si vous avez besoin de plusieurs OS libres, de type Linux, open Solaris, etc. sur une même machine physique avec elle-même un OS libre. C’est une solution gratuite, intégrée dans plusieurs distributions (dont Red Hat, SUSE, Fedora, Ubuntu). Elle demande des compétences Linux pour être mise en oeuvre et il ne faut pas avoir peur de la ligne de commande.

KVM

Pour les linuxiens avertis, une solution performante et entièrement Opensource, mais qui ne s’installe que sur une plate-forme Linux, et qu’avec des lignes de commande.

Quelques liens

Et sur les Mac

Pour ceux qui veulent bénéficier de MacOsX : première obligation, achetez un Mac ! Pas encore de vraie possibilité de faire tourner un MacOsX virtuel sur une autre plate-forme. Pour les heureux possesseurs d’un Mac donc, mais qui veulent quand même un Windows ou un Linux en plus : Deux solutions commerciales :

dont le prix public est le même, les performances très semblables et qui sont toutes les deux satisfaisantes. Le choix se fera en fonction de l’aide que vous pouvez recevoir, l’un ou l’autre de ces produits est-il utilisé dans votre entourage par exemple. Les utilisateurs qui connaissent déjà VMware opteront certainement pour Fusion.
À noter : VirtualBox (cf. tableau) propose aussi une version bêta tournant sur MacOsX Léopard. Pour les audacieux, pourquoi pas, en tout cas c’est gratuit ; enfin, ça ne coûte pas d’argent, mais ça peut coûter du temps.

Conclusions

Parallels Workstation ne semble pas une solution très satisfaisante pour le moment ; certes c’est moins cher que VMware Workstation, mais les performances sont moins bonnes que celles de VirtualBox, produit gratuit ! Pour des usages courants, VirtualBox est un des bons produits. Si l’on veut exploiter davantage la virtualisation, alors il faut regarder côté VMware, qui reste un incontournable poids lourd dans ce domaine.



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