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Wow, Zuzu achète des Mac




François ROULET

Christophe SALZMANN


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fac-similé de la commande

La rumeur se propage à grands pas, oui Zuzu a commandé un Mac, non non pas un iMac pour la maison, mais un MacBook Pro pour le boulot. Et ce n’est pas tout, le support du DIT a également renouvelé quelques-uns de ses PCs par des Mac. Nous allions oublier le remplacement des machines de la salle de formation Mac. Cela nous fait une commande de 13 Mac pour le DIT, ça ne s’était plus vu depuis longtemps.
L’engouement du DIT pour les Mac n’a pas toujours été le même. Beaucoup d’utilisateurs se souviennent de la mort annoncée du Mac et de la directive officielle [1] pour l’achat de nouvelles machines, où chaque achat de Macintosh devait être dûment argumenté. L’avenir a donc donné raison au DIT, puisque du point de vue matériel plus rien ne différencie un Mac d’un PC, mis à part l’esthétique.

Mais pourquoi ce regain d’intérêt pour le Mac ?

Il faut dire que ces nouvelles machines ont tout pour plaire et que le choix de processeurs Intel en remplacement des processeurs IBM a non seulement augmenté l’attractivité de ces machines, mais de plus, facilite la comparaison entre PC et Mac. Les Mac n’ont plus à souffrir de la comparaison avec leurs cousins, car ils sont constitués des mêmes composants. Les offres promotionnelles et la volatilité des prix de vente rendent la comparaison Mac/PC ardue et ponctuelle.
Les Mac étant dorénavant des PC -en fait, les Mac ont toujours été des PC (personal computer) mais ne pouvaient faire fonctionner nativement Windows- ils sont donc reconnus comme tels par Windows et il est possible de démarrer (dual boot) soit OSX soit Windows. Mais pourquoi faire du dual boot alors que les processeurs Core Duo supportent la virtualisation [2] au niveau matériel ? En d’autres mots, plus besoin de redémarrer sa machine pour utiliser l’autre OS, les deux sont disponibles en parallèle.

Le meilleur des deux mondes

Le passage des Mac aux processeurs Intel a ouvert une nouvelle voie au niveau compatibilité entre le monde Windows et le monde OSX. Les utilisateurs de Mac connaissent depuis longtemps les logiciels d’émulations Windows tels que VirtualPC. Cette émulation fonctionnait de manière acceptable pour autant que l’on ne fasse pas de jeux gourmands en ressources graphiques. L’arrivée des processeurs Core Duo permet l’exécution de deux (ou plus) OS en parallèle sur le même matériel. Les logiciels de virtualisation permettent le mélange des deux OS sur le même desktop, les fenêtres Windows côtoyant les fenêtres OSX.
À l’heure actuelle, il existe plusieurs solutions pour faire fonctionner des applications Windows sous MacIntel. Premièrement sans virtualisation en émulant les APIs Windows. Le projet open source wine [3] implémente ces APIs via une couche de compatibilité permettant de faire fonctionner les applications Windows dans un environnement X11. La réécriture des APIs Windows signifie également qu’une licence Windows n’est pas requise. Le nombre d’applications supportées est limité, de plus Microsoft ne facilite pas la tâche des développeurs ; en effet plusieurs logiciels testent la présence de wine et refusent de se lancer si cette présence est détectée. CodeWeavers [3] propose une version commerciale de wine pour MacIntel.
La deuxième solution tire parti de la virtualisation pour exécuter des applications Windows, elle requiert l’installation complète de Windows. À l’heure actuelle, seul le processeur est virtualisé. Ceci pose un problème majeur pour les cartes graphiques.
Afin de contourner cette limitation, la carte graphique est émulée, mais elle est plus lente et elle ne supporte pas les possibilités d’accélération matérielle. Cette limitation est en voie d’être résolue par les deux compagnies (Parallels et VMWare) qui proposent des solutions de virtualisation. Les produits proposés, respectivement Parallels Dekstop [7] et VMWare Fusion [8], sont similaires dans leurs fonctionnalités (support des périphériques USB, des lecteurs CD/DVD, etc.). Les comparaisons de performance sont difficiles, car VMWare Fusion n’est pas encore finalisé.
Pour le moment l’avantage revient à Parallels pour l’intégration du monde Windows dans le monde OSX. Le mode cohérence masque complètement le bureau de Windows et la task bar, ainsi seules les fenêtres de l’application sont visibles. Les applications Windows sont visibles dans le dock et peuvent être lancées comme une application Mac. L’intégration est vraiment très réussie, même le presse-papier est partagé ; le glisser-déposer est supporté entre les deux mondes, ainsi que le partage des fichiers entre Windows et OSX. Parallels utilise soit une partition Windows existante (par exemple celle créée pour boot camp [5]) soit un fichier contenant la partition Windows, cette dernière solution a l’avantage de permettre la sauvegarde temporaire de l’état de la partition Windows à un moment donné. D’un simple click, il est alors possible de revenir à une version antérieure.
Parallels Desktop gère également Linux, tout ce qui a été dit sur Windows dans le paragraphe précédent peut être transposé pour Linux. Il est donc possible d’avoir 3 OS en parallèle.

Et mes anciennes applications ?

Le changement radical du jeu d’instructions du processeur exige soit la recompilation de l’application soit l’emploi d’une couche de traduction d’instructions. Cette traduction à la volée d’instructions PowerPC (PPC) vers Intel (x86) est réalisée par Rosetta [6]. Elle permet l’exécution d’applications PPC sur les nouvelles machines avec des performances plus qu’acceptables. Il y a des exceptions, par exemple l’accès au matériel via Rosetta est proscrit, de même Apple a fait le choix de ne pas porter Classic (émulation processeur 68k) sous MacIntel. Il existe heureusement des alternatives. Les applications OSX fonctionnant de manière native sous PPC et Intel sont dénommées Universal, ce qui est similaire aux anciennes applications Fat Binaries pouvant s’exécuter indifféremment sur les processeurs PPC et 68k [3].
Le tableau ci-après résume succinctement ce qui possible en matière d’interopérabilité entre OS et matériel. Les trois plates-formes présentées ci-après supportent nativement Linux.

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Le mode cohérence de Parallels Desktop. Les applications Mac et Windows se partagent le bureau. Dans l’ordre FrameMaker 7.2 (Win), Finder (OSX), Windows Explorer (Win).
Mac PPC Mac Intel PC
Boot Windows non oui oui
Boot OSX oui oui non [1]
Virtualisation Windows non oui -
Virtualisation OSX oui [2] - non [3]
Émulation Windows oui [4] - -
Émulation OS9 oui [5] oui [6] oui [7]

Remarque : dans le cadre du contrat académique Microsoft Select, le Mac OS est qualifié pour l’installation d’un système d’exploitation Windows [9], autrement dit, tout Mac propriété de l’EPFL initialement acquis avec un Mac OS, est éligible pour une installation de Windows.
Pour terminer, il est judicieux de rappeler aux utilisateurs de Mac les bons réflexes du monde Windows, à savoir l’installation d’un antivirus avant la première connexion réseau ! Depuis le temps, on avait oublié...

Références

  1. dit-archives.epfl.ch/FI97/fi-5-97/5-97-page10.html
  2. en.wikipedia.org/wiki/Virtualization_Technology
  3. www.winehq.org
  4. www.codeweavers.com/products/cxmac/
  5. Logiciel fourni par Apple pour permettre le dual boot
  6. Rosetta a été developpé par Transitive Corp., Rosetta n’est pas un émulateur, mais un traducteur
  7. www.vmware.com/products/beta/fusion/
  8. www.parallels.com/en/products/desktop/
  9. http://macline.epfl.ch/

[1] Non officiel et aléatoire

[2] MacOnMac

[3] Non officiel et aléatoire

[4] VirtualPC

[5] Apple Classic, émulation d’un processeur 68LC040

[6] Sheepshaver, requiert une copie des ROM d’un Mac

[7] Sheepshaver, requiert une copie des ROM d’un Mac



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